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Giacometti surréaliste

Des Objets comme des Sculptures

L’exposition propose un regard singulier sur la période surréaliste d’Alberto Giacometti, qui s’étend de 1929 à 1935. Elle revient sur une période décisive de sa carrière, durant laquelle le sculpteur fréquente le groupe surréaliste et développe un langage artistique profondément novateur, marqué par l’exploration de l’inconscient, du rêve et du désir.

Le parcours rassemble sculptures, dessins, archives et documents qui témoignent de cette phase créative particulièrement féconde. Des Å“uvres emblématiques dialoguent avec des pièces plus rares afin de montrer comment Giacometti s’affranchit progressivement des codes du mouvement pour construire une Å“uvre personnelle qui marquera durablement l’histoire de l’art moderne.

Si les œuvres surréalistes de l’artiste sont aujourd’hui connues, on sait moins qu’il s’est engagé en parallèle dans la création d’objets d’art décoratif – luminaires, chenets ou vases – pour Jean-Michel Frank, grand décorateur parisien. Longtemps considérées comme distinctes, ces deux pratiques sont ici mises en regard. L’exposition révèle combien elles s’entrelacent et s’enrichissent mutuellement, dans leurs formes, leurs thématiques et jusque dans les principes mêmes de leur conception.

du 5 juin au 1er novembre 2026

INSTITUT GIACOMETTI

5 rue Victor Schoelcher 75014 Paris

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Fragile Beauté

Photographies de la collection de

Sir Elton John et David Furnish

« Comme lorsque l’on écrit une chanson, il y a, quand on prend une photographie, un peu de chance et de hasard – quelque chose se produit au bon moment et il faut avoir l’intelligence d’appuyer sur le déclencheur. »
— Sir Elton John

Célébrant plus de 30 ans de collection, l’exposition rend hommage à la passion de Sir Elton John et David Furnish pour la photographie, reflétant à la fois leur goût personnel et leur regard unique en tant que collectionneurs. Sélectionnées parmi leur collection de plus de 7000 images, les photographies présentées sont des images emblématiques qui explorent la connexion entre la force et la vulnérabilité inhérentes à la condition humaine.

Une histoire de la photographie moderne et contemporaine, l’exposition qui réunit une sélection exceptionnelle des photographes les plus importants au monde avec des œuvres datant de 1950 à nos jours. Adapté de l’exposition présentée au Victoria and Albert Museum entre mai 2024 et janvier 2025, le parcours explorer, à travers cinq sections thématiques, des sujets tels que le désir, la mode, les célébrités, l’affirmation des identités et le photojournalisme.

Parmi les artistes présentés, on retrouve Robert Mapplethorpe, Harley Weir, Irving Penn, Diane Arbus, Ai Weiwei, Herbert List, et bien d’autres, ainsi qu’une installation monumentale de 149 tirages de Nan Goldin tirés de sa série Thanksgiving.

Du 12 juin au 27 septembre 2026

JEU DE PAUME

1 place de la Concorde 75001 Paris

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Salon Sonia

La Galerie Zlotowski poursuit son travail de fond consacré à Sonia Delaunay avec Salon Sonia. L’exposition met en lumière le rôle essentiel de l’artiste auprès de tout une génération de créatrices et créateurs, et recrée in situ l’esprit de ses salons d’artistes. Mentore de jeunes artistes, amie fidèle d’écrivains, de poètes et d’éditeurs, Sonia Delaunay n’a cessé toute sa vie de faire salon, notamment au 16 rue Saint-Simon dans le 7ème arrondissement de Paris, où elle a vécu et travaillé après les années 1930. L’exposition présente ainsi un dialogue inédit, par-delà les années, entre Sonia Delaunay et six artistes contemporains : Cécile Bart, Karina Bisch, Audrey Guttman, Sheila Hicks, Josselin Vidalenc et Raphaël Zarka.

