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Naissance et Renaissance du dessin italien

Une exposition qui propose de découvrir les dessinateurs majeurs qui conduisirent les développements artistiques de la Renaissance italienne. Pisanello, Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, Véronèse, Corrège… Grâce à un travail de recherche mené au Museum Boijmans Van Beuningen, en collaboration avec des experts internationaux et la Fondation Custodia, des découvertes ont pu être réalisées au sujet de ces feuilles et certaines ont pu être réattribuées à des artistes de premier plan tels que Pontormo, Federico Zuccari, Aurelio Lomi, ou Pellegrino Tibaldi.

Les dessins des précurseurs de la Renaissance italienne, au début du XVe siècle, aujourd’hui rares, constituent un des points forts de la collection du Museum Boijmans Van Beuningen. Plusieurs études de Pisanello, Parri Spinelli, ou Benozzo Gozzoli introduisent l’exposition. Dès lors, on observe la prééminence de Florence et de Venise. Principaux foyers de la création artistique à cette époque, ces écoles dominent aussi dans la collection de Rotterdam. Cette dernière est également mondialement réputée pour son fonds exceptionnel de dessins de Fra Bartolomeo : treize feuilles parmi les 400 que conserve l’institution sont présentées à Paris, comme le cœur de la production florentine. Venise n’est pas en reste, et l’exposition rassemble ses plus grands représentants : Vittore Carpaccio, Gentile Bellini, Véronèse, Tintoret et leurs ateliers, ainsi que celui des Bassano.

Des dessins des trois grands maîtres de la Renaissance – Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange – constituent le point d’orgue de l’exposition et mènent aux œuvres des artistes romains (Jules Romain, Sebastiano del Piombo), émiliens (Parmesan, Corrège) et d’autres écoles, qui assimilèrent et s’approprièrent l’influence de ces artistes. Comme une ouverture, l’exposition s’achève autour de la génération des dessinateurs actifs à la fin du XVIe siècle et au tournant des années 1600, acteurs de la bella maniera, annonciateurs du baroque et du classicisme. Parmi eux, le Baroche, les Zuccari, le Cavalier d’Arpin, les Carrache…

du 12 octobre 2024 au 12 janvier 2025

FONDATION CUSTODIA

121 rue de Lille 75007 Paris

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Jaime Hayon

Atelier Wonderland

Jaime Hayon est un artiste et designer espagnol dont l’oeuvre protéiforme s’exprime autant dans le design de meubles et objets, les aménagements intérieurs, les installations urbaines monumentales, les sculptures et les peintures. Son style se caractérise par une esthétique résolument optimiste et un langage visuel unique, audacieux et coloré. Son œuvre, reconnue internationalement, a été présentée lors d’expositions individuelles dans de prestigieux musées à travers l’Europe, les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Asie. Ses pièces appartiennent notamment aux collections du Groninger Museum aux Pays-Bas, du Design Museum de Londres, du MUDAC à Lausanne, du Museo del Disseny à Barcelone et du MAD Museum à New York. Cette nouvelle exposition de Jaime Hayon chez Kreo exprime de manière éclatante le langage visuel flamboyant du designer espagnol à travers divers médiums, invitant les visiteurs à explorer son univers riche en couleurs et en complexité.

« Atelier Wonderland » reflète la fluidité de l’expression artistique de Hayon, fusionnant avec brio sa passion pour les métiers traditionnels et son exploration incessante de nouvelles formes. Dans cette exposition, il présente une collection inédite de 15 pièces alliant un travail artisanal méticuleux et une expression artistique audacieuse. On découvre ainsi une série de vases et de lustres d’inspiration méditerranéenne, ornés de visages expressifs et de poignées surdimensionnées, aux côtés de tables en noyer organiques qui résonnent avec les courbes caractéristiques du travail de l’artiste. Chaque céramique, peinte avec minutie par Hayon, illustre son approche multidisciplinaire, transcendant les frontières conventionnelles de l’art et du design.

L’exposition présente également une série de miroirs en verre de Murano entièrement réalisés à la main, aux formes complexes et rehaussés d’ornementations colorées. Fortement impliqué dans ce processus de production complexe, Hayon a travaillé avec les maîtres verriers vénitiens pour créer des miroirs à la fois précieux et ludiques. Célébrant cet héritage artisanal, ces miroirs témoignent de sa fascination pour les techniques historiques et de son ambition de pousser ces traditions vers de nouveaux horizons.

