La mode en modèles

Photographies des années 1920-1930 

Présentée à l’occasion de Paris Photo, l’exposition « La mode en modèles » met en lumière « le dépôt de modèle », véritable outil de lutte contre la contrefaçon dans l’univers de la mode d’avant-guerre. Plus de 120 photographies issues des collections sont mises en regard de silhouettes de mode et d’accessoires de grands créateurs, de Jeanne Lanvin à Jean Patou, en passant par Marcel Rochas, Madeleine Vionnet, Jeanne Paquin, ou encore Elsa Schiaparelli.

Images d’un genre nouveau, prises sur le vif ou mises en scène, les dépôts de modèle, ont été utilisés par tous les grands créateurs pour témoigner de l’authenticité d’une griffe parisienne. Déposées au musée des Arts décoratifs en 1940, ces images singulières constituent désormais une ressource visuelle pour les grandes maisons qui fréquentent l’institution en quête d’inspirations et de modèles.

Si le principal vecteur de la mode est la photographie de presse, il existe une autre iconographie, aussi méconnue que mystérieuse : les dépôts de modèles. Ils sont une composante de la propriété industrielle, comme les brevets et les marques. Déposés au conseil des prud’hommes ou au greffe des tribunaux jusqu’en 1979, ils permettaient de protéger juridiquement une création et d’engager ainsi une action en contrefaçon en cas de copie. Au début du XXe siècle, dans le contexte de développement de la haute couture parisienne et parallèlement, de la contrefaçon dont elle était victime, ces photographies acquièrent le statut de pièces à conviction dans les nombreux procès intentés et qui ont défrayé la chronique, à l’instar de celui qu’intente la « géomètre de la mode » Madeleine Vionnet, en 1921.

Articles de presse, films, mais aussi documentaires narrent le phénomène alors grandissant de la contrefaçon, parfois de façon romanesque, comme dans le film Les Pirates de la mode de William Dieterle et Busby Berkeley (intitulé en anglais Fashions of 1934). Ces dépôts de modèle s’inspirent des vues de face et de profil mis en place par le criminologue Alphonse Bertillon pour la photographie judiciaire dans les années 1880 et qui par la suite développe l’identification par l’empreinte digitale.

Ce fonds photographique exceptionnel constitué dans les années 1940, donne à voir un panorama visuel surprenant de la mode et de la haute-couture parisienne entre 1917 et 1934 : les plus grands noms, de la plus ancienne maison Worth à Chéruit, Hermès, ou encore Callot Sœurs et Lanvin, mais aussi Edward Molyneux, Jean Patou, en passant par Jeanne Paquin, Lucien Lelong et bien d’autres y sont présentés.

Très vite, la photographie s’impose pour capter un modèle et une collection, c’est alors un véritable marché qui s’ouvre aux photographes et aux studios, au début du XXe siècle. Les nombreux dépôts de modèles produits ont désormais une signature photographique : Man Ray, Gilbert René, mais aussi Pierre Choumoff, Henri Manuel, Thérèse Bonney, ou encore Paul Méjat et Henri Martinie en sont les plus célèbres représentants.

Ces photographies réalisées dans l’intimité des ateliers sont pourtant moins considérées que les tirages réalisés pour la presse ou les expositions. Destinés aux domaines de la justice et de l’archive, les dépôts ne sont pas toujours signés par des photographes reconnus, et ne font pas appel aux célèbres actrices et mannequins. Ces images restent néanmoins un vivier pour écrire une histoire de la mode et de la photographiede mode, participant également de l’analyse de l’économie de tout ce secteur.

La mise en scène de ces images est révélatrice du soin apporté au dépôt de modèle : certains couturiers élaborent des espaces restreints et dépouillés au sein de leur atelier, d’autres créent des dispositifs plus inventifs comme Madeleine Vionnet et les jeux graphiques de miroir, d’autres disposent leurs modèles dans de véritables univers composés de pièces de mobilier et d’œuvres d’art comme ceux réalisés par Paul Poiret.