MOLNAR – Hommage-a-Sonia-Delaunay – 1947

Sonia Delaunay a eu une carrière d’une longueur et d’une variété exceptionnelle, commençant au début du XXème et produisant inlassablement jusqu’à son dernier souffle en 1979. Son indépendance d’esprit et le caractère multiforme de ses pratiques nous semblent rencontrer un extraordinaire écho dans l’art d’aujourd’hui. Elle a mis en pratique une forme d’abstraction à la fois conceptuelle, avec un vocabulaire ultrasimple et reconnaissable, et en même temps sensible, vivante avec une imperfection assumée. Le nombre extraordinaire de médiums abordés et de projets auxquels elle a participé illustre son rejet des hiérarchies entre les pratiques artistiques et artisanales. Elle a toujours défendu un art « dans la vie », fondant avec Robert Delaunay le « simultanisme » en action, qui s’est notamment illustré, dans les années 1920, par un entreprenariat dans la mode, avec une abondante production de design textile.

AUBLET – Train-va-vite – 1937

La vie artistique de Sonia Delaunay est aussi marquée par des collaborations, des rencontres, qui ont engendré nombre de projets guidés par un lien affectif : on peut citer dans l’ordre chronologique, Blaise Cendrars, Amedeo de Souza Cardoso, Tristan Tzara, Felix Aublet, le couple Arp et dans les années 1960, Jacques Damase qui lui a apporté un nouveau souffle. Les œuvres du « Salon Sonia » semblent suivre, chacun à leurs manières, ces fils rouges : mediums inattendus, ludiques et pièces qui placent la couleur au centre de la composition, un principe auquel Sonia Delaunay a été fidèle tout au long de sa vie. Ce n’est pas un hommage fidèle et solennel, mais un salon informel célébrant une pratique en mouvement, vivante et sensible.

Robert DELAUNAY – Portrait de Louis Aragon

du 29 mai au 27 juillet 2026

GALERIE ZLOTOWSKI


20 rue de Seine – 75006 Paris

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Regards croisés

Kenia Almaraz Murillo · Peter Blake · Yves Dana · Jean Dubuffet · Hans Hartung · Sheila Hicks · Serge Poliakoff · François Réau · Pierre Soulages · Sophia Vari · Bernar Venet · Maria Helena Vieira da Silva

À la croisée du regard, la tension du trait succède à l’apaisement de la couleur. Les aplats équilibrés de Serge Poliakoff, aux formes simples, aux couleurs sobres, contrastent avec les grilles vibrantes de Maria Helena Vieira da Silva, qui jouent avec l’espace et la perspective. Sheila Hicks poursuit cette exploration sensible de la matière colorée à travers le textile, dont elle fait une sculpture vivante.

Son travail entre en résonance avec les œuvres de Kenia Almaraz Murillo, qui mêlent tissages de fibres naturelles et éléments urbains (broderies issues des costumes de carnaval boliviens ou néons LED), déployant une dimension à la fois traditionnelle et contemporaine.

La figure humaine et ses représentations s’installent dans cet ensemble. Le personnage de Jean Dubuffet, issu des débuts de L’Hourloupe, en déploie les couleurs typiques : bleu, rouge, blanc et noir, tout en conservant des éléments de la période Paris Circus. Il côtoie celui de Peter Blake et de sa série Girl with a Disney Tattoo, qui convoque l’imaginaire populaire et l’appropriation d’icônes de la pop culture comme Blanche-Neige ou Daisy. Le volume parachève cette présentation. Les bronzes de François Réau, comme des bas-reliefs, conservent l’aspect et la délicatesse de ses dessins à la mine de plomb et au graphite, tout en explorant la notion du temps qui passe, tandis que les œuvres de Sophia Vari, en marbre ou en bronze, jouent elles aussi sur les relations entre la forme et la surface, entre les pleins et les vides.

du 11 juin au 26 septembre 2026

GALERIE CUSTOT – WADDINGTON

36 rue de Seine 75006 Paris

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Renoir et l’amour

Les tableaux colorés et joyeux d’Auguste Renoir, son iconographie des guinguettes et des bals publics, ont fait de lui un « peintre du bonheur ». Cette réputation a parfois conduit à le marginaliser parmi les grands peintres de la modernité, au motif que celle-ci ne saurait être que mélancolique ou ironique, désabusée ou désenchantée. Son œuvre propose pourtant une réflexion originale sur la modernité, placée sous le signe de l’amour, entendu à la fois comme force régissant les relations humaines et comme sentiment guidant le regard de l’artiste sur ses modèles, sur le monde et sur la peinture elle-même.

« Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse Â» (Auguste Renoir.)

À l’occasion des cent cinquante ans du Bal du moulin de la Galette (1876), chef-d’œuvre des collections impressionnistes du musée d’Orsay, cette exposition réunit pour la première fois ce corpus majeur des Â« scènes de la vie moderne Â» – tableaux à plusieurs figures représentant des sujets contemporains (distincts des portraits et des paysages) – réalisés par Renoir au cours des vingt premières années de sa carrière (1865-1885). Durant cette période, il participe à l’invention collective d’une Â« Nouvelle peinture Â» aux côtés de Manet, Monet, Morisot, Degas ou Caillebotte. Il se distingue toutefois de ses amis impressionnistes par son sens singulier de l’empathie et sa capacité d’émerveillement, ne choisissant que des sujets heureux et en mettant toujours en valeur ses modèles. Ce regard Â« amoureux Â» se manifeste par un goût prononcé pour les liens – dans ses motifs (conversations, repas, danse…) comme dans sa manière de peindre, attentive à tout ce qui peut contribuer à un sentiment d’unité (gestes des personnages, lumière enveloppante, équilibre des couleurs, touches fluides et esquissées qui fondent les objets les uns dans les autres).

L’exposition met aussi en évidence la prédilection de Renoir pour la représentation du jeune couple mais entend déconstruire une idée reçue qui voudrait que sa peinture soit Â« sentimentale Â». Au contraire, elle évite l’expression trop directe des émotions, la narration romanesque, tout autant que les mises en scène érotiques. Admirateur des peintres français du XVIIIe siècle (Watteau, Boucher, Fragonard), Renoir fait renaître une atmosphère de Â« fêtes galantes Â» et promeut une forme de liberté de mÅ“urs et d’égalité entre les sexes dans le Paris de la fin du Second Empire et des débuts de la IIIe République. Ce choix doit être compris à la lumière de la biographie de l’artiste impressionniste, qui mène alors une Â« vie de bohême Â» marquée par des relations considérées alors comme Â« illégitimes Â», et replacée dans le contexte du XIXe siècle marqué par le mariage et les normes bourgeoises, la morale religieuse, la place importante de la prostitution et de très fortes inégalités entre les hommes et les femmes. Dans ce cadre, les grands formats de Renoir consacrés au couple heureux, à la Â« camaraderie Â» (selon le mot de son ami Rivière) et à la convivialité, apparaissent comme autant de manifestes contre la violence des rapports entre les sexes, les antagonismes de classe et la solitude croissante de la vie urbaine.

Coorganisée avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, cette exposition offre un regard renouvelé sur des tableaux si célèbres qu’il est devenu difficile d’en percevoir aujourd’hui toute la nouveauté. Pour la première fois depuis 1985 – date de la dernière rétrospective Renoir organisée à Paris – une exposition rassemble un ensemble resserré mais significatif d’œuvres (environ cinquante peintures) de la première partie de la carrière de l’artiste, parmi lesquelles ses plus grands chefs-d’œuvre : de La Grenouillère (1869, Stockholm, Nationalmuseum) aux Parapluies (1881-1885, Londres, The National Gallery), en passant par La Promenade (1870, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum), la Danse à Bouvigal (1883, Boston, Museum of Fine Arts) et Le Déjeuner des canotiers (1880-1881) très exceptionnellement prêté par la Phillips Collection de Washington.

du 17 mars au 5 juillet 2026

MUSEE D’ORSAY

Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris

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Amy Friend

Firelight

À l’occasion de la parution de Firelight, sa dernière monographie publiée avec Laura Serani aux Editions L’Artière, la galerie in camera présente une quinzaine de tirages inédits d’Amy Friend, extraits de sa série Dare Alla Luce.

