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Noh Climax by Hiroshi Sugimoto

L’artiste contemporain Hiroshi Sugimoto, né en 1948 à Tokyo, est installé à New York depuis 1974. Il s’est imposé sur la scène artistique internationale dans un large éventail de domaines, notamment la photographie, l’architecture, l’architecture paysagère, la sculpture, l’écriture, les arts du spectacle, la calligraphie, la céramique. L’art de Sugimoto s’intéresse au passage du temps et au caractère éphémère de l’existence. Il a la volonté de combler le fossé conceptuel entre l’Occident et l’Orient en explorant des thèmes tels que la nature du temps, la perception humaine et les origines de la conscience. Ses œuvres font partie des collections de certains des plus grands musées du monde, dont le Metropolitan Museum of Art (New York) et le Centre Georges Pompidou (Paris).

A l’occasion de son exposition à l’Institut Giacometti, il nous propose un retour dans l’ère prémoderne du Japon avec Noh Climax, film qu’il a réalisé dans le cadre du projet «Stages beyond borders» de la Fondation du Japon. Pour cette séance spéciale, nous découvrirons sept de ses courts métrages, en présence de l’artiste.

” Comme d’autres, je rêve parfois de vivre à une époque prémoderne. Une époque éclairée par la seule lumière naturelle, dans laquelle le lien avec la nature était une communion. L’électricité a été un grand bouleversement pour les arts de la scène et a changé profondément l’esprit originel de ses arts. Grâce à ses films, je souhaite raviver cet esprit. 

Autrefois, le nô était présenté en cycle de 5 pièces. Alors que le soleil se levait, un ancien rituel shintô appelé Okina ouvrait la représentation de nô. Le spectacle commençait alors, baigné par la lumière de l’aube pour finir nimbée de la lueur déclinante du crépuscule. 

Les cinq pièces qui composent le cycle sont chacune caractérisées par un personnage. Dieu, homme, femme, folie et démon forment cette succession de caractères qui créé au fil du spectacle une puissante dramaturgie. C’est aussi une manière de représenter la nature humaine dans sa complexité …

… A l’aube, les dieux entrent en scène. Le destin des hommes et des femmes s’entremêlent. La folie s’installe. Lorsque le soir commence à venir, les démons se rapprochent. Puis vient la fin de la représentation. 

Rentrons ensemble dans une rêverie. Nous partons vers un autre temps, celui de l’époque Muromachi ou Momoyama. Le château d’Himeji et le temple Engyo-ji se dressent devant nous tels qu’ils étaient alors. Nous trouvons les masques de no de cette époque. Ici, ceux des jeunes femmes, manbi et ko-omote, celui du fantôme d’un vieil homme émacié, yase-otoko. Là, ceux du guerrier, heita, du jeune dieu, shintai, et du dieu âgé à la barbe, hakushiki-jo. Et puis le masque du jeune aristocrate, chujo …

… Quelle chance nous avons de pouvoir donner une représentation de nô avec des masques de cette époque ! Tout sera comme autrefois, tout sera animé par l’esprit d’autrefois, les voix des personnages résonneront comme autrefois… Un beau voyage dans le temps… “

Note d’intention de Hiroshi SUGIMOTO, directeur de la série Noh Climax 

© SUGIMOTO Hiroshi and The Japan Foundation All Rights Reserved


Production Hiroshi SUGIMOTO and The Japan Foundation
En collaboration avec Odawara Art Foundation et Himeji City Museum of Art

le 6 avril à 19h

MAISON de la CULTURE du JAPON

101 bis quai Jacques Chirac 75015 Paris

01 44 37 95 95

Revoir Van Eyck

La Vierge du chancelier Rolin

Pour partager avec le public l’événement que représente cette restauration historique (l’œuvre n’avait jamais été restaurée depuis son entrée au Louvre en 1800), le musée a décidé de consacrer la première des expositions – dossiers à se tenir dans la salle de la Chapelle depuis 2014 au chef-d’œuvre de Jan Van Eyck : Le Chancelier Rolin en prière devant la Vierge et l’Enfant, dit aussi La Vierge du chancelier Rolin. La restauration, qui a notamment permis d’alléger les couches de vernis oxydé qui assombrissaient la peinture, offre une redécouverte spectaculaire du tableau.

Cette opération s’inscrit dans l’élan actuel d’études des œuvres de Van Eyck, d’abord lancé par la restauration du retable de l’Agneau mystique à Gand. Depuis près de dix ans, en effet, ces dialogues internationaux et interdisciplinaires renouvellent fortement les questions des spécialistes. À son tour, le Louvre entend faire découvrir au public combien les études menées au Centre de recherche et de restauration des musées de France et la restauration elle-même interrogent ce que l’on pensait savoir de cette œuvre, longtemps appelée La Vierge d’Autun.