À travers ce fonds photographique jamais présenté auparavant au musée des Arts décoratifs, le voile est levé sur une pratique qui a marqué le monde de la mode au début du XXe siècle et dont l’objectif, celui de protéger les modèles de la contrefaçon, reste d’une actualité brulante, au regard des possibilités offertes par la révolution digitale et l’intelligence artificielle.

du 6 novembre 2024 au 26 janvier 2025

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris 

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L’Intimité

De la Chambre aux réseaux sociaux

Un voyage fascinant au cœur de nos jardins secrets à travers une histoire de l’intime du XVIIIe siècle à nos jours ! 470 œuvres, peintures et photographies, mais aussi objets d’art décoratifs, du quotidien et de design, révèlent comment l’intime a évolué. De la chambre vue par Henri Cartier‑Bresson ou Nan Goldin, des lits en fer forgé du xixe siècle au lit-clos des Frères Bouroullec, de la chaise percée à l’urinoir pour femmes, des objets de la toilette sèche à la salle de bain, de la beauté aristocratique à la consommation de masse, des livres licencieux aux sex-toys, du walkman aux réseaux sociaux et à l’influence, en passant par les outils de surveillance et de protection, l’exposition montre comment l’intime s’est imposé puis s’est profondément modifié. Les frontières entre privé et public devenues plus floues et poreuses engendrent de nombreux débats.

Au XIXe siècle avec l’émergence d’une classe bourgeoise, la vie professionnelle et familiale se séparent : la femme est alors maîtresse du domestique et de l’intime. Les peintres, essentiellement masculins, tel Edouard Vuillard, ouvrant le parcours, les représentent souvent dans leur intérieur. Ce n’est que progressivement, grâce aux révolutions féministes, que la « femme mystifiée » dont témoigne le livre de Betty Friedan, se dissocie de l’espace clos.

L’exposition se poursuit dans la nef avec une scénographie spectaculaire centrée sur vingt-cinq chefs-d’œuvre du design du xxe siècle autour du thème du nid et de l’intimité partagée. Le design des années 1950 à aujourd’hui, à travers des sièges, canapés ou lits, illustre une dialectique constante entre un désir d’isolement et une promiscuité choisie. Des pièces comme la Womb Chair d’Eero Saarinen témoignent du repli protecteur des années 1950-1960, tandis que des créations de Superstudio, Archizoom ou Memphis reflètent le désir de rassemblement typique des années 1960 et 1970.

Le parcours continue au fond de la nef et dans les galeries de la rue de Rivoli, abordant six thématiques qui explorent les changements les plus contemporains, de la sexualité aux réseaux sociaux, en passant par la création de contenus et les techniques de surveillance. Il interroge également la question de l’intimité en temps de précarité et s’achève sur une salle consacrée au plus précieux de l’intime, cette conversation avec soi qu’offre le journal intime. Enfin, une œuvre de Thomas Hirschhorn, citant la philosophe Simone Weil, invite à réfléchir sur les possibilités des réseaux sociaux et à envisager un nouvel humanisme.

du 15 octobre 2024 au 30 mars 2025

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris

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Richard Peduzzi

Perspective. Mobilier, décors, dessins

La Galerie des Gobelins rend hommage au travail de Richard Peduzzi en nous faisant plonger dans l’univers artistique de cet artiste pluridisciplinaire dont le talent s’exprime à travers la peinture, la conception de décors pour le théâtre et l’opéra, la scénographie d’exposition, l’architecture, le design mobilier et la création d’objets.

Scénographiée par l’artiste lui-même, l’exposition juxtapose une sélection d’œuvres représentatives de son travail, sur cinquante ans, de 1972 à aujourd’hui. Les années 1980 marquent l’ouverture de ses créations à la conception d’espaces muséaux, à l’intervention dans des projets architecturaux, à la conception de mobilier. En 1989, il reçoit aussi sa première commande de meubles pour le Mobilier national …

Sa complicité avec le metteur en scène Patrice Chéreau, débutée en 1968, révolutionne le domaine théâtral. Leur approche repousse les frontières de la scénographie traditionnelle. Leur entente réside dans la capacité de Richard Peduzzi à fusionner peinture et architecture, se servant des décors comme moyen de construire sa peinture. Ses créations scéniques, naviguant entre réalisme, onirisme et souvenirs intimes de son enfance, créent des lieux métaphoriques d’une familiarité insaisissable.

du 16 octobre au 31 décembre 2024

GALERIE DES GOBELINS

42 avenue des Gobelins 75013 Paris

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Nadia Léger

Une Femme d’avant-garde

Nadia Khodossievitch-Léger (1904-1982) a été une figure de l’art du XXe siècle. À travers plus de 150 œuvres, cette rétrospective retrace le parcours largement méconnu de cette femme d’exception, tout à la fois peintre prolifique, éditrice de revue, collaboratrice de son époux Fernand Léger, résistante, bâtisseuse de musées et fervente militante communiste. 