« Le projet a commencé à travers des conversations intimes avec ma Nonna, tandis que nous regardions des photographies de famille. Elle me racontait des histoires de sa vie — des moments traversant générations et continents — mais parfois les souvenirs se brouillaient. Les noms, les lieux et les événements devenaient insaisissables, m’amenant à m’interroger sur la nature des photo- graphies en tant qu’objets et sur les significations qu’elles portent lorsque leurs récits s’estompent. Que se passe-t-il lorsque le contexte derrière une image se perd ? Comment les photographies personnelles façonnent-elles notre compréhension du monde, à la fois individuellement et collectivement ?

Plutôt que de me concentrer uniquement sur mes images familiales, j’ai élargi ma recherche en collectant des photographies vernaculaires provenant de diverses sources. Ces images anonymes, détachées de leur contexte d’origine, m’ont intriguée. Elles m’ont permis de réfléchir à la manière dont les photographies communiquent — ou dissimulent — lorsque leur provenance est perdue.

À travers l’expérimentation, j’ai développé un processus consistant à perforer les photographies à la main, laissant la lumière les traverser. Cette utilisation de la lumière est devenue centrale dans le projet, symbolisant la renaissance de ces images oubliées. Le titre, Dare Alla Luce, se traduit de l’italien par « mettre au monde » ou « porter à la lumière », une expression utilisée pour désigner l’accouchement, mais qui fait ici également référence à la présence renouvelée et aux nouvelles interprétations de ces photos « perdues ». Ce titre m’a semblé approprié, car il résume l’idée de renaissance — la manière dont les photographies renaissent continuellement chaque fois qu’elles sont regardées à nouveau.

La photographie, née de la lumière, est intrinsèquement malléable : chaque regard la transforme subtilement, façonnée par l’évolution de nos perceptions. (…) Dans cette vaste archive de photographie vernaculaire, j’ai été frappée par ce qui manquait — des pans entiers de la démographie, des moments historiques et des périodes significatives restaient non documentés, cachés ou perdus.

Dare Alla Luce présente une collection fragmentée de photographies vernaculaires, invitant à réfléchir au mystère, à la joie, à la tristesse, à la solitude et à la créativité qu’elles renferment. »

Amy Friend

du 26 mars au 23 mai 2026

IN CAMERA

21 rue Las Cases 75007 Paris

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Michel Ange / Rodin

Corps vivants

Sculpteur et peintre florentin mythique de la Renaissance, Michel-Ange est un artiste dont la légende a commencé à s’écrire de son vivant. Surnommé « Il Divino Â», il a notamment réalisé les fresques de la chapelle Sixtine à Rome ou la sculpture de David à Florence.

Auguste Rodin, l’un des plus grands sculpteurs français, est lui aussi reconnu de son vivant avec des Å“uvres emblématiques comme Le Penseur ou La Porte de l’Enfer. En privilégiant l’expression, le mouvement et la vérité du corps plutôt que la perfection idéalisée, il ouvre la voie à la sculpture moderne.

Faire ressortir l’âme, insuffler l’énergie vitale, c’est ce qui a guidé les recherches de Michel-Ange et de Rodin. Leur but, donner vie à la matière inerte, le marbre pour Michel-Ange, l’argile et le plâtre pour Rodin. Les deux artistes, qui ont tous deux une passion pour l’anatomie, déforment parfois les corps pour accentuer les Ã©motions intérieures. Avec ses corps puissants, parcourus d’une vie intense, Michel‑Ange veut insuffler une âme au marbre. Rodin, lui, abolit l’aspect réaliste des corps, se concentrant sur leur vitalité.