Cette peinture majeure de l’art occidental, aujourd’hui étonnamment méconnue, peut sembler difficile à comprendre. C’est pourquoi l’exposition sera guidée par des questions, qui sont autant d’étapes du regard sur le tableau : pour quel(s) usage(s) Van Eyck a-t-il conçu cette œuvre si spéciale, à l’intention du chancelier Nicolas Rolin ? Pourquoi a-t-il peint à l’arrière-plan un paysage tellement miniaturisé qu’il en est presque invisible ? Comment comprendre les deux petits personnages du jardin ? Quels dialogues l’œuvre entretient-elle à la fois avec l’art de l’enluminure et les bas-reliefs funéraires sculptés ? Peut-on savoir comment les artistes du 15e siècle ont compris cette œuvre ? La Vierge Rolin cristallise en un sens les tensions qui traversent l’art flamand dans le premier tiers du 15e siècle, entre tradition médiévale et expérimentations révolutionnaires.

L’exploration de La Vierge du chancelier Rolin est enrichie par son rapprochement avec d’autres œuvres de Van Eyck, mais aussi de Roger Van der Weyden, Robert Campin et des grands enlumineurs de l’époque. Une soixantaine de panneaux peints, manuscrits, dessins, bas-reliefs sculptés et objets orfévrés seront exceptionnellement réunis, grâce au soutien de nombreux musées et institutions en France et à l’étranger comme le Städel Museum de Francfort (qui prête pour la première fois la Vierge de Lucques), la  Gemäldegalerie de Berlin, la Bibliothèque royale de Bruxelles, la Morgan Library and Museum de New York ou encore le Museum of Fine Arts de Philadelphie.

du 20 mars au 17 juin 2024

MUSEE DU LOUVRE

Aile Sully, 1er étage, Salle de la Chapelle

RESERVER VOS BILLETS

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Mark Steinmetz

Young Americans

Pour sa première exposition à la galerie, in camera présente une quinzaine de tirages du photographe américain Mark Steinmetz, extraits de ses différentes séries de photographies prises aux États-Unis.

« Les photographies en général, surtout celles des gens, et surtout celles des individus, proposent une relation entre le spectateur et le sujet. En regardant la photographie, nous évaluons le caractère de cette relation. Est-elle spontanée ou calculée, franche ou sournoise, superficielle ou approfondie, généreuse ou mesquine, fascinante ou ennuyeuse ? Est-elle honnête ou malhonnête ?

Mark Steinmetz travaille dans une vénérable tradition de traque photographique qui mise tout sur l’ordinaire. Chaque photographie est le fruit d’une rencontre imprévue : bien que le photographe puisse savoir plus ou moins où il va, il ne peut pas savoir précisément ce qu’il va trouver. Une accumulation de ces perceptions improvisées peut créer à la fois un monde et une manière de le regarder.

Le savoir faire n’est pas nécessaire à cette réussite, mais dans le cas de Mark Steinmetz, elle l’est. La précision avec laquelle ses images rendent un soupçon de cheveux, un pli de tissu, ou la lumière dorée (en noir et blanc !) est à la fois un vecteur d’observation minutieuse et une métaphore de l’attention patiente. Cela confère une aura de délicatesse aux scènes sans figures, dont il y en a pas mal pour un photographe aussi franchement dévoué aux gens. On est tenté de dire que les lieux de Steinmetz ont une personnalité.

Les paramètres socio-économiques du monde que Mark Steinmetz a choisi d’explorer sont assez évidents, et il ne les souligne ni ne les évite. Ce qu’il recherche est beaucoup plus personnel, ou peut-être est-il préférable de dire, beaucoup plus individuel (car il n’y a aucune raison de croire que le photographe ait jamais rencontré l’un de ses sujets ou les reverra un jour). En effet, la marque de fabrique du travail de Steinmetz – la qualité qui nous donne confiance en son témoignage – peut être la constance imperturbable avec laquelle ses photographies sollicitent un vif intérêt pour des personnes particulières sans revendiquer une intimité ou une perspicacité non méritées. »

du 28 mars au 18 mai 2024

in camera galerie

21 rue Las Cases 75007 Paris

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Jeffrey Conley

Révérence

La photographie de Jeffrey Conley est une ode à la nature. Elle en saisit la beauté dans des lieux et à des moments privilégiés : côte Pacifique et forêts de l’Oregon, Islande, parc du Yosemite, saisis dans la lumière matinale, la brume, sous la neige… circonstances où tout se tait devant l’immuable présence des éléments, de la nature. Le superflu disparaît et laisse place à une contemplation sereine.


