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Adeline Care

Marseille, Tempête !

La Méditerranée, devenue bile noire, effleure les terrasses du littoral dans un ultime avertissement.
Quand le vent tourne, c’est le monde entier qui vacille. Comme si un ciel chargé de nuages, une mer trop calme, une lumière déclinante nous ramenait toujours à l’intuition du Déluge : un jour, tout sera submergé par l’océan. Habitée par ce pressentiment primitif, Adeline Care sillonne Marseille quelques minutes avant l’orage. La nature retient son souffle comme ces garçons aux muscles tendus, qu’elle photographie, avant de sauter dans l’eau.

Selon le mythe diluvien propre à presque toutes les cultures du monde, l’Humanité gonflée d’orgueil finit engloutie par les flots. Mais pas de jugement dernier chez la photographe qui préfère saisir les derniers moments d’insouciance. Là, une femme se prend en selfie dans une eau satinée. Au large, des baigneurs se croient dans une piscine alors qu’autour d’eux se dessinent des baïnes. La menace approche et chaque élément du paysage semble se dire adieu : deux rochers se figent avant d’avoir pu s’embrasser une dernière fois. Adeline Care chasse les tempêtes pour peut-être y déceler une vérité. Si ce n’est un condensé de vie avant le néant.

A

du 7 mars au 4 avril 2024

GALERIE MADE

30 rue Mazarine 75006 Paris