La présence d’œuvres contemporaines dans l’exposition témoigne de l’actualité des questionnements des deux maîtres. Leurs recherches continuent d’inspirer les artistes contemporains et même l’utilisation de certaines pratiques comme le non finito : l’esthétique de l’inachevé. Michel-Ange a laissé derrière lui de nombreuses Å“uvres inachevées. Est‑ce volontaire ou n’est‑il pas allé au bout de sa création ? En revanche, Rodin fait du non finito un principe de création à part entière.

L’exposition se poursuit en plein air avec le fleurissement du jardin des Tuileries inspiré par les Å“uvres de Michel-Ange et de Rodin.

du 15 avril au 20 juillet 2026

MUSEE du LOUVRE

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Ingar Kraus

La paisible lueur des choses

Ingar Krauss est né en 1965 à Berlin-Est. Autodidacte, il a commencé à peindre, puis à photographier, en marge d’un travail alimentaire de gardien de nuit dans un hôpital psychiatrique. Au début des années 2000, son travail est montré en Allemagne avant de trouver une reconnaissance internationale avec des expositions aux Etats-Unis, en Italie, en France et ailleurs en Europe.

Ingar Krauss est photographe, mais il élève aussi des abeilles et cultive un jardin où poussent fleurs et légumes. Cette activité tient une grande place dans sa vie et l’observation de la nature, le travail dans le jardin, sont ses principales sources d’inspiration. Il lui arrive même de choisir ses cultures en fonction des natures mortes qu’il projette de réaliser. Ainsi ses deux passions se répondent et se nourrissent. Comme le jardinier tente de maîtriser et mettre en ordre la nature, l’artiste compose une image du monde : Le jardinier fait avec ses arbustes et ses plantes ce que le poète fait avec les mots, les assemblant en telle sorte qu’ils paraissent nouveaux et étranges et aussi, comme pour la première fois, totalement eux-mêmes.

Il réalise ses prises de vues en moyen format, compose ses natures mortes dans une boite et les photographie en lumière naturelle : sans studio ni éclairage il crée ainsi un espace intime et réservé, hors du temps. Ce travail évoque la peinture classique qui, dans la lumière des ateliers orientés au nord, s’évertuait à transcrire minutieusement la présence physique et spirituelle des objets. Mais il n’y a aucun symbolisme à déchiffrer dans les photographies d’Ingar Krauss qui nous invite simplement à goûter le paisible rayonnement des choses, mais aussi, grâce à son regard singulier, à apprécier différemment leur beauté. 

du 17 avril au 6 juin 2026

GALERIE CAMERA OBSCURA

268 Boulevard Raspail 75014 Paris

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Gaetano Pesce

The Chiat/Day New York project

Conçu pour les bureaux de l’agence de publicité Chiat\Day à New York, ce projet compte parmi les réalisations les plus radicales de Gaetano Pesce. Longtemps cantonné au statut de designer, Pesce y affirme pleinement une posture d’architecte, héritée de sa formation à l’Université de Venise et nourrie par une remise en question profonde des principes du modernisme. Le projet Chiat\Day esquisse une transformation majeure du monde du travail. Pensés par Gaetano Pesce et Jay Chiat comme des espaces ouverts, fluides et sans hiérarchie apparente, les bureaux rompent avec la logique du poste fixe et de la standardisation. Ici, le lieu de travail se rapproche de l’espace domestique : on y circule librement, on s’y installe, on s’y déplace selon ses besoins et ses envies.

Détruits en 1998, les bureaux de Chiat\Day constituent une perte majeure pour le patrimoine architectural. À travers cette exposition, collectionneurs et visiteurs seront projetés au trente-huitième étage d’un gratte-ciel de l’Upper East Side, au cœur de l’univers joueur et novateur de Gaetano Pesce. Chacune des œuvres exposées conserve les traces de son usage passé, façonné par le quotidien des créatifs et des équipes de l’agence de publicité la plus emblématique du New York des années 1990.