Son gout prononcé et son engagement envers la préservation de talents artisanaux traditionnels, associés à sa créativité innée, l’amènent sans cesse à repousser les limites des matières et processus de fabrication. Il collabore ainsi avec un éventail de grandes marques internationales, insufflant un vent de fraîcheur et d’innovation à chaque projet. Cette approche pionnière, à l’avant- garde d’une nouvelle vague de créateurs brouillant les frontières entre l’art et le design, contribue à la renaissance d’objets finement travaillés et complexes au sein de la culture contemporaine du design.

du 26 avril au 26 juillet 2024

GALERIE KREO

31 rue Dauphine 75006 Paris

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Parure animale

L’animal est une source d’inspiration et de fascination qui existe depuis la nuit des temps. Il est l’un des grands thèmes de l’art, éloge à une beauté majestueuse et incarnation d’un éternel mystère. De la littérature à la poésie, de la peinture à la sculpture, des arts décoratifs au bijou, il tient une place privilégiée. Un bijou animal n’est pas un bijou neutre. Il incarne la figure qu’il représente à travers la sensibilité de l’artiste, mais aussi par un effet miroir, il esquisse la personnalité de celui qui y a succombé et le porte. « Parure animale » résonne comme un éloge, autant à ces artistes et artisans qui ont magnifié leurs sujets, qu’à ce fabuleux bestiaire qui convoque tendresse et émerveillement.

Pour cette première exposition à la galerie, Chloé Valorso présente une sélection de bijoux-sculptures, ou plus exactement des sculptures au corps où l’animal est le sujet exclusif. Des animaux totems, protecteurs et inspirants apparus lors des états de transe provoqués par les respirations chamaniques que pratique et enseigne la créatrice. Une approche singulière et intimiste qui convoque instinctivement l’animal et son pouvoir signifiant. Le crabe, évoluant entre l’eau et la terre, symbolise le pouvoir de changement et d’adaptation. Le serpent, autre animal prédominant dans la collection exposée, incarne le pouvoir de la transformation et la renaissance, où la nature même de l’animal devient source d’exploration formelle. Chaque « sculpture au corps » est envisagée comme une amulette, un bijou de protection qui nous reconnecte avec l’animal qui est en nous.

En résonnance avec les créations de Chloé Valorso, une partie de l’exposition est consacrée au bijou animalier ancien avec des pièces du 19ème siècle qui privilégiait justement la figure animale, mais aussi des années 50 et 60 avec notamment une belle sélection de créations de Line Vautrin et des années 70 et 80 avec des bijoux signés Pomellato, Fred ou Zolotas. Une soixantaine de bijoux, du plus simple au plus exceptionnel, de la parure à la curiosité, nous invitent ainsi, au fil du temps, à la découverte d’un bestiaire précieux et fantastique.

du 6 juin au 5 juillet 2024

Galerie Isabelle Subra Woolwoth

51 rue de Seine 75006 Paris

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Mexica

Des dons et des dieux au Templo Mayor

Le 21 février 1978, les sous-sols de la grouillante ville de Mexico livrent l’un des secrets les plus exceptionnels de la Mésoamérique : les vestiges de l’ancienne cité de Tenochtitlan, capitale de la civilisation mexica longtemps nommée à tort aztèque et de son enceinte sacrée, le Templo Mayor. La découverte fortuite, par des terrassiers de la Compagnie d’électricité, d’un énorme monolithe circulaire figurant la déesse de la lune Coyolxauhqui inaugure alors un demi-siècle de fouilles archéologiques d’une ampleur inédite. Car si l’histoire de l’Empire mexica (1325-1521) est largement connue et documentée, sa culture demeurait ignorée dans les domaines des rituels, de l’art et de l’architecture.

L’exposition, organisée en association avec l’Institut national d’anthropologie et d’histoire de Mexico (INAH), lève le voile sur ces découvertes. Parmi les plus frappantes figurent 204 offrandes que le peuple mexica déposait à ses divinités les plus vénérées pour s’insinuer auprès d’elles, leur rendre hommage et, quelquefois, tenter d’obtenir certaines faveurs en retour.

