,

M.A.D

A la Galerie Xavier Eeckhout, Marie-Anne Derville présente M.A.D, sa première collection de mobilier, créée en collaboration avec la Galleria Giustini/Stagetti. Décoratrice, directrice artistique, curatrice, scénographe et maintenant designer,  Marie-Anne Derville appartient à cette génération qui a l’audace de mélanger les genres, les passions, les rencontres, pour créer un monde riche et pluriel. Pour cette première collection, elle signe un ensemble de pièces aux lignes pures, minimales où la laque noire rencontre l’étain, une collection empreinte de références à l’Art Déco et à l’esthétique radicale de la fin des années 80 et surtout des années 90.

« J’ai étudié l’idée de neutralité et de discrétion, mélangée avec rupture et sensualité. Je voulais créer un mobilier sexy, mais tenu »

Cette première collection est comme une extension de la créatrice, de son style proche de l’uniforme et de son goût personnel fait de contrastes entre raffinement et neutralité, sensualité et ascése, faste et clean. Un style androgyne, un pont entre l’élégance intemporelle française, le raffinement italien, et une exigence new yorkaise teintée de radicalité .

Le mouvement de la “Swedish Grace”, beauté nordique absolue des années 20, et toutes les images des années 90, celles de mon enfance, sont mes deux sources principales d’inspiration”.

Marie-Anne Derville réalise également la scénographie de l’exposition en présentant aux côtés de ses créations une sélection d’objets historiques du design italien : des verreries, des céramiques ou de l’argenterie de Carlo Scarpa, Guido Gambone et Luigi Genazzi, représentés par la Galerie Giustini / Staggetti. Elle illustre ainsi la cohabitation de différentes époques, révélant l’importance du patrimoine historique des deux pays et cet échange continu à travers le temps et les styles, mais aussi son savoir faire, son talent créatif et sa sensibilité curatoriale,

M.A.D

du 17 au 20 janvier 2024

Galerie Xavier Eeckhout 

8 bis rue Jacques Callot 75006 Paris

,

Le beau est l’utile


La fonction comme moteur dans la création
Design et grès français 1950/1970

De tout temps l’homme a créé des objets utilitaires avec économie et efficacité. Au cours des siècles le décor s’est ajouté jusqu’à parfois faire disparaître la fonction, Mais au début du vingtième siècle une pensée du beau dans l’utile et du refus du décor émerge et donne lieu à la révolution du design dans les années 1950. Une jeune génération éprise d’idéal entreprend de concevoir tant sur le plan esthétique que fonctionnel le monde des trente glorieuses qui, sur de nombreux points, est encore le nôtre aujourd’hui.

En France, dès 1929, le mouvement moderne se mobilise autour de l’UAM pour créer des meubles et des objets modernes, simples, fonctionnels et reproductibles en série donc pour le plus grand nombre. L’immédiat après-guerre débouche sur une demande importante en matière d’aménagement intérieur, ces créateurs-là s’en emparent et la jeune génération prend la suite de l’UAM qui se transforme en « Formes utiles ». Ces jeunes gens qui sortent des grandes écoles comme l’ENSAD souhaitent apporter le meilleur au plus grand nombre et ils inventent un nouveau métier pour cela, celui de concepteur de modèle pour la série que nous appelons aujourd’hui designer, ils s’appellent Pierre Guariche, Joseph-André Motte, Michel Mortier, Antoine Philippon et Jacqueline Lecoq, Janine Abraham et Dirk Jan Rol, André Monpoix, Alain Richard, René-Jean Caillette, ou Pierre Paulin …

Ils se revendiquent comme fonctionnalistes car pour eux rien n’est gratuit et chaque objet, chaque partie de l’objet, sa forme, son matériau, sa dimension, sa finition, découlent de ce à quoi il sert. Bien sûr ils ont assimilé les codes esthétiques des siècles précédents, mais aussi ceux de la modernité et ils savent dessiner à la perfection. Ils vont concevoir les meubles, les luminaires les plus ingénieux et les sièges les plus confortables de leur époque durant toutes les trente glorieuses. Car l’appartement se transforme après-guerre, une pièce à vivre multifonction apparaît avec les meubles qui vont avec : la table à allonges, le lit transformable, l’applique à bras, le meuble à musique … Mais c’est aussi à ces créateurs que l’on demandera de prendre en charge les projets les plus prestigieux de ces décennies mythiques.