L’exposition suit son itinéraire de son village natal russe à Paris, les influences qu’elle a subies et les communautés artistiques qu’elle a côtoyées. Grâce à des dialogues inédits avec les œuvres de Fernand Léger, Pablo Picasso, et des élèves de l’Atelier Léger (Nicolas de Staël, Hans Hartung, Marcelle Cahn…), l’exposition explore l’univers de cette adepte des aventures collectives. 

Artiste avant tout, son œuvre picturale n’a cessé d’évoluer au contact des avant-gardes de son temps, en tension constante entre abstraction et figuration. Du cubisme au suprématisme, du suprématisme au réalisme et un retour au suprématisme, sa production témoigne d’une capacité à se réinventer, illustrée par une signature changeant au gré des étapes de sa vie créatrice. 

du 8 novembre 2024 au 23 mars 2025

MUSEE MAILLOL

59-61 rue de Grenelle 75007 Paris

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DESIGN MIAMI

Design Miami relie le monde à travers un design de collection exceptionnel, avec des foires présentes sur trois continents, et qui rassemblent des galeries, des designers, des marques, des experts, des collectionneurs et des passionnés. Chaque édition présente du mobilier, des luminaires et des objets d’art de qualité muséale et provenant des meilleures galeries internationales, ainsi que des collaborations immersives avec des marques renommées. Les foires phares de Design Miami se tiennent parallèlement à Art Basel à Miami en décembre, à Bâle en juin, à Paris en octobre, et à Los Angeles en mai.

Cette année, la foire présente son nouveau programme DESIGN AT LARGE et propose des créations de design historique et contemporain à grande échelle, permettant d’établir un dialogue avec le cadre historique de l’Hôtel de Maisons. Ce programme propose une déambulation au fil d’un parcours singulier d’installations architecturales. Dès l’entrée menant à l’Hôtel de Maisons, l’œuvre monumentale de l’architecte japonais contemporain Kengo Kuma, Owan (2016), s’empare de la cour historique. Conçue via le projet Small Nomad House de la galerie Phillipe Gravier, destiné à promouvoir des artistes et architectes internationaux concevant des structures durables et faciles à assembler, l’œuvre se situe entre art et architecture.

À l’opposé de la cour d’entrée, Friedman Benda et Carpenters Workshop Gallery coprésentent deux œuvres du célèbre designer Wendell Castle. Mettant en lumière une vision singulière entre liberté et retenue, Castle utilise le bronze comme médium permettant aux œuvres d’être exposées à l’extérieur et de s’inscrire dans un élan de sculpture moderniste.

Au centre des jardins, la Maison Carnac par Laffanour l Galerie Downtown a été conçue par Jean Prouvé, dans le contexte d’après-guerre. La Maison Carnac est un témoignage exceptionnel de l’ingéniosité architecturale et industrielle de son époque. Jean Prouvé ayant vécu dans cette maison, cette dernière reste aujourd’hui la seule construction témoignant de cette intimité familiale et de cette période historique, tout en incarnant l’esprit d’innovation de son créateur.

À proximité des jardins à la française, Giulia De Jonckheere Design met en lumière le travail de Clotilde Ancarani, en présentant une paire de Tables Gunnera qui témoignent de la maîtrise de l’artiste dans le domaine de la fonte du bronze. Dotée d’une silhouette organique et de feuilles géantes de Gunnera manicata, la surface de cette table basse rend hommage aux gravures complexes et à la vénusté d’une feuille vivante, et témoigne l’intérêt profond de l’artiste pour le monde naturel. Cinq des sculptures Rhubarbe d’Ancarani, réalisées en bronze patiné vert, y sont également présentées.

Plus loin, dans les jardins de l’Hôtel, l’artiste pluridisciplinaire Roham Shamekh présente l’œuvre Vase of Humanity. Créée comme un symbole profond de notre civilisation, elle représente la genèse de la créativité tout en symbolisant un emblème intemporel de l’humanité et de la civilisation. Shamekh encourage la réflexion collective et la célébration de notre héritage commun et du pouvoir de transformation de l’esprit humain.

La Galerie kreo propose quant à elle une pièce inspirée des célèbres Poltrona di Proust, l’une des premières créations de Mendini. La pièce exposée revisite la forme classique d’un fauteuil, évoquant un style royal aux formes exagérées et généreuses. La pièce est recouverte de petits carreaux de mosaïque dorés à la feuille d’or blanc, offrant une touche d’extravagance et de radicalité qui caractérise l’œuvre de Mendini.