Ces dons de toutes sortes font écho à l’exorbitant pouvoir politique et économique que cet empire avait atteint à l’arrivée des conquistadors espagnols en 1519. Leur étude révèle non seulement une société dynamique et prédatrice, mais aussi une excellence artistique et une pensée symbolique et religieuse complexe. Art, croyances et rituels, commerce, architecture, rapport à la nature et déplacements … Cette civilisation riche et sophistiquée se dévoile à travers 500 sculptures, objets d’art et vestiges archéologiques retrouvés dans les alentours du Templo Mayor, mais aussi grâce à des dispositifs vidéo conçus spécialement pour l’exposition.

du 3 avril au 8 septembre 2024

MUSEE du QUAI BRANLY – JACQUES CHIRAC

37 quai Branly 75007 Paris

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Breaking the Wall

Le design d’avant-garde allemand des années 80

Heinz Landes, Chaise “Solid”, 1986

Au tournant des années 80, en Allemagne (ex RFA), de jeunes artistes nés dans l’immédiat après-guerre font voler en éclats les principes hérités du Bauhaus. Pourfendeurs du fonctionnalisme et de la “bonne forme”, ils produisent des objets à la frontière entre l’art et le design, investis d’une forte dimension symbolique et politique. Leur mot d’ordre : “la forme suit le libre arbitre”. A partir de matériaux de récupération et de construction, tels que le béton et l’acier, ils érigent une esthétique post-industrielle qui procède du “Do it yourself” et d’une volonté de décloisonner les disciplines. Résolument iconoclaste et et d’une grande inventivité technique et formelle, leur production trouve rapidement un écho dans une Europe qui s’apprête à vivre l’un des évènements majeurs du 20ème siècle.

GINBANDE, Fauteuil SM1, 1989, éd. Sawaya & Moroni

A Berlin, puis bientôt partout en RFA, de petits groupes d’étudiants se forment au sein des universités et des écoles d’art. Questionnant le “miracle économique allemand” suscité par la reconstruction et le plan Marshall, ils dénoncent la standardisation de l’objet et l’uniformisation des modes de vie. Le fauteuil “Consumer’s rest” de STILETTO, conçu à partir d’un fauteuil de supermarché, constitue un parfait exemple de cette critique du consumérisme.

STILETTO, fauteuil “Consumer’s rest”, 1985

Tandis que l’artisanat reste associé à l’expression d’un nationalisme et que le fonctionnalisme se tient éloigné des enjeux de l’époque, les jeunes créateurs du « Neue deutsche design», convaincus que chaque objet doit être le témoin de son temps, cherchent à définir un nouveau modèle. Le duo Bellefast et Stiletto à Berlin, le Groupe Pentagone et Christophe Siebrasse à Cologne, Kunstflug et Hermann Becker à Düsseldorf, ou encore Ginbande à Francfort sonnent la révolte contre le bon goût.

Christophe R. SIEBRASSE, tabouret “Pascal”

Sensibles aux travaux de Memphis et d’ Alchimia avec qui elle nourrit une communauté d’esprit, la jeune création allemande ne jouit pas de véritable leader tel qu’a pu l’être Ettore Sottsass en Italie. Et bien que la présence de nombreuses galeries sur tout le territoire de la RFA – Mobël Perdu à Hambourg, Strand à Munich, Weinand à Berlin, ou encore Pentagon à Cologne – contribue à faire émerger de nouveaux designers, il n’existe pas véritablement de réseau et que peu d’échanges entre les créateurs dans un pays fortement décentralisé. L’enseignement du design joue à ce titre un rôle prédominant et les Ecoles d’art sont le principal lieu de rencontre d’une génération résolument tournée vers l’expérimentation. La fermeture de l’Ecole d’Ulm en 1968, puis la disparition des figures tutélaires du Bauhaus que furent Mies van der Rohe et Walter Gropius participent à libéraliser un apprentissage jusqu’alors dominé par la recherche de la bonne forme.