Parallèlement, un autre groupe de jeunes gens, Elisabeth Joulia, Yves Mohy, Robert Deblander, Pierre Mestre,
Gustave Tiffoche, Jean Linard, Charles Gaudry … suit un parcours assez similaire dans les écoles des Beaux-Arts ou des arts décoratifs pour se prendre ensuite de passion pour la céramique en général et pour le grès plus spécifiquement. Ils découvrent le village de La Borne dans les années 1950-60 et, initiés par Jean et Jacqueline Lerat, se forment aux techniques séculaires, aux engobes, au tournage, au montage du volume, mais aussi au four et au feu et à leurs multiples subtilités. Bien sûr ils ont commencé par la tradition et ont façonné des pots et des épis de faîtages mais petit à petit leur formation esthétique plutôt intellectuelle et leur goût pour l’art de leur temps leur fait simplifier les formes, les styliser, et les détacher de la tradition. Ils révolutionnent l’art de la céramique et la pratique de l‘utilitaire, élargissent les horizons de ce petit village à des références lointaines et créent parmi les plus beaux vases, plats, théières, bols, assiettes et gobelets que le vingtième siècle aura probablement connu.

Ainsi les trente glorieuses ont vu émerger tant sur le plan de la production de l’équipement de la maison que dans celle artisanale du grès utilitaire, une relation très proche entre la forme et la fonction, l’une découlant de l’autre, se nourrissant mutuellement jusqu’à inventer ce qui, un demi-siècle plus tard est considéré comme le socle esthétique de tout ce avec quoi nous vivons aujourd’hui. C’est cette relation esthétique subtile entre forme et fonction que cette exposition entend mettre en lumière dans le premier design français et dans le grès de la Borne entre les années1950 et 1970.



du 15 mars au 27 avril 2024

GALERIE PASCAL CUISINIER

13 rue de Seine 75006 Paris

,

Les Tiepolo

Invention et virtuosité à Venise

Cette exposition exceptionnelle rassemble dessins et eaux-fortes de Giambattista Tiepolo et de ses deux fils, Giandomenico et Lorenzo Tiepolo, famille d’artistes virtuoses au XVIIIe siècle à Venise.

Les Beaux-Arts de Paris possèdent un ensemble remarquable de dix feuilles de Giambattista Tiepolo (1696-1770), ce qui en fait la deuxième collection publique de dessins de l’artiste en France. Cette collection est surtout la seule dans l’hexagone à comprendre des dessins non seulement de Giambattista, mais aussi de ses deux fils peintres, Giandomenico (1727-1804) et Lorenzo (1736-1776), ainsi que d’un autre artiste assistant de Tiepolo dans les années 1730, Giovanni Raggi. À elle seule, elle permet donc d’offrir une vue des pratiques graphiques au sein de la famille et de l’atelier.

L’étude de ces feuilles et estampes, associées à des œuvres d’autres artistes, sources d’inspiration, comme Rembrandt, maître comme Piazzetta, ou contemporains (Canaletto, Guardi, Novelli), met en avant la grande modernité de leur art. Celle-ci se déploie particulièrement dans leur capacité à réaliser des variantes d’un même thème, aussi bien à travers les traditionnels sujets religieux et mythologiques que dans les études de figures, en particulier les caricatures, mais aussi dans les scènes de la vie vénitienne. L’exposition interroge également les rapports entre le père et ses fils, et le travail au sein d’une famille d’artistes.