L’exposition propose une approche nouvelle de l’œuvre de Gaetano Pesce. Loin de limiter l’artiste au design, ils invitent à considérer son travail comme celui d’un artiste complet, dont l’architecture, le mobilier et l’objet sont le fruit d’une même vision globale. Les Å“uvres présentées apparaissent comme les fragments d’une pensée radicale et profondément humaniste, affirmant une liberté formelle qui continue de résonner aujourd’hui.

du 26 mars au 30 mai 2026

PULP GALERIE

30 rue de Seine 75006 Paris

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Le choc Nabis

Pour son exposition inaugurale, la Galerie Waddington Custot met en lumière le mouvement pionnier du modernisme européen dont elle possède une expertise reconnue, le mouvement des Nabis. L’exposition rassemble une trentaine d’œuvres, signées par les figures illustres de ce mouvement comme Pierre Bonnard, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Charles Filiger, Ker-Xavier Roussel, Paul Sérusier, Émile Bernard, Paul Ranson et József Rippl-Rónai.

Disciples de Gauguin qui se revendiquait « le droit de tout oser », les peintres Nabis s’inspirent de sa volonté de libérer la couleur et de sa vision de la peinture comme quête intérieure. L’œuvre réalisée par Paul Sérusier sous son influence directe à l’été 1888 deviendra d’ailleurs Le Talisman, œuvre fondatrice et référence esthétique pour le groupe.

Le terme « Nabi », emprunté à l’hébreu et signifiant « prophète », reflète à la fois la quête spirituelle et l’ambition novatrice de ce collectif, qui se conçoit comme annonciateur d’un renouveau artistique. Les Nabis privilégient des formes épurées et des aplats de couleur, comme dans Bretonne allaitant de Paul Sérusier. L’influence néo-impressionniste se manifeste également dans Étude pour ‘Le Corsage à carreaux’ de Pierre Bonnard, tandis que le japonisme influence des artistes comme Paul Ranson à l’image de son Å“uvre Le Grand Tigre. 


Proches du symbolisme, les Nabis s’intéressent également à la vie contemporaine avec la volonté de sublimer le quotidien. Les scènes d’intérieur, les figures contemplatives ou les paysages stylisés sont ainsi élevés au rang de sujets artistiques à part entière. Bien qu’exclusivement masculin, le groupe s’inspire constamment de modèles féminins, faisant de « leur mère, de leur compagne ou épouse, de leur sÅ“ur, des modèles privilégiées » (Gilles Genty) à l’image du Portrait de Marthe au tablier rouge (esquisse) de Maurice Denis ou de Femmes au jardin de Ker-Xavier Roussel.  S’inspirant des estampes, des vitraux et de l’art populaire, les Nabis refusent la hiérarchie traditionnelle des genres et prônent la continuité entre arts dits « majeurs » et « mineurs ». Peinture, décor, estampe et arts appliqués sont abordés avec la même exigence, donnant lieu à des projets variés comme Le Cheval blanc (projet de vitrail) de Maurice Denis. Cette ouverture conduit le groupe à investir une multiplicité de supports et à jouer un rôle déterminant dans le développement des arts décoratifs et des pratiques du multiple à l’aube de la modernité.

Incarnant le « choc Nabi », un dialogue inédit avec des Å“uvres contemporaines de Etel Adnan, Ben Arpéa, Marcel·la Barcelò, Ian Davenport, Pierre Knop, François Réau, Anne Rothenstein, Christine Safa et Fabienne Verdier met en lumière une conception partagée de la peinture comme espace autonome, sensible et intérieur. 
Si les Nabis défendaient une peinture subjective, décorative et synthétique, dans laquelle la couleur, le rythme et l’intériorité priment sur toute volonté de représentation illusionniste du réel, cette approche trouve aujourd’hui un écho dans les pratiques contemporaines : les compositions d’Etel Adnan, par leur simplification radicale et leur chromatisme frontal, font écho à la quête spirituelle et à la densité symbolique de figures comme Charles Filiger. Le geste concentré de Fabienne Verdier, à la fois méditatif et physique, dialogue avec la peinture comme expérience intérieure défendue par Maurice Denis. Chez Ian Davenport, la répétition, la fluidité et la musicalité de la couleur prolongent l’ambition créative et rythmique qui traverse l’œuvre de Bonnard ou de Vuillard. Par la diversité de leurs langages et la convergence de leurs intentions, ces artistes réaffirment, à l’instar des Nabis, une peinture où surface, matière et couleur deviennent les vecteurs d’une expérience poétique et intérieure du monde, inscrivant l’esthétique nabi dans une histoire longue, toujours agissante.