Que ce soit dans l’observation de détails, textures de roche, de végétal, ou dans la représentation de paysages grandioses, la photographie de Conley vise simplicité, équilibre, perfection. Expression d’une vénération aussi. En ceci, la musique de Bach en offrirait un équivalent musical. Héritière de la tradition des paysagistes américains, elle a trouvé son propre diapason, tourné vers l’intériorité et le rêve, comme dans ces paysages liquides et mouvants, d’une luminosité brumeuse, habités d’une discrète présence. Le plus souvent c’est la silhouette de Conley lui-même qui donne la mesure du paysage, mettant en scène sa communion avec la nature. Mais, s’il habite certaines de ses images, l’attitude de Jeffrey Conley face à son vaste sujet est plutôt celle d’un retrait admiratif, d’une révérence* qu’il souhaite partager en servant au mieux le sentiment de plénitude et de beauté que lui inspire la nature.


Conley apporte un soin extrême au travail de laboratoire, à la juste restitution des prises de vues. La qualité parfaite de ses tirages au platine, plus qu’une performance technique, est un vrai élément de sa création : cette perfection rejoint la sonorité pure, quasi abstraite, de son offrande musicale à la nature.


*Révérence est le titre du second livre de Jeffrey Conley (Nazraeli Press, 2018)


du 5 mars au 27 avril 2024

GALERIE CAMERA OBSCURA


268, Boulevard Raspail 75014 Paris

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Marc Chagall

Un rêve fabuleux

Les deux pigeons, gouache et encre, vers 1927 – Crédit adagp Paris 2024

Il y a 100 ans, Katia Granoff fondatrice de la galerie Larock-Granoff, faisait ses premiers pas dans un univers artistique qu’elle marquerait à jamais. Avant-gardiste, elle décide de représenter et d’accompagner les artistes de son époque avec passion : « Entre les peintres et moi il faut qu’il y ait un mariage spirituel, un contact très fort. »
L’histoire de cette femme engagée et visionnaire est intimement liée à celle de Marc Chagall, puisqu’il s’agit du premier artiste qu’elle choisit de soutenir et d’exposer. Il y a 100 ans donc, Katia proposait les œuvres de Marc Chagall à ses clients parisiens et 100 ans plus tard, la galerie fait ce travail de mémoire et en présentant pour la première fois, une vingtaine d’œuvres de la série “Les Fables de La Fontaine”, réalisées par Marc Chagall entre 1926 et 1927.

Le Loup et la Cigogne, gouache, encre et crayon noir, , vers 1927 – Crédit adagp Paris 2024

Ces créations, commandées par Ambroise Vollard à la fin des années 1920, font partie d’un ensemble de cent gouaches. Exposées à Paris, Bruxelles et Berlin en 1930, elles ont toutes été vendues et dispersées à travers le monde. Bien que Vollard ait envisagé une édition en couleurs en 1928, ce projet a échoué et ce n’est qu’au début des années 50 que Chagall retrouva les cent plaques qu’il avait gravées en 1929 et 1930, permettant ainsi une édition en deux volumes par André Tériade en 1952.

Le violoniste au village, 1978, huile sur carton entoilé – Crédit adagp Paris 2024


L’exposition présente aussi un ensemble de tableaux datant des années 60 à 80, offrant une immersion dans l’univers folklorique de l’artiste, entre cultures orientale et occidentale, et à travers les thèmes qui lui étaient chers comme la musique, le cirque ou Paris.

Le peintre à Paris, 1978, huile-sur-toile – Crédit adagp Paris 2024

du 16 mai au 29 juin 2024

Galerie Larock-Granoff

13 quai de Conti 75006 Paris

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Adeline Care

Marseille, Tempête !

La Méditerranée, devenue bile noire, effleure les terrasses du littoral dans un ultime avertissement.
Quand le vent tourne, c’est le monde entier qui vacille. Comme si un ciel chargé de nuages, une mer trop calme, une lumière déclinante nous ramenait toujours à l’intuition du Déluge : un jour, tout sera submergé par l’océan. Habitée par ce pressentiment primitif, Adeline Care sillonne Marseille quelques minutes avant l’orage. La nature retient son souffle comme ces garçons aux muscles tendus, qu’elle photographie, avant de sauter dans l’eau.

Selon le mythe diluvien propre à presque toutes les cultures du monde, l’Humanité gonflée d’orgueil finit engloutie par les flots. Mais pas de jugement dernier chez la photographe qui préfère saisir les derniers moments d’insouciance. Là, une femme se prend en selfie dans une eau satinée. Au large, des baigneurs se croient dans une piscine alors qu’autour d’eux se dessinent des baïnes. La menace approche et chaque élément du paysage semble se dire adieu : deux rochers se figent avant d’avoir pu s’embrasser une dernière fois. Adeline Care chasse les tempêtes pour peut-être y déceler une vérité. Si ce n’est un condensé de vie avant le néant.