Meyer VOGGENREITER & Reinhard MÜLLER, Chaise longue « Divan », 1989

La notion de designer-concepteur s’impose progressivement et les objets réalisés dans le cadre de la formation débordent souvent des universités pour trouver une place en galerie. En 1984, à Berlin, l’exposition « Kautbaus des Ostens » illustre cette nouvelle dynamique: les étudiants parmi lesquels figurent Joachim Stanitsek, Andreas Brandolini et Jasper Morrison sont invités à travailler à partir des surplus des magasins alentours. Il leur faut donc « concevoir sans concevoir», en réemployant des produits existants, issus de l’industrie. Le processus de fabrication importe alors tout autant que la finalité esthétique de l’objet. Il s’agit désormais de produire moins mais surtout par soi-même, ce que revendique le groupe Kunstflug qui n’entend pas créer “un design pour tout le monde mais beaucoup de design pour beaucoup”.

STILETTO, lampe “Lumière végétale”, 1987
Christophe SIEBRASSE, fauteuil “Sensilla”, 1988

Pour Hardy Fischer l’un des membres du groupe Kunstflug, « le designer, qui a seulement les mots de bien, vrai et beau à la bouche, lisse le produit industriel jusqu’à l’accommodation sociale ». En somme, la nouvelle production industrielle« ne peut pas être honnête». En vertu de« l’influence considérable que les éléments matériels de notre environnement exercent sur notre comportement», l’enjeu n’est plus tant de reproduire un objet à l’infini en vue d’en démocratiser l’accès ou de servir de manière rationnelle sa fonction, que d’en réactiver la part sensible, seule à même d’établir un lien particulier avec chaque utilisateur. Empreint de valeurs écologiques et fruit d’une réflexion politiquement engagée sur les modes de productions, le Do lt Yourself plébiscité par cette nouvelle génération de designers allemands brouille encore davantage les frontières traditionnellement associées à la figure du concepteur. Leur travail procède-t-il de l’art ou du design ?

Robert WETTSTEIN, valet-muet “Mrs Hertz”, 1986

Au mitan des années 1980,  la RFA constitue toute entière un champ foisonnant d’expérimentations. C’est tout particulièrement le cas de Berlin­ouest qui regorge de lieux alternatifs ou s’épanouit la contre-culture. La fabrication d’objets du quotidien tutoie ainsi la musique ou les arts vivants et se nourrit des théories du néoisme ou du déconstructivisme. Alors que se nouent des collaborations interdisciplinaires, certains designers mènent des incursions dans d’autres champs artistiques ; Frank Schreiner réalise des courts-métrages, tandis que le groupe Kraftwerk  se  produit  lors  des évènements organisés par la galerie Mobel perdu. Le «Tipi-Tarn», enceinte sculpturale imaginée  par  Joachim  Stanitzek,  témoigne de cette volonté manifeste de décloisonner la création.

Hermann BECKER, “Banc Mille-Pattes”, 1989

Comment dépasser le clivage qui s’est installé entre l’esthétique sage et maitrisée du néo- fonctionnalisme et les excès caricaturaux du kitsch ? Convaincue que la production en matière de design est jusqu’alors « toujours organisée en fonction de conventions esthétiques préindustrielles », la nouvelle génération de designers allemands impose une nouvelle grille critique. La question esthétique est laissée à la volonté de chacun : « La forme suit le libre arbitre ». Au sein du mouvement, les lignes épurées côtoient les compositions les plus maniéristes. Plusieurs de ces tendances peuvent cohabiter dans le travail d’un même désigner, voire parfois au sein d’un seul objet.

Certains  créateurs  arrangent  des éléments  issus  de  l’industrie  à  la manière d’un collage. Leur travail s’articule autour d’objets manufacturés puisés dans la vie quotidienne, omniprésents mais souvent négligés. Les matériaux bruts proviennent quant à eux de supermarchés,  de  magasins  de bricolage, de casses automobiles ou de décharges. L’emploi récurrent du béton et de l’acier, et plus largement des matériaux de construction, illustre métaphoriquement un avenir commun à bâtir.


Christophe R. SIEBRASSE, Chaises russes”, 1992

du 30 mai au 29 juin 2024

Galerie Romain Morandi

18 rue Guénégaud 75006 Paris

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Ellsworth Kelly

Un ensemble de collages, de dessins et de cartes postales allant des années 1950 à la dernière collaboration d’ Ellsworth Kelly avec la Revue Cahiers d’Art en 2012 : cette exposition, conçue en étroite collaboration avec la Ellsworth Kelly Foundation, nous invite à découvrir les recherches de Kelly sur la forme, la couleur et la composition sur papier.