Le parcours commence par un ensemble d’études de têtes et de visages qui posent la question de la formation au sein de l’atelier Tiepolo. Il se poursuit par l’évocation des peintures religieuses et grands décors profanes réalisés par les Tiepolo et leurs contemporains à Venise, puis présente des oeuvres graphiques autonomes, conçues hors de tout projet peint, comme de purs exercices ou délassements graphiques, sur des thèmes iconographiques répétés de manière quasi obsessionnelle, dans de multiples variantes.

C’est l’exceptionnelle capacité d’invention de Giambattista et Giandomenico Tiepolo, une des facettes les plus fascinantes de leurs personnalités artistiques, que ces dessins et estampes permettent de redécouvrir.

du 22 mars 2024 au 30 juin 2024

Beaux-Arts

Cabinet des dessins et arts graphiques

14 rue Bonaparte 75006 Paris

du mercredi au dimanche 13h-19h

,

Les arts en France sous Charles VII

Le musée de Cluny met en lumière un moment charnière de l’histoire et de l’histoire de l’art, celui du règne de Charles VII (1422-1461). Chassé de Paris, réfugié à Bourges, le dauphin Charles réussit à reconquérir son trône, puis son royaume occupé par les Anglais.

À partir des années 1420, pendant la guerre de Cent Ans, le royaume de France connaît de profondes mutations politiques et artistiques. Dans le nord du royaume, occupé par les Anglais et les Bourguignons, de multiples foyers artistiques émergent. Quand le dauphin Charles parvient à reconquérir son trône, grâce à Jeanne d’Arc notamment, puis son royaume, les conditions d’un renouveau sont réunies. De grands commanditaires, comme Jacques Cœur, font appel à une nouvelle génération d’artistes. Ces derniers se convertissent au réalisme à la flamande, qualifié d’ars nova, en plein essor notamment avec Jan van Eyck, tandis qu’à travers l’influence italienne, ils s’imprègnent de l’héritage antique développé par des artistes comme Filippo Brunelleschi,

Donatello ou Giovanni Bellini. La création artistique entre en rupture progressive avec le gothique international et se tourne vers une nouvelle vision de la réalité, prémices de la Renaissance. Après une première partie de contextualisation historique, l’exposition montre la diversité des arts dans les principaux foyers géographiques, souvent associés à de grandes figures de
commanditaires. Dans une troisième et dernière section, le parcours autorise une analyse des spécificités de cet art en France, entre ars nova bourguignon et flamand, et innovations italiennes. Un chapitre essentiel est consacré à la Provence et au rôle de René d’Anjou, commanditaire et introducteur de l’art septentrional, en évoquant, entre autres, la figure de l’artiste Barthélemy d’Eyck.

Tout au long de la visite, l’exposition démontre la diversité de la production artistique pendant le règne de Charles VII. Elle rassemble de prestigieux manuscrits enluminés, peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie, vitraux et tapisseries. Des œuvres exceptionnelles y figurent, comme le dais de Charles VII (musée du Louvre), le manuscrit des Grandes Heures de Rohan (Bibliothèque nationale de France) ou le tableau de l’Annonciation d’Aix (Aix-en-Provence) par Barthélémy d’Eyck, peintre
du duc René d’Anjou qui enlumine son Livre des tournois (Bibliothèque nationale de France). Pour la première fois, le triptyque parisien de la Passion et Résurrection du Christ par André d’Ypres est reconstitué dans son intégralité (musée du Louvre, Getty Museum, musée Fabre). Enfin, une section entière est dévolue à Jean Fouquet, l’un des plus grands peintres français du XVe siècle. Enlumineur de génie, il est l’auteur du célèbre portrait peint sur bois de Charles VII (musée du
Louvre), présenté en juste place dans l’exposition.

du 12 mars au 16 juin 2024

MUSEE CLUNY

28 rue du Sommerard 75005 Paris

,

Robert Courtright

Première exposition rétrospective de l’artiste américain Robert Courtright (1926-2012) à Paris. Après avoir montré ses oeuvres à de nombreuses reprises à l’occasion de group-show et de salons pendant plus de trente ans, KREO dévoile un ensemble d’oeuvres inédites regroupant collages et masques, datant des années 1960 à sa disparition en 2012.