Le Salon 94 Design présente à l’entrée des jardins de L’hôtel de Maisons, deux éditions de la Tomb Chair de Rick Owens. À travers le choix de matériaux subtils et rares, Owens suggère la beauté de la nature, inspirée par ses formes préférées, d’Eileen Gray à Brâncuşi en passant par les skateparks de Californie. Le créateur de mode américain a développé son esthétique sombre et minimaliste lorsqu’il a commencé à créer des meubles sur mesure pour son loft aux allures de bunker à Los Angeles. En travaillant avec des artisans de haut niveau, Owens a développé une collection d’œuvres qui expriment sa signature en termes de coupe et de volume.

À deux pas de la Maison Carnac, la Galerie Mitterrand présente l’une des oeuvres les plus emblématiques de François-Xavier Lalanne, Les Nouveaux moutons, Bélier, Agneau. Niché près des jardins à la française et présenté par la Galerie Yves Gastou, l’ensemble statuaire Les Trois Grâces est une création singulière dans l’œuvre de Jean Touret.

Coulées en ciment blanc à l’aide de moules en cuivre repoussé, Les Trois Grâces, représentant Euphrosyne, Thalia et Aglaea, ont été destinées en 1990 aux jardins de l’abbaye bénédictine de Saint-Michel en Thiérache (Aisne). Cette édition permet cependant de retrouver la quintessence de la sculpture, montrant l’invisible dans le visible, à travers les thèmes de prédilection de l’artiste: la représentation du corps féminin et la symbolique du totémique.

À l’entrée des jardins à la française, la galerie Scène Ouverte met, elle, à l’honneur le travail de jeunes designers et céramistes dont la vision commune transcende la simple fonctionnalité des objets. Le vase Magara et le banc Balik de Studio Biskt illustrent et repoussent les limites de l’artisanat.

du 16 au 20 octobre 2024

DESIGN MIAMI

Hôtel de Maisons

51 rue de l’Université 75007 Paris

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THEMA

Après avoir codirigé le salon de mode Tranoï pendant dix ans, Michaël Hadida a intégré L’Eclaireur, concept store fondé par ses parents en 1980, dont il a été nommé directeur en 2018. Il a ensuite créé The Norm en 2020, espace alliant la mode, le design, l’architecture et les arts visuels. Avec Thema, depuis deux ans, il présente un salon d’art et de design montrant les créateurs actuels en ayant pour objectif  de mettre en avant une vision plus éthique et responsable du luxe et d’encourager de nouvelles formes de créations artistiques.

« L’idée est d’apporter une valeur ajoutée à Paris avec une sélection très internationale, un mélange d’artistes et des designers peu connus. Thema s’est construit autour de l’humain, de l’artisanat, de l’engagement environnementale et de la notion d’héritage », nous a confié Michael Hadida. Et d’ajouter : « Le salon s’inscrit également dans une volonté de décloisonner. Mon objectif étant de créer une véritable communauté et de la faire grandir ».

Chaque artiste participant à la foire a donc été sélectionné en accord avec une charte interne, définie selon les Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD).

du 17 au 21 octobre 2024

Hôtel de Guise

72 rue de l’Université 75007 Paris

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ASIA NOW

Fondée et dirigée par Alexandra Fain, Asia NOW a dix ans cette année et elle est toujours la seule foire en Europe consacrée à la présentation d’artistes historiques ou émergents venus de toute l’Asie et défendus par des galeries implantées dans le monde entier.. Un programme de projets spéciaux incarne l’esprit et l’identité d’Asia NOW depuis sa création en 2015 et permet aux collectionneurs et aux visiteurs de découvrir un parcours d’œuvres monumentales, de performances et d’installations d’artistes phares de la scène internationale, faisant de cette foire une plateforme qui incite aux dialogues, autour d’une programmation editée, de projets et et de performances spécifiques aux espaces de la Monnaie de Paris.

La foire présente 71 galeries présentant des expositions individuelles ou en duo, par des artistes provenant de 28 territoires à travers l’Asie, mais aussi deux installations in situ : Celle de Sumayya Vally, artiste et architecte fondatrice de Counterspace, présente “L’Eau dans une main et le Feu dans l’autre”, sous la direction artistique de Kathy Alliou. Cette installation performative puise on énergie de sa matière organique et naturelle qui combine terre, air, feu et eau. L’espace circulaire, dessiné par l’empilement de jarres cuites et crues semble désigner des états intérieurs que l’eau peut laver et dissoudre.
Constitué par les formes vides ou pleines des céramiques, ce pavillon semble fusionner les dimensions temporelles
et le matériel. Le pavillon sera activé lors d’une performance le jeudi 17 octobre à 18 heures.