Le petit format des œuvres constitue une occasion unique de saisir l’intimité du processus artistique de Kelly. Couvrant sept décennies, ces œuvres illustrent l’amour que l’artiste vouait à la ligne, à la forme et à la beauté des formes de la nature. Les cartes postales de Kelly soulignent la parfaite maîtrise de l’artiste en insérant une esthétique forte dans une composition concise. Souvent envoyées à ses proches et ses amis artistes, ces œuvres reflètent l’attrait profond de Kelly pour les couleurs et les formes poétiques du quotidien.

Les collages expriment l’exploration innovante des relations formelles et chromatiques initiées par Kelly. Plus encore, elles démontrent son expérimentation constante de la forme et de l’abstraction. Ellsworth Kelly s’est inspiré du lien entre l’abstraction et la nature pour y puiser formes et couleurs. Son attachement profond de pour les formes naturelles se reflète dans ses études végétales, aux lignes subtiles et délicates. A travers ces lignes épurées, Kelly parvient à incarner et ressentir l’essence des formes organiques.

Ellsworth Kelly (1923-2015) est né à Newburgh, dans l’État de New York. En 1948, il s’installe en France, où il découvre nombre d’œuvres d’art classiques et modernes. En 1951, est organisée la première exposition monographique de Kelly par la Galerie Arnaud à Paris. En 1954, Kelly décide de retourner à New York. En 1973, le Museum of Modern Art de New York organise sa première rétrospective. Les expositions suivantes eurent lieu dans les plus grands musées, notamment au Solomon R. Guggenheim Museum à New York, à la Tate Gallery à Londres, à la Haus der Kunst à Munich et au Centre Pompidou à Paris. Le lien entre Ellsworth Kelly et Cahiers d’Art s’inscrit dans la continuité de l’attrait que l’artiste portrait à la fameuse Revue, collectionnant les numéros alors qu’il n’était encore qu’un jeune étudiant américain à Paris. La Revue Cahiers d’Art était réputée pour embrasser les différentes époques de l’histoire de l’art, de la préhistoire à l’art moderne et ce choix éditorial avait séduit Kelly car il faisait écho à sa démarche artistique et à sa collection d’antiquités amérindiennes.

Cette relation fut sublimée par la renaissance de Cahiers d’Art en 2012, lorsque la première publication de la nouvelle édition de la revue lui fut consacrée, concrétisant ainsi les retrouvailles de l’artiste avec sa jeunesse parisienne et l’histoire de Cahiers d’Art. En publiant son catalogue raisonné, Cahiers d’Art célèbre l’importance de Kelly dans l’histoire de l’art moderne.

du 6 juin au 30 septembre 2024

CAHIERS D’ART


14-15 rue du Dragon 75006 Paris

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Robert Couturier

Silhouettes

Sculpteur de la génération d’Alberto Giacometti et de Germaine Richier, Robert Couturier (1905-2008) joue avec les inventions figuratives, avec les silhouettes et les corps. Passe-murailles de l’art, entre vitalisme de la forme et rigueur géométrique, Couturier a donné du souffle à la sculpture, comme Gustav Mahler à la symphonie, Mahler qui associait le moderne à la dissonance, à la rencontre du lyrique et du rondo burlesque. Le décentrement est en sculpture ce qu’est la dissonance à la musique. Couturier est le sculpteur du décentrement.

Pour cette exposition, Claire Maingon et Thierry Dufrêne ont choisi de traiter des silhouettes comme formes emblématiques de l’art de Robert Couturier. « A la Silhouette », ainsi appelait-on les portraits en ombre chinoise tracés puis découpés d’après l’ombre portée d’un visage qui était à la mode à l’époque d’Etienne de Silhouette (1709-1767), ministre des finances et ami des philosophes des Lumières avant que ces derniers ne le dénigrent du fait de sa fonction « réductrice ». L’éphémère ministre s’en amusait en faisant asseoir ses invités près d’un écran de parchemin et en les éclairant avec une lampe pour détourer leur ombre. L’humour et le sens de l’unité de la figure se retrouvent dans les œuvres de Robert Couturier qui n’a pas son pareil pour résumer un corps, une attitude, un couple, en quelques traits essentiels, en une découpe incisive, faisant naître un véritable dessin dans l’espace, une sculpture quasi-bi-dimensionnelle « avec rien en elle qui pèse ou qui pose » (pour reprendre l’art poétique de Verlaine)Robert Couturier, l’un des plus importants sculpteurs de l’après-guerre, au même titre que Giacometti ou Richier, se verra consacrer une importante exposition à la galerie Dina Vierny du 24 mai au 25 juillet. Les commissaires, Thierry Dufrêne et Claire Maingon, éminents spécialistes de la sculpture du XXe, s’intéresseront à l’idée de la silhouette dans son œuvre sculptée.