Né en 1926 en Caroline du Sud, Robert Courtright est un autodidacte. Proche des démarches artistiques de l’Arte Povera, il développe pendant plus de cinq décennies un corpus singulier, apparaissant aujourd’hui d’une grande contemporanéité esthétique. Son oeuvre se déploie sur plus de cinq décennies, entre ses ateliers de New York et Opio.

L’apparente simplicité de ses oeuvres dévoile en réalité un incomparable monde, à la fois sophistiqué, astucieux, réduit à l’essentiel : des grilles composées de rectangles de papier collés bien ordonnés. Ces trames, ces constructions, sont le cadre d’expression d’une palette de couleur allant du rouge sang au jaune soleil. Vibrantes saturés ou pâles, les couleurs viennent jouer sur les surfaces irrégulières des papiers collés, minutieusement découpés et réarrangés.

Cet attachement de Courtright à la géométrie se nourrit d’une attention particulière portée à l’architecture. Depuis un voyage fondateur à Rome en 1952, les surfaces, les façades, planes mais aux infinies variations et aspérités glanées sur les édifices italiens et du sud de la France occupent son esprit. Les premier collages, figurants des structures architecturées, témoignent de cet attrait fondamental.

Très vite, les motifs figuratifs s’estompent puis disparaissent, laissant la place à des découpages orthogonaux simples. De nouveaux matériaux interviennent dans ses constructions avec l’introduction de carton ondulé, bandes de gaze ou plâtre. Sa rencontre avec le sculpteur italien Bruno Romeda, décisive, donnera naissance à une complicité artistique intense. C’est à son contact qu’il s’initiera au travail du métal.

Tout un système de masques se développe alors. En bronze et en papier machés essentiellement, ces derniers sont directement inspirés par la Bocca de la Verità (XVIIe) de Lucas van Leyden à Rome. De forme circulaires pour la plupart, Courtright joue autour d’un même thème, à l’instar de son travail de collage, multipliant les variations de textures, et de couleurs.

Avec le langage de l’abstraction la plus épurée, exceptionnelle par sa rigueur et son attachement à un projet clairement défini, chaque oeuvre de Robert Courtright ouvre – selon l’expression de Philip Jodidio – ” un paysage mental formé par les siècles et aujourd’hui peut être retrouvé “.

du 1er février au 9 mars 2024

GALERIE DUTKO

17 quai Voltaire 75007 Paris

, ,

Victor Cadène

Capriccio, l’Antiquité rêvée

A l’occasion de Paris Déco Off et durant trois semaines, la Galerie Chenel expose la première tapisserie de Victor Cadène. Artiste, décorateur, ensemblier, scénographe,  … Victor Cadène est tout cela à la fois. D’ une exposition de dessins et collages à Paris ou à Londres, on le retrouve pour des scénographies chez Dyptique ou Hermès ou encore pour des collaborations avec Double J, Pinton, Mériguet Carrère, Artcurial, l’Orient Express ou Christie’s … Invité en 2023 par la Manufacture Robert Four à réaliser une tapisserie, il part pour Rome et imagine un projet autour de l’antiquité qui le mène ensuite assez naturellement vers Gladys, Olivier et Adrien Chenel, célèbres pour les antiques qu’ils présentent, mais aussi pour les dialogues qu’ils initient régulièrement avec l’art contemporain. 

Il s’inspire des grandes tapisseries classiques, celles des 16ème  et 17ème  siècles notamment, avec la végétation luxuriante que l’on y trouvait souvent, mais aussi des caprices architecturaux peints au 18ème siècle par Giovanni Paolo Panini ou Hubert Robert. Autour de cette tapisserie, on retrouve les antiques de la galerie et les dessins de l’artiste.

du 18 janvier au 3 février 2024

GALERIE CHENEL

3 quai Voltaire 75007 Paris