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du 7 mars au 4 avril 2024

GALERIE MADE

30 rue Mazarine 75006 Paris 

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Dans la Seine

Objets trouvés de la Préhistoire à nos jours

En 2020, à Clichy-la-Garenne, une équipe de préhistoriens de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) mène une fouille préventive sur une parcelle proche des berges, touchée par un programme immobilier. Sous quatre mètres de remblais modernes, ils découvrent l’histoire de l’ancien lit de la Seine, daté entre −85 000 et −25 000 ans avant notre ère (Paléolithique). Durant cette période, le lit du fleuve est très large et parsemé de bancs sableux. Les berges sont en pente douce et les îlots de sable permettent aux animaux et aux groupes humains de le traverser par endroits. Le climat est froid et venteux, et le paysage, dominé par une steppe de hautes herbes, de graminées et de quelques rares arbustes, est parcouru par de grands mammifères : rennes, chevaux, bisons et rhinocéros laineux.

Le fleuve qui a façonné Paris depuis les premières installations humaines jusqu’à nos jours a reçu quantité d’objets tombés, jetés, perdus, ou déplacés par les courants. Tous témoignent de l’histoire de la Seine, de son évolution, de ses aménagements et de ses paysages, mais aussi de ses populations successives, leurs modes de vie, leurs croyances ou leurs combats. Présentées de manière chronologique, ces découvertes sont aussi l’occasion d’expliquer les méthodes scientifiques utilisées dans l’interprétation et la datation des vestiges et des objets archéologiques.

Le parcours de l’exposition s’articule autour de quatre périodes chronologiques et plusieurs thématiques choisies parmi des découvertes archéologiques en lien avec la Seine. Ce sont d’abord les installations humaines de l’époque préhistorique, sur les berges du fleuve, puis dans l’Antiquité, le temps de ses premiers aménagements. Les périodes médiévale et moderne révèlent des armes, des ex-voto et des déchets, tandis que la Seine d’aujourd’hui nous livre encore des trouvailles fortuites, comme des morceaux de ponts. Ces objets témoignent des récits d’hommes et de femmes qui ont construit leur quotidien avec la Seine, qu’il s’agisse des chasseurs néandertaliens ou du peuple parisien pieux et superstitieux.

du 31 janvier 2024 au 1er février 2025

CRYPTE ARCHEOLOGIQUE DE L’ILE DE LA CITE

7 place Jean Paul II 75004 Paris

01 55 42 50 10

du mardi au dimanche de 10 h à 18 h

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Jean-Baptiste Fastrez

Space Craft

Et si les meilleurs artisans d’autrefois avaient créé le mobilier du futur. Et si Jean-Michel Frank, l’iconique ensemblier de l’Art Déco, était monté à bord de Space X. Et si les intérieurs à la Courrèges des années 1960 venait peupler Gattaca… Voici le type de fulgurances mentales et visuelles que la collection Space Craft conçue en 2024 par Jean-Baptiste Fastrez va certainement susciter chez vous. En orchestrant la rencontre, voire les courts-circuits, entre des savoir-faire d’exception, un vocabulaire formel technologique et un imaginaire futuriste, cet ensemble de pièces nouvelles se joue de nos repères et des temporalités établies. Ces collisions, ce sont celles que l’association provocatrice du titre réveille en associant l’espace (space) et l’artisanat (craft) dans une formule manifeste qui sonne comme le nom d’une mission : celle d’élaborer des meubles au diapason de notre époque (post-moderne).

Depuis ses débuts à l’orée des années 2010, Jean-Baptiste Fastrez souhaite « faire réfléchir à la production d’objets par le biais et la force de la narration ». En 2019, Vivarium, sa précédente collection pour la Galerie kreo, proposait, sur le mode du trompe-l’œil, miroirs et meubles métamorphosés en silhouettes d’animaux sauvages, formant un univers d’inquiétante familiarité.

Pour Space Craft, il conçoit des pièces très dessinées, résolument ergonomiques, porteuses d’une forte dimension narrative. La récurrence des formes rondes et lunaires, le motif de la grille inspirée de la géométrie des panneaux solaires, le profilage dynamique d’une console, la surface organique d’une table d’appoint évoquant la matérialité d’un cratère ou l’épaisseur primordiale d’une galaxie, les clins d’œil astronomiques de titres comme Comet Console, Gemini Stool, Booster Side Table ou Solar Mirror : autant d’aspects qui expriment sa volonté d’offrir une reformulation contemporaine de l’imaginaire spatial. En associant cet univers d’évocation si universel à la mise en valeur du patrimoine vivant et d’artisanats de précision – l’ébénisterie, le ciselage et le bouchardage du verre, la marqueterie de paille –, il s’agit pour Jean-Baptiste Fastrez de concevoir des pièces qui réfléchissent à l’esthétique de notre époque et ses désirs apparemment contradictoires : d’un côté, le retour à l’essentiel et l’envie de s’inscrire dans le temps long ; de l’autre, la relance de la conquête spatiale et le règne de l’innovation. Pour le designer, un objet tel que le panneau solaire incarne ce paradoxe. « Aussi bien présent sur une station spatiale que sur les toits d’un écovillage, explique-t-il, le panneau solaire symbolise autant la croissance et la décroissance, l’accélération et le ralentissement. J’assume sa présence comme un simple motif qui ne produisant plus d’électricité provoque une réflexion sur le contemporain ».