Celle de Britto Arts Trust, association d’artistes basée à Dhaka, présente une installation spécifique qui invite les visiteurs à pénétrer dans un espace écologique, social et diasporique façonné par le palan et le pakghor bengalis. Le palan, un potager traditionnel souvent entretenu par les femmes et les enfants, soutient le pakghor, une cuisine familiale qui sert également de salle de séjour commune. Pendant toute la durée de la foire, les artistes seront présents, cuisinant et partageant leur nourriture avec ceux qui souhaitent échanger à travers la nourriture et la conversation.

L’édition 2024, sous la direction artistique de la coopérative curatoriale internationale – Radicants – fondée par Nicolas
Bourriaud, propose une exposition totalement inédite intitulée « Ceremony ». Ici, la cérémonie prend la forme de pratiques culturelles, une célébration de la sagesse ancestrale et un outil critique qui renforce et transforme à la fois le collectif, les traditions et les hiérarchies de pouvoir. Les artistes invités par Radicants sont des médiateurs de l’expérience humaine. Ils valorisent la force du rassemblement pour résonner avec l’esprit communautaire d’Asia NOW et transforment la Monnaie de Paris en une cérémonie vibrante et immersive, mettant l’accent sur les programmes performatifs, la vidéo, la danse, la musique, les traditions orales et les rituels, invitant aussi à contempler la manière dont les expressions artistiques peuvent faciliter le traitement des pertes et des traumatismes, en particulier en ces temps marqués par les conflits et les bouleversements politiques.

du 17 au 20 Octobre 2024

Monnaie de Paris

11 quai Conti 75006 Paris

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GERMANOPRATIN

Un nouvel évènement pour les passionnés d’art au cœur de l’effervescence artistique parisienne (Design Miami et Paris+ par Art Basel, Thema ….), Germanopratin propose une expérience plus intimiste liant les arts décoratifs, l’art moderne, la photographie et l’art contemporain.

Les exposants, la Galerie BSL, Olivier Chetail, Jean-Yves Lanvin, Armel Soyer et Parsa, impriment chacun leur style dans les espaces de l’Hôtel de l’Industrie pour refléter l’art de vivre à la française en investissant tous les étages du bâtiment sous la houlette d’Olivier Chetail, antiquaire et décorateur d’intérieur. Une exposition intitulée « Grands styles », organisée par Olivier Chetail et Armel Soyer montre aussi une sélection d’objets d’arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles français et de pièces de design contemporain, créées pour l’occasion.

du 19 au 22 octobre 2024

HOTEL DE L’INDUSTRIE

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Sonia Delaunay

La Simultanée

Poursuivant son engagement pour la mise en lumière de Sonia Delaunay après une exposition au printemps 2021 au sein de la galerie, ainsi que d’une présentation remarquée à Art Basel en juin 2023, la Galerie Zlotowski présente Sonia Delaunay, la Simultanée, troisième temps fort consacré à la pionnière de l’abstraction, qui a consacré 70 ans de sa vie à ses créations.

Artiste abstraite, créatrice de mode, conceptrice de design, graphiste, entrepreneure à succès, marraine de l’abstraction, exploratrice de mediums, Sonia Delaunay a eu, quasi simultanément, toutes ces facettes. Cette frénésie s’explique par une conception de l’art qui déborde du cadre traditionnel du dessin et de la toile pour aller conquérir la vie même. Sonia Delaunay n’a eu de cesse d’abolir les frontières entre l’art visuel et l’art décoratif, tout en restant fidèle aux principes du “ simultanisme ”, une conception de l’abstraction axée sur l’interaction des couleurs, qu’elle a élaborée avec son époux Robert dans les années 1910. L’exposition présente des œuvres emblématiques de cette abstraction colorée, reconnaissable entre toutes, avec des œuvres sur papier et des peintures sur toile (de 1907 jusqu’à 1979, année du décès de l’artiste). Mais Sonia Delaunay, la Simultanée s’aventure au-delà, en montrant des pièces emblématiques de cet appétit d’innovation et d’exploration, qui fait l’originalité du parcours de l’artiste : dessins de mode bien sûr mais aussi couvertures de livres, projets de tapisserie, essais de graphisme, lithographies et, plus inattendus encore, mosaïque et dessins de cartes à jouer !