du 24 mai au 25 juillet 2024

Galerie Dina Vierny

36 rue Jacob 75006 Paris

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Claudine Doury

Solstice

« C’est le jour le plus long de l’année. Le jour où le soleil semble s’arrêter.

La lumière inonde la terre et résonne sur les êtres, la vie renaît.

Appelé Kupala chez les Slaves, Kupalès chez les Baltes, la nuit du solstice est une célébration traditionnelle. Elle trouve ses racines dans des fêtes païennes étroitement liées aux forces de la nature et au culte du soleil.

C’est le temps de la terre féconde et des rituels de fertilité portés par les incantations des femmes autour de l’eau et du feu.

Chaque 21 juin, depuis 10 ans je me suis rendue de Saint-Petersbourg à Maloyaroslavets en Russie, sur l’île du lac Ives au Bélarus, à Kaunas, Vilnius et dans la campagne polonaise et lettone pour assister au solstice d’été et témoigner de ce moment si particulier auprès des peuples du Nord célébrant le retour de la lumière.

Entre documentaire et fiction, Solstice est une narration personnelle et imaginaire basée sur des célébra- tions rituelles. Je souhaite ainsi rendre compte des forces invisibles qui traversent les lieux et les êtres pendant les nuits blanches. De la communion du temps et des cycles de la terre. »

Claudine Doury

du 23 mai au 27 juillet 2024

Galerie IN CAMERA

21 rue Las Cases 75007 Paris

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Henry Cros, sculpteur et dessinateur

Le XIXe siècle nous réserve encore de belles découvertes, la figure méconnue du peintre, sculpteur, céramiste et verrier Henry Cros en est une. Grâce à l’important fonds de dessins de l’artiste, inventeur de la sculpture en pâte de verre, le musée des Arts décoratifs propose une monographie de cet artiste admiré par Auguste Rodin et Antoine Bourdelle, ami de Paul Verlaine et d’Édouard Manet. Était-il romantique, néo-classique, ou symboliste ? C’est une des questions posées par l’exposition « Henry Cros, 1840-1907, sculpteur et dessinateur », à travers plus de cent œuvres rassemblant sculptures, peintures et dessins, issues des collections du musée, aux côtés de quelques prêts exceptionnels. Les grandes thématiques de l’artiste sont présentées : portraits d’enfants attendrissants, figures d’une Antiquité rêvée et de contes de fées. La maîtrise technique de l’artiste est illustrée par plus de cinquante dessins et une trentaine de sculptures en verre, cire, terre cuite, bronze et marbre. Ce projet permet de faire découvrir l’œuvre d’Henry Cros, dont Bourdelle disait qu’il rassemble « toute l’Antiquité dans une âme nouvelle ».

Henry est le frère du célèbre inventeur et poète Charles Cros et du médecin Antoine Cros. Ce fameux trio participe à la modernité littéraire et artistique des années 1860-1870. L’exposition aborde les diverses personnalités des mondes artistiques et littéraires autour desquels gravitent les trois frères avec des portraits dessinés par Henry Cros : celui – rare – de Paul Verlaine jeune dédicacé, du caricaturiste André Gill, de l’éditeur des poètes Parnassien Alphonse Lemerre, du comédien Coquelin cadet et bien sûr de la mythique figure de la salonnière libre et scandaleuse Nina de Vilars de Callias, l’amante de son frère Charles. Le recueil de poèmes d’Antoine, illustré d’une estampe d’Henry en 1882, évoque l’autre frère, médecin de son état, qui dirige également un salon politico-littéraire.