du 7 avril au 6 juin 2026

GALERIE WADDINGTON CUSTOT

36 rue de Seine 75006

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Victor Cadène

photo Mathieu Mamousse Richer

Depuis toujours il crée des petits théâtres de papiers découpés et peints à la main inspirés des arts décoratifs mais aussi de la mythologie ou de mondes fantasmés. Il y a quelques temps, lors d’une interview, Victor Cadène nous confiait : “Le fantasme des gens qui aiment mon travail, c’est de rentrer dans mes Théâtres de papier et j’ai envie d’aller dans ce sens, je ne sais pas encore comment cela pourrait se concrétiser, on verra … “.

Ses rêves ont en quelque sorte été exaucés avec une collaboration avec la Manufacture d’Aubusson – Robert Four en 2024, pour la réalisation d’une tapisserie, puis à Noêl dernier, avec des décors en grand format inspirés d’un monde animalier rêvé, dans les vitrines de la Maison Hermès à Shangaï, qui ont sans doute donné l’envie à Xavier Eeckhout, antiquaire spécialiste de la sculpture animalière du début du 20ème siècle, d’inviter l’artiste à faire dialoguer leurs bestiaires respectifs !

Celui de Xavier Eeckhout est illustre puisque dans cette exposition il présente une Biche en bronze de Rembrandt Bugatti (1908), une Lapine en biscuit de Sèvres de Charles Artus (1930) ou encore une sublime Grue en bronze d’Anne-Marie Profillet (1928). Et ici ils côtoient les animaux imaginés par Victor pour des dessins mais aussi des plaques en émaillage cloisonné sur de la pierre volcanique, un volet de son travail qu’il n’avait encore jamais exposé.

photo Mathieu Mamousse Richer

du 7 au 21 avril 2026

GALERIE XAVIER EECKHOUT

8 bis rue Jacques Callot 75006 Paris

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Leonora Carrington

Artiste, féministe et écologiste d’avant-garde, femme, mère, migrante, touchée par la maladie mentale et chercheuse spirituelle en constante évolution, Leonora Carrington a laissé derrière elle un héritage aussi extraordinaire que radical. Née en 1917 dans le Lancashire en Angleterre, Leonora Carrington s’est construite à travers le voyage, qu’il soit intérieur ou extérieur. De Florence à Paris, du Sud de la France à l’Espagne, jusqu’au Mexique où elle est devenue une figure culte, son parcours hors du commun a nourri une œuvre à la croisée du surréalisme, de la mythologie et de l’ésotérisme.

Cette exposition, rassemblant 126 Å“uvres, est la première d’envergure en France consacrée uniquement à l’œuvre de Carrington. Elle présente Carrington comme une “Femme de Vitruve” : une artiste totale, représentant un modèle en terme d’harmonie et d’innovation. Ses créations fusionnent humain et animal, masculin et féminin, donnant forme à un monde où métamorphoses et symboles se répondent.

À travers une approche chronologique et thématique, ainsi qu’une présentation inédite de ses créations visionnaires diverses, le parcours explore les thèmes et centres d’intérêts principaux de l’artiste : découverte de l’art classique italien à Florence durant l’ adolescence, fascination pour la Renaissance, origines celtiques et post-victoriennes, ou encore participation au surréalisme pendant son séjour en France. L’exposition met ainsi en lumière l’héritage exceptionnel de cette voyageuse perpétuelle, toujours en quête de connaissance d’elle-même.

du 18 février au 19 juillet 2026

MUSEE du LUXEMBOURG

19 rue de Vaugirard 75006 Paris