La première section de l’exposition s’intéresse à la collaboration sans équivalent qui a uni Sonia à Robert Delaunay, lesquels se marièrent en 1910. On y montre les œuvres des séjours espagnols et portugais (1914-1918), une période bénie pour Sonia malgré le contexte tragique de la guerre, faite de rencontres avec les artistes locaux et de travail intense, inspiré par la lumière de la péninsule Ibérique. Le “ simultanisme ” des années 1910 ne rejette pas la figuration mais extrait des corps, des visages ou des objets des formes géométriques qui organisent les combinaisons de couleurs.
Au-delà de cet idéal de création en duo, Robert et Sonia ne cessent de s’épauler. Alors que Sonia se lance dans la commercialisation de vêtements au début des années 1920 à Paris, Robert Delaunay exécute une série de portraits de dames habillées des créations de Sonia Delaunay, comme autant d’hommages à l’inventivité de sa femme en matière de mode. Inversement, après la mort prématurée de Robert en 1941, Sonia mènera un combat acharné pour que son époux trouve sa juste place de pionnier dans l’histoire de l’abstraction qui s’écrit alors, organisant des expositions, faisant des donations aux institutions et publiant de nombreux ouvrages.

La deuxième partie de l’exposition est consacré aux dessins liés à la mode qui domine le travail de Sonia Delaunay dans les années 1920. Elle porte le titre du poème de Blaise Cendrars, ami cher de Sonia, Sur la robe elle a un corps, (1913) l’inversion du corps et de la robe soulignant le caractère révolutionnaire du style Delaunay. Cette vision d’une redéfinition de la mode est confirmée par le commentaire de Guillaume Apollinaire, “ Il faut aller voir à Bullier, le jeudi et le dimanche, M. et Mme Robert Delaunay, peintres, qui sont en train d’y opérer la réforme du costume ”. Ce sont certes des raisons matérielles qui ont poussé Sonia Delaunay à passer de l’habillement avant-gardiste et expérimental à l’entrepreneuriat de Haute Couture qui impressionnera jusqu’à Gloria Swanson, la star des films de Cecil B. de Mille à la MGM. Comme elle perd ses revenus liés aux propriétés de son oncle avec la révolution Russe de 1917, Sonia Delaunay devient, malgré elle, une entrepreneure en créant le magasin Casa Sonia à Madrid (1918) puis la Maison Sonia à Paris (1925). Elle ne cessera jusque tard dans sa carrière de concevoir des motifs textiles, notamment pour la maison Hollandaise Metz &Co. Stratèges, les Delaunay le sont pour affirmer leur insertion dans leur époque et démontrer qu’ils sont partis prenantes des changements en cours. Robert le théorise : “ Nous voyons une vague de mode simultanée montante qui correspond à un désir. Les tissus, les réclames, les meubles sont indéniablement en évolution vers la couleur vivante ”.

Les gouaches de Sonia montrent que la mode, investie par le “ simultanisme ”, est le prolongement cohérent d’une conception artistique connectée à la vie. Cette fréquentation des arts “ moins nobles ” va néanmoins pendant un temps coûter à Sonia Delaunay sa place dans l’histoire de l’art. Pourtant, des expositions plus récentes ont remis en cause cette vision hiérarchisée et datée. Un revirement est palpable dans la rétrospective Les Couleurs de l’Abstraction auMusée d’art Moderne de la ville de Paris (2014) et à la Tate Gallery (2015), confirmé plus récemment avec Sonia Delaunay au Musée Louisiana de Copenhague (2022) et Living Art au Bard Graduate Center de New York (2024). Toute ces expositions célèbrent les audacieuses traversées des frontières qui caractérisent le parcours de Sonia Delaunay. Grâce à elles, on réalise que Sonia Delaunay a réussi un art vivant et vibrant opérant une synthèse convaincante des arts simultanistes.

La troisième partie de l’exposition se concentre sur la production picturale de Sonia Delaunay dans l’après-guerre. Elle est un rare cas de l’histoire des femmes artistes au xxe siècle ayant connu le succès et la reconnaissance de son vivant, certes à stade avancé de sa carrière. Progressivement, la “ femme de Robert Delaunay ” s’impose, se plaçant au cœur des mouvements d’avant-garde de l’après-guerre. Dans les années 1960 et 1970, de grandes expositions muséales valorisent son œuvre : elle fut la première femme à exposer de son vivant au Musée du Louvre en 1964. Et trois ans après, en 1967-68, une importante rétrospective lui est consacrée au Musée d’Art Moderne. Au sein de l’exposition, l’œuvre qui incarne cette renaissance est la grande gouache Rythme couleur de 1961, montrée dans une exposition de l’innovante Galerie Denise René.