La double pratique de peintre et de sculpteur et la redécouverte contemporaine de la plastique polychrome ancienne guident Cros sur la voie de la sculpture en couleur. Ses projets monochromes restent nombreux jusqu’en 1880, l’exposition en présente quelques- uns en terre cuite, marbre et bronze dont l’émouvant Portrait de petit garçon daté de 1875. Parmi les œuvres présentées, on découvre le vase fondu par Hébrard d’après le modèle du vase en verre du musée des Arts décoratifs. De nombreux dessins et esquisses pour des portraits ou photographies originales sont mis en lumière, tel le dessin préparatoire du buste de Nina de Vilars.

L’exposition dévoile une grande peinture à l’encaustique, Uranie (1882), muse de l’astronomie, importante commande d’État démontrant l’aboutissement des recherches de Cros. La peinture antique à l’encaustique alors utilisée pour la colorisation des marbres, est l’une des sources de sa recherche. Ses portraits modernes inspirés par ceux modelés à la Renaissance, qui marquent ses contemporains, restent d’une originalité et d’une présence psychologique rares. Le portrait de sa jeune épouse ou celui de l’étonnant Shah de Perse, Nasse el Din, en sont des exemples. Ses compositions proches de l’univers poétique de la première Renaissance correspondent aux grands succès des débuts de l’artiste. L’exposition met en valeur cinq d’entre eux, parmi lesquels La Promenade du Salon de 1874, où l’on observe le contraste entre la précise délicatesse des figures et la liberté des fonds aux touches impressionnistes, dont la mise au point photographique est remarquable.

À la charnière de ses deux périodes techniques, entre cires et pâtes de verre, Henry Cros réalise quelques bustes en terre cuite polychromées aux argiles de couleur (engobes). Il donne une vie et une présence à ces jeunes figures à l’instar de la gitane des Pyrénées du musée de la Cité de la céramique de Sèvres. Un exemple éloigné de ses recherches parallèles sur l’image archétypale d’un idéal féminin.

« Pâte de verre » est le nom donné par Henry Cros à une nouvelle technique de moulage de poudres de verre polychromes, qui lui permettent de réaliser des sculptures en couleurs et ouvre une nouvelle voie dans la création du verre moderne. Il consacre les vingt dernières années de sa vie à ce medium, et réalise les œuvres les plus marquantes de sa carrière artistique. Une grande partie de l’exposition lui est consacrée, avec les remarquables projets aquarellés, mais aussi les masques, médaillons et bas-reliefs, qui retracent cette période.

L’exposition permet de mettre en valeur les deux grands projets aquarellés et la version fondue en bronze par Hébrard, ainsi que le rare vase en verre produit par la main d’Henry Cros. Parmi les œuvres en pâtes de verre, le portrait en médaillon de François Coppée jeune, La Nymphe Galatée, le masque La Flamme de l’Exposition universelle de 1900 ou encore la coupe Le Silence, illustrent la grande richesse et diversités des thématiques abordés par l’artiste.

Cette monographie démontre l’empreinte que laisse cet artiste unique, célébrant un homme dont la créativité audacieuse et les recherches innovantes et poétiques ont assurément marqué l’histoire de l’art du XIXe siècle et particulièrement une certaine histoire du verre moderne.

du 6 mars au 26 mai 2024

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris

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Paris 1874
Inventer l’impressionnisme

Que s’est-il passé exactement en ce printemps 1874 à Paris, et quel sens donner aujourd’hui à une exposition devenue mythique ? « Paris 1874. Inventer l’impressionnisme » propose de retracer l’avènement d’un mouvement artistique surgi dans un monde en pleine mutation.

« Paris 1874 » fait le point sur les circonstances ayant mené ces 31 artistes – parmi lesquels sept seulement sont aujourd’hui universellement renommés – à se réunir pour exposer ensemble leurs œuvres. Le climat de la période est celui d’un après-guerre, faisant suite à deux conflits : la Guerre franco-allemande de 1870, puis une violente guerre civile. Dans ce contexte de crise les artistes repensent leur art et explorent de nouvelles directions. Un petit « clan des révoltés » peint des scènes de la vie moderne, ou des paysages aux tons clairs et à la touche enlevée, croqués en plein air. Comme le note un observateur, « ce qu’ils semblent rechercher avant tout, c’est l’impression ».