Avec Space Craft, Jean-Baptiste Fastrez actualise les recherches visuelles et formelles propres à la vision de l’espace des années 1960-1970 – lorsque l’horizon extraterrestre rimait avec règne du plastique et société de consommation. « Avec le projet martien et le tourisme spatial, nous sommes aujourd’hui entrés dans un nouvel âge spatial », explique-t-il. « Si les fusées sont de retour, elles décollent d’une planète qui n’est plus du tout la même. » Puisque l’époque a changé, comment élaborer un langage témoignant de ses aspirations et de son imaginaire ?

Une table en verre et métal laqué posée dans la galerie comme un vaisseau prêt à partir en mission. Des miroirs gainés de velours qui rappellent l’intérieur capitonné d’une navette spatiale (spacecraft, en anglais) et ses hublots. Des tables basses réalisées à la main, en laiton gravé et nickelé, ouvrant sur un espace infini. De la marqueterie de paille comme autant de circuits imprimés apposée sur une enfilade envisagée en ovni. Un revêtement en peinture Nextel qui ne réfléchit pas la lumière, identique à celui utilisé à l’intérieur des télescopes. Un miroir aux panneaux articulés qui évoquent aussi bien un toit de panneaux solaires que le motif gothique d’un vitrail – court-circuit représentatif de Space Craft. Mais toutes ces références, tous ces détails ne s’imposent pas, c’est là la grande ouverture de la collection conçue par Jean-Baptiste Fastrez. Ses pièces ne sont pas saturées de signes ni d’effets. Si elles proposent bien une invitation au voyage (spatial), c’est dans l’élégance et la juste proportion, l’équilibre entre innovation et patrimoine, la puissance de leur évidence et la singularité de leur présence.

du 1er mars au 15 Avril 2024

Galerie KREO

31 rue Dauphine 75006 Paris

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Tina Modotti

L’œil de la révolution

La vie de Tina Modotti (Udine, Italie, 1896 – Mexico, 1942) a été marquée par quelques-uns des événements historiques les plus importants de la première moitié du XXe siècle : l’émigration économique des Européens vers l’Amérique, la naissance du cinéma muet sur la côte ouest des États-Unis, les mouvements agraires postrévolutionnaires au Mexique, l’essor du muralisme politique, la revendication de la culture indigène mexicaine, l’émancipation des femmes dans la sphère publique, l’opposition entre staliniens et trotskistes après la révolution russe de 1917 et la guerre civile espagnole.

Elle fait partie d’une génération de femmes qui a apporté une contribution majeure à la photographie des années 1920 et a exercé une grande influence sur la photographie mexicaine ultérieure, de Manuel Álvarez Bravo à Graciela Iturbide. Modotti s’est initiée à la pratique de la photographie grâce à Edward Weston ; toutefois, son œuvre, qui développe une vision très personnelle, dépasse l’enseignement formaliste de ce dernier.

Après son émigration économique depuis la ville italienne d’Udine jusqu’à San Francisco et Los Angeles, Modotti part pour le Mexique, où elle participe à la « renaissance mexicaine » et à l’effervescence culturelle postrévolutionnaire. Intégrée au cercle des artistes et des muralistes établis sur place, elle allie rapidement une « photographie incarnée » au formalisme de Weston. Militante du Parti communiste mexicain (PCM) dès 1927, elle dénonce la condition des démunis avec son appareil photo, insistant notamment sur la construction d’un nouvel imaginaire autour des femmes mexicaines.

En 1930, Modotti est expulsée du Mexique en raison de son engagement communiste. Elle vit alors pendant plusieurs années en Union soviétique, où son militantisme photographique se transforme en activisme. Au milieu des années 1930, le Parti communiste soviétique l’envoie en Espagne. Durant la guerre civile, elle organise l’évacuation des « enfants de la guerre », coordonne la gestion des hôpitaux militaires et mène à bien les missions relatives à la propagande. À la suite de la défaite des républicains en 1939, elle traverse les Pyrénées aux côtés de milliers d’exilés. Épuisée et désillusionnée par l’issue de la guerre d’Espagne, elle doit à nouveau quitter l’Europe. Elle décède en 1942 dans la ville de Mexico.

du 13 février au 12 mai 2024

JEU DE PAUME

Jardin des Tuileries

1 place de la Concorde 75001 Paris

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Bijoy Jain / Studio Mumbai

Le souffle de l’architecte

La Fondation Cartier présente une exposition spécialement créée pour l’institution par l’architecte Bijoy Jain, fondateur du Studio Mumbai en Inde. Il est l’auteur d’une œuvre témoignant d’une profonde préoccupation pour la relation entre l’homme et la nature, et dont le temps et le geste sont des facteurs essentiels. Explorant les liens entre l’art, l’architecture et la matière, Bijoy Jain propose à la Fondation Cartier une création totale : un espace de rêverie et de contemplation en dialogue avec le bâtiment iconique de Jean Nouvel.