Cette pièce est la version originale d’un pochoir produit pour cette même exposition. Si son abstraction est géométrique et toujours organisée par la couleur, les formes sont libres, rythmées, jamais totalement nettes. Loin de l’exactitude des contours typiques de l’art concret, pour lequel le geste pictural doit disparaître et la subjectivité se dissoudre, l’application même des aplats de couleur est palpable, comme si l’artiste affirmait sa présence. C’est là une caractéristique qui s’applique à l’ensemble de l’œuvre de Sonia Delaunay : sa présence dans l’œuvre. La trace de la main qui applique la couleur est évidente et des modifications de couleurs sont parfois visibles. La série des rythmes couleurs des années 1970 présentés ici sont donc emblématiques de cette liberté, qui aboutit à une synthèse radicale des formes, comme si Sonia Delaunay allait jusqu’au bout des possibilités du “ simultanisme ”. Mais ce caractère programmatique d’une abstraction poussée dans ses retranchements s’unit à une imperfection assumée, qui rappelle toujours le “ métier ” de l’artiste et sa main en pleine action.

La dernière partie de l’exposition est consacrée aux œuvres qui ne relèvent pas du champ du dessin ou de la peinture stricto sensu. Il s’agit de projets ludiques et surprenants, dans lesquels Sonia Delaunay s’est aventurée, et ce durant toute sa longue carrière. La diversité de la production de Sonia Delaunay est stupéfiante. L’édition, l’illustration de poésie, le graphisme et la publicité vont la passionner, au point, pour ce dernier domaine, de réaliser des projets non sollicités par l’entreprise dont elle fait la “ réclame ”. La production importante des projets liés à des publications va commencer très tôt, avec les projets de couverture de catalogue de 1916, puis celui pour le fameux Album n°1 (1916) et de la revue Ararat (1917).

L’inclination de Sonia pour des supports plus accessibles et visibles répond aussi à son envie de collaborer avec ses alliés et amis. L’illustration ou la mode permettent de se connecter à des poètes quelle admire et aime profondément comme Blaise Cendrars ou Tristan Tzara. Et pour se les attacher, quoi de plus simple que de les illustrer ou les habiller ? Ce besoin de proximité, de coopération avec des êtres choisis, par affinités et affection, est le fil rouge de toutes les initiatives “ hors territoires balisés ” que Sonia Delaunay entreprend, tant ses sentiments guident sa production.

Sonia reste active jusqu’à son dernier souffle, en décembre 1979. Ses dernières gouaches sont saisissantes. Elle n’y a jamais été aussi entièrement présente. On y perçoit le tremblement de la main de la vieille dame, dans le contour des carrés de ce damier, venant de la collection de Jacques Damasse, exécuté en 1979. Le noir paraît vouloir envahir les autres couleurs qui, une fois n’est pas coutume, semblent sur le point de s’absenter …

du 3 octobre au 15 novembre 2024

Galerie Zlotowski

20 rue de Seine 75006 Paris

Galerie Roger-Viollet

6 rue de Seine 75006 Paris

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PhotoSaintGermain

26 lieux germanopratins, galeries, musées, librairies s’associent, durant le mois de la Photo, pour faire de Saint-Germain l’Epicentre de ce médium à travers des expositions monographiques ou thématiques, modernes ou contemporaines.

En écho à ces expositions, dans une volonté de donner à entendre celles et ceux qui font et pensent la photographie aujourd’hui, PhotoSaintGermain propose également un programme de rencontres, projections, signatures et visites d’ateliers qui réunit artistes, responsables de collections publiques, collectionneurs, éditeurs, graphistes, libraires, critiques et commissaires.


Toutes ces manifestations sont autant de rendez-vous qui abordent les grandes tendances de la photographie contemporaine et questionnent ses dispositifs de valorisation et de diffusion.

Tout le programme est

ICI

du 30 octobre au 23 novembre 2024

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PhotoDays

Depuis 2020, Photo Days invite à une virée photographique unique dans Paris en fédérant musées, institutions culturelles, galeries, fondations, foires et festivals pour faire découvrir aux amateurs et aux curieux l’étendue de la production photographique mondiale. Mais la principale ambition de Photo Days est de faire découvrir des lieux d’exception à travers des travaux inédits réalisés sur mesure par des artistes peu ou méconnus, comme de renommée internationale. Depuis 2020, 25 expositions ont ainsi été réalisées dans des lieux atypiques.

Ariane MICHEL Montage avec un photogramme réalisé par Ariane Michel à partir du film de Irwin Allen, The Sea around us, a film after Rachel Carson (1953), Collections FPA Classics © FPA Classics et Ariane Michel courtesy de l’artiste et Photo Days

Au Cinéma L’Arlequin, Photo Days donne carte blanche à l’artiste Ariane Michel qui a choisi de se pencher sur notre patrimoine cinématographique. Avec l’exposition “Re Wind”, elle réalise une installation photo/son dans le bar du cinéma et propose des mini-séquences filmiques qui sont projetées en amont des séances cinéma, comme des publicités.