Dans « Paris 1874 », une sélection d’œuvres ayant figuré à l’exposition impressionniste de 1874 est mise en perspective avec des tableaux et sculptures montrés au même moment au Salon officiel. Cette confrontation inédite permet de restituer le choc visuel des œuvres alors exposées par les impressionnistes, mais aussi de le nuancer, par des parallèles et recoupements inattendus entre la première exposition impressionniste et le Salon.

L’exposition du musée d’Orsay montre les contradictions et l’infinie richesse de la création contemporaine en ce printemps 1874, tout en soulignant la modernité radicale de l’art de ces jeunes artistes. « Bonne chance !», les encourage un critique, « il ressort toujours quelque chose des innovations. »

du 26 mars au 14 juillet 2024

MUSEE D’ORSAY

Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris

Billetterie

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Parcours Mode Bijoux Design

Le musée des Arts décoratifs présente pour la première fois une sélection de pièces de haute couture, de prêt‑à‑porter et de joaillerie dans les galeries permanentes dédiées au design du XXe siècle jusqu’à nos jours.

Cette présentation thématique hommage aux célèbres maisons et créateurs de bijoux. Le circuit met en lumière les collections des grandes maisons de la place Vendôme : Cartier et Van Cleef & Arpels, mais aussi l’imaginaire fécond de créateurs et d’artistes comme Jean Desprès, Jean Schlumberger, Florence Lehmann ou encore Costanza et Roger Jean-Pierre qui ont fait preuve d’une grande créativité.

Ce parcours inédit révèle aussi des pièces iconiques des collections de mode du musée et consacre une place importante aux créateurs à l’instar de Paco Rabanne, Issey Miyake et Rick Owens. Les grandes maisons de mode sont aussi représentées, Balmain par Olivier Rousteing, Christian Dior par John Galliano, ou encore Courrèges et son directeur artistique Nicolas de Felice, et aussi, Stéphane Rolland entré récemment dans les collections.

Cet accrochage permet de poser un nouveau regard sur le design de l’après-guerre à nos jours, français et international, déployé dans un parcours thématique de Nathalie du Pasquier à Martin Szekely, de Jean Prouvé à Charlotte Perriand, en passant par Michael Graves, Roger Tallon et les contemporains Marc Newson et Pierre Charpin. Il met ainsi en lumière les liens créatifs et historiques entre les disciplines des Arts Décoratifs.

Cette visite donne à voir les jeux de correspondance entre les formes, les techniques, les démarches révélés par la sélection d’œuvres. Une autre façon d’aiguiser son regard et d’aborder la création contemporaine !

du 3 avril au 10 novembre 2024

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris

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Giacometti / Sugimoto

En Scène

Hiroshi Sugimoto, né en 1948 à Tokyo, est installé à New York depuis 1974. Il s’est imposé sur la scène artistique internationale dans un large éventail de domaines, notamment la photographie, mais aussi l’architecture, l’architecture paysagère, la sculpture, l’écriture, les arts du spectacle, la calligraphie, la céramique. L’art de Sugimoto s’intéresse au passage du temps et au caractère éphémère de l’existence. Il a la volonté de combler le fossé conceptuel entre l’Occident et l’Orient en explorant des thèmes tels que la nature du temps, la perception humaine et les origines de la conscience.

En 2013, le MoMA de New York l’invite à photographier les chefs d’œuvre du Jardin de sculpture du musée. Cette commande suscite la naissance de la série Past Presence. Photographiant la Grande Femme d’Alberto Giacometti, en plein jour puis au crépuscule, Sugimoto rattache cette dualité du fantastique qui nourrit les pièces du théâtre nô, forme traditionnelle de la scène japonaise, où se rencontrent morts et vivants.

Organisée autour de la reconstitution d’une scène de de théâtre Nô, l’exposition met en évidence la proximité des recherches des deux artistes, où dialoguent apparitions et réalité, avec une sélection de sculptures parmi les plus emblématiques d’Alberto Giacometti et des photographies, des films d’ Hiroshi Sugimoto ainsi que de masques nô anciens de la collection de l’artiste. 

du 5 avril au 23 juin 2024

INSTITUT GIACOMETTI

5 rue Victor Schœlcher 75014 Paris