Bijoy Jain imagine une exposition qui se vit comme une expérience physique et émotionnelle. Le souffle de l’architecte offre aux visiteurs une véritable invitation à respirer, à errer en toute quiétude, à redécouvrir le silence : ” Le silence a un son, nous l’entendons résonner en nous. Ce son connecte tous les êtres vivants. C’est le souffle de la vie. Il est synchrone en chacun de nous. Le silence, le temps et l’espace sont éternels, tout comme l’eau, l’air et la lumière, qui sont notre construction élémentaire. Cette abondance de phénomènes sensoriels, de rêves, de mémoire, d’imagination, d’émotions et d’intuition provient de ce réservoir d’expériences, ancré dans les coins de nos yeux, dans la plante de nos pieds, dans le lobe de nos oreilles, dans le timbre de notre voix, dans le murmure de notre souffle et dans la paume de nos mains.”

Convoquant l’ombre et la lumière, la légèreté et la gravité, le bois, la brique, la terre, la pierre ou encore l’eau, l’architecte dessine une traversée sensorielle, en résonance avec la matière. Elaborée au rythme du souffle et façonnée à la main, l’exposition déploie une installation composée de fragments d’architectures.

Sculptures en pierre ou en terracotta, façades d’habitats vernaculaires indiens, panneaux enduits, lignes de pigments tracées au fil, structures en bambou inspirées des tazias – monuments funéraires portés sur les épaules à la mémoire d’un saint lors des processions musulmanes chiites – ces constructions transitoires et éphémères présentent un monde à la fois infini et intime et nous transporte dans des lieux aussi proches que lointains.

Sur une suggestion d’Hervé Chandès, commissaire de l’exposition et directeur général artistique de la Fondation Cartier, Bijoy Jain convie également l’artiste chinoise vivant à Pékin HU Liu et la céramiste danoise d’origine turque demeurant à Paris Alev Ebüzziya Siesbye. Accordant la même importance à la maîtrise rituelle du geste, à la résonance et au dialogue avec la matière, tous trois partagent le même éthos et la même sensibilité. Les dessins monochromes noirs de HU Liu sont entièrement réalisés au graphite, par l’itération d’un même mouvement, afin de révéler l’essence d’éléments naturels : l’herbe caressée par le vent, le ressac des vagues ou la silhouette des branches d’un arbre. Les céramiques d’Alev Ebüzziya Siesbye, comme en apesanteur, sont également le fruit d’une grande dextérité et d’un dialogue intense avec la terre.

Pour Bijoy Jain, le monde physique que nous habitons est un palimpseste de notre évolution culturelle. L’humanité traverse un paysage en constante évolution, dont les écritures successives s’entremêlent.

Le souffle de l’architecte tente de donner un aperçu, aussi fugace soit-il, de la sensorialité qui émane de l’architecture, de la force intuitive qui nous lie aux éléments et de notre rapport émotionnel à l’espace.

du 9 décembre 2023 au 21 avril 2024

FONDATION CARTIER

261 boulevard Raspail 75014 Paris

01 42 18 56 50

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Mystic Garden

Brynjar Sigurðarson & Veronika Sedlmair

Pour donner vie au « Mystic Garden », le duo Sedlmair et Sigurðarson a travaillé avec des souffleurs de verre du Cirva, le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques à Marseille, en France, afin de repousser les limites de ce que le verre soufflé à grande échelle peut accomplir, malgré les contraintes liées à la manipulation d’un matériau chaud en un temps limité. Ces larges volumes, entièrement fabriqués à la main, émettent une lumière suggestive, pouvant être interprétés comme des manifestations d’âmes, voire de personnages. Ils font écho à la philosophie allemande décrivant le corps que l’on a, et le corps que l’on est, comme des entités complémentaires, les mots « Körper » et « Leib » résonnant dans leur présence. Ces objets en verre varient dans des teintes uniques, chacun rayonnant sa propre aura dans l’espace. Ils sollicitent notre imagination en insufflant de la vie à des objets domestiques.