© Anaïs TONDEUR Vue du dispositif de formation de micro-mondes par la vibration d’un rire, 2024
courtesy de l’artiste et Photo Days

Dans la bibliothèque de l’Hôtel de L’Industrie, dans ce lieu emblématique où, en 1895, les frères Lumière révélèrent pour la première fois une image animée, projetée dans le Salon qui porte aujourd’hui leur nom, l’installation d’Anaïs Tondeur, “Lorsque le monde était rire”, interroge le moment charnière de l’invention de ce médium, le passage d’un monde à un autre, pour en laisser d’autres prendre forme. En s’appuyant sur les premières expérimentations photographiques, du diorama à l’autochrome, cette série explore la photographie comme espace de transformations de nos rapports au monde et du médium
lui-même.

© Fatoumata DIABATÉ J’ai été brûlé vif, 2024 courtesy de l’artiste et Photo Days

A la Sorbonne Artgallery, on part au Mali, pays de Fatoumata Diabaté, en proie à des conflits géopolitiques depuis une soixantaine d’années. Aujourd’hui, le pays subit des atrocités : des villages entiers ont disparu, des femmes et des enfants y ont été brûlés vifs. Avec “Nte bogo daga ye, je ne suis pas une poterie”, le travail photographique de l’artiste s’exprime sur la souffrance et la disparition qu’a subie le village d’Ogossagou le matin du 23 mars 2019, dans le pays Dogon.

© Heinrich HEIDERSBERGER

RCM Galerie présente Heinrich Heidersberger : Rhythomgrams from the 1950s, une exposition du photographe allemand réalisé à l’aide d’une machine élaborée qu’il a construite pour produire des images.Heidersberger (1906-2006) a créé ses « rythmogrammes » au début des années 1950 à l’aide d’une grande machine qui occupait presque tout l’espace de son studio de Wolfsburg, en Allemagne. Des pendules harmoniques étaient mis en mouvement pour tracer la lumière sur le papier photographique à l’aide d’un miroir et d’une source lumineuse ponctuelle.

© Henri RIVIÈRE Couple entrant gare du Nord, vers 1890, Montmartre

Au Musée d’Orsay une exposition d’Henri Rivière, “L’Homme à la Caméra”, présente le travail de ce dessinateur, illustrateur, peintre-graveur, poète, créateur en 1886 du Théâtre d’ombres au cabaret du Chat noir, collectionneur d’art d’Extrême-Orient, Henri Rivière  (1864-1951) pratique aussi la photographie. Nourri de l’expérience de projection, séduit par l’art japonais, il réalise des clichés où se conjuguent effets d’aplats, silhouettes découpées, jeux de clair-obscur, compositions japonisantes. Au cœur de ses expérimentations visuelles, il y a sa compagne, saisie dans l’intimité, les paysans bretons, les scènes de marchés parisiens, ainsi que le chantier de la tour Eiffel.

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du 2 au 30 novembre 2024

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Tina Barney

Le Jeu de Paume met à l’honneur l’œuvre vibrante et singulière de Tina Barney, grande figure de la photographie américaine, dont le travail, principalement autour des relations de famille, a été très peu montré en France. L’exposition, qui retrace 40 ans de la carrière de l’artiste, est la plus grande rétrospective européenne à lui être consacrée à ce jour.

Née en 1945, Tina Barney entreprend à la fin des années 1970 de photographier ses proches et amis. Fine observatrice des rituels familiaux, elle s’intéresse particulièrement aux relations entre les générations dans le cadre domestique.

Ses portraits colorés, souvent de groupe et de grand format, qui semblent à première vue tenir de l’instantané familial, sont pour la plupart soigneusement mis en scène par l’artiste, créant des tableaux composés qui établissent un dialogue avec la peinture classique.

D’autres capturent avec spontanéité des moments insaisissables d’interaction entre les sujets. Tina Barney a par ailleurs souvent photographié sur commande : ses portraits de célébrités pour la presse, magazines de mode et marques de luxe témoignent de la même complexité, sensibilité et parfois humour que dans sa pratique artistique.

L’exposition, produite par le Jeu de Paume, dévoile une sélection de 55 tirages à grande échelle mêlant images en couleur et noir et blanc, clichés de ses débuts et productions inédites, œuvres de commande et personnelles, modèles connus ou anonymes et proches de l’artiste.

Du 28 septembre 2024 au 19 janvier 2025

JEU DE PAUME

place de la Concorde 75008 Paris