Allumés comme éteints, les objets lumineux du « Mystic Garden » révèlent des dégradés colorés inédits, qui mettent en évidence la translucidité de leurs formes et leur nature « vivante ». Les designers ont développé une recherche sur plusieurs années afin de transformer deux volumes de verre liquide de couleurs intérieures et extérieures ainsi que des dégradés différents, fusionnés lors du soufflage, et donnant ainsi vie à des objets colorés au spectre de couleurs fugace, capturant des teintes juste avant leur transformation. Une sorte de moment surnaturel comparable à l’apparition d’arcs-en-ciel ou à la lumière filtrant à travers un dense bouquet d’arbres à l’aube à l’automne.

Pour le duo d’artistes, le sublime réside non pas dans la beauté, mais dans l’intensité et l’émotion. En réutilisant certaines idées des romantiques, ils soulèvent à nouveau la tension entre le factuel et les projections irrationnelles et surnaturelles du géste créatif, perçu comme un danger par certains et comme une opportunité par d’autres.

du 31 Janvier au 24 Février 2024

GALERIE KREO

31 rue Dauphine 75006 Paris

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Iris Van Herpen

Sculpting the Senses

Iris van Herpen tient une place résolument à part dans l’histoire de la mode. Le champ de ses recherches et de ses expérimentations propose de percer les mystères du corps humain. Tension dynamique, fluidité, finesse et complexité, mais aussi poésie et philosophie, les principales conversations qu’elle établit entre corps et vêtement lui permettent de transmettre un nouveau regard, riche et enthousiaste, sur notre monde en devenir. Un monde où corps, esprit et âme dialoguent de manière invisible, de plus en plus intensément.

Ses créations bousculent les codes du vêtement et sont autant d’ouvertures vers des univers a priori déconnectés de sa discipline. Sa curiosité insatiable l’amène à sonder des domaines éloignés. Elle puise tout autant dans l’art contemporain que dans l’architecture, dans les sciences du vivant que dans l’histoire des arts, dans l’alchimie que dans la mystique. Elle manie avec précision et expertise les techniques artisanales aussi bien que les technologies de pointe. Ses rencontres et ses collaborations avec des créateurs du passé comme du présent sont autant d’incursions en territoires inconnus, de remises en question permanentes, de prises de hauteur incomparables pour bouleverser l’ordre des choses et les fondements de la mode. Le monde du vivant, mais aussi la danse classique et contemporaine, qu’elle pratique dès son plus jeune âge, sont les éléments fondateurs de son rapport au corps et au vêtement.

Fascinée par l’eau, […] elle y puise un univers infini d’intuitions. Et, comme l’écrit Gaston Bachelard, « l’eau est aussi un type de destin, non plus seulement le vain destin des images fuyantes, le vain destin d’un rêve qui ne s’achève pas, mais un destin essentiel qui métamorphose sans cesse la substance de l’être. ». Et c’est ce rapport étroit à l’eau, ses multiples états, ses facultés à se métamorphoser qui permet à Iris van Herpen de transposer la philosophie de cet élément à celle de ses créations. De la minuscule goutte de pluie tombée de la troposphère à l’immensité de l’océan, elle approfondit les jeux d’échelle et pratique des grands écarts permanents entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, entre le passé et le présent, entre aujourd’hui et demain, entre un monde en souffrance et un autre en devenir. Elle compose autour des corps physique, mental, émotionnel et éthérique, cherchant à déclencher, par le vêtement, un dialogue entre le corps et les sens. Ses robes sont une invitation à pénétrer dans une société en pleine métamorphose, à vivre des expériences sensorielles et extrasensorielles.

Créatrice aux multiples talents, elle fait naître de ses mains et de ses machines bien plus que des robes. Elle interroge avec philosophie, poésie mais aussi engagement, une sphère moderne rattrapée par ses paradoxes, étouffée par des crises climatiques et sociétales. Ses collections, à chaque saison, à travers des collaborations sensibles et éclairées, avec des architectes, des artistes contemporains, des designers questionnent des thématiques singulières : l’eau, l’air, l’apesanteur, le squelette, la cristallisation, la métamorphose, l’hybridation, l’hypnose, l’âme, la synesthésie, le rêve lucide, la renaissance… En repoussant avec énergie et détermination les limites des manières classiques et traditionnelles de penser et de voir, elle ausculte le potentiel de l’imagination pour transformer la perception du monde, un monde qu’elle souhaite réenchanter.

l’exposition interroge la place du corps dans l’espace, son rapport au vêtement et à son environnement, son avenir dans un monde en pleine mutation. Une sélection de plus de 100 pièces de haute couture réalisées par Iris van Herpen dialoguent avec des œuvres d’art contemporain et des pièces provenant des sciences naturelles comme des coraux ou des fossiles créant une résonance unique avec des pièces historiques.

Le thème du squelette est inauguré par la robe Skeleton faisant écho au squelette hybride d’une oeuvre de l’artiste japonais Heishiro Ishino. La place du corps est également évoquée au cœur de réseaux organiques et architecturaux représentés par une robe, métaphore d’une cathédrale gothique, mais aussi par le Gothic cabinet de Ferruccio Laviani ou encore par un documentaire de Yann Arthus-Bertrand et Michael Pitiot Terra, engagé sur la défense du vivant et les interconnexions de ses écosystèmes. Puis, le visiteur est invité à sortir de la dimension physique du corps pour explorer le monde du sensoriel, avec notamment des photographies de Tim Walker, une œuvre de Matthew Harrison ou encore une spectaculaire projection de Renaissance Dreams de l’artiste Refik Anadol. Enfin, les ténèbres de la mythologie autour du thème de la méduse dialoguent avec des œuvres de Kate MccGwire, d’EcoLogicStudio, Damien Hirst ou encore une armure de Samouraï. Une installation de Casey Curran propose une réflexion sur la place et le devenir physique et spirituel de l’être humain.

Célébrant son approche unique, cette rétrospective, qui s’articule autour de neuf thématiques recense l’essence même de son travail fusionnant mode, art contemporain, design et sciences. Le thème de l’eau et les origines du vivant, omniprésents dans l’œuvre de la créatrice, inaugure le parcours. Sa dernière collection Carte Blanche, mise à l’honneur dans cet espace en dialogue avec l’œuvre Origins de David Spriggs, invite littéralement le visiteur à se plonger dans l’univers aquatique de la créatrice.

L’eau est aussi abordée à l’échelle de l’immensité de l’océan avec la vague du Collectif Mé. Un espace dévoile les milieux naturels invisibles à l’œil nu révélés déjà au XIXe siècle par les planches de Ernst Haeckel ou encore par les modèles en verre exceptionnels de Léopold et Rudolf Blaschka. Des œuvres de Ren Ri et de Tomáš Libertíny, composées par des abeilles, viennent en regard de la fragilité de celles en papier de Rogan Brown.

Les robes d’Iris van Herpen réinventent aujourd’hui le « mode d’habiter » un vêtement. Ses textiles deviennent innovants, hybrides, résultats d’impression 3D et de découpes laser ou bien encore des textiles connectés. En générant ces matériaux inédits et en employant ces textures révolutionnaires, Iris van Herpen définit, à la manière des bâtisseurs, des microarchitectures, mais, à leur différence, des microarchitectures en mouvement. Ses robes prennent vie dès la première action du corps dans l’espace, dans un ballet de textures et de matières, de frottements et de glissements, de couleurs et de transparences. Mouvement contre mouvement, la seconde peau qu’elle appose à fleur de peau engage des microdanses déclencheuses d’espaces de respiration, d’espaces de méditation, et de réflexion. Dialogues intimes entre corps privé et corps public, les œuvres d’Iris van Herpen interrogent cet espace infini et pourtant inframince entre le corps et le vêtement, cette frontière invisible, qui se joue à la surface de l’épiderme et qui permet l’épanouissement des sens.

Ces discussions fertiles autour de l’architecture sont autant de pollinisations qui font de la créatrice la première à faire défiler, en 2010, un look imprimé en 3D. Ses échanges avec des artistes comme David Altmejd l’amènent à réfléchir aussi au corps comme fiction. Vêtus d’un concept tout autant que d’un vêtement, les corps habillés des œuvres d’Iris van Herpen tissent des liens étroits avec le passé pour y faire surgir des réminiscences mythologiques ou bien des récits fantastiques. En collaborant avec Anthony Howe, elle propulse l’être dans un futur imaginaire où l’habit serait lui-même en mouvement, un habit cinétique dialoguant avec la complexité de l’anatomie humaine, la beauté et la diversité de son environnement.

L’exposition s’achève sur une présentation des œuvres d’Iris van Herpen comme projetées dans l’immensité du cosmos. Ses robes y sont présentées dans une danse du ciel, des corps flottant dans l’espace et le temps. Les œuvres photographiques de l’artiste Kim Keever, mais aussi des prises de vue de nébuleuses appellent à s’élever pour ressentir le monde de manière plus holistique. Trois espaces viennent compléter le parcours : une évocation de l’atelier d’Iris van Herpen, un cabinet de curiosités présentant ses accessoires (chaussures, masques et éléments de coiffures) en regard d’éléments des sciences naturelles et de vidéos et une salle permettant de donner place au corps vivant et en mouvement à travers des vidéos des défilés de la créatrice. L’exposition est accompagnée d’une composition sonore créée par Salvador Breed. Elle vient interpeller les sens et immerger plus encore le visiteur dans ce voyage autour du corps et des thématiques chères à la créatrice.

du 29 novembre 2023 au 28 avril 2024

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris