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Robert Cottingham

« Fictions in the Space Between »

La Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois présente pour la première fois le travail de l’artiste américain hyperréaliste Robert Cottingham, poursuivant, après l’exposition en juin 2018 de John DeAndrea, son exploration de ce mouvement né aux USA au début des années 1970.

L’exposition parcourt l’ensemble de la carrière de l’artiste. Au 36 rue de Seine est présenté un ensemble d’huiles sur toile, datées entre 1991 et 2019 et accompagnées de leurs études préparatoires, le second espace du 33 prend, lui, la forme d’une rétrospective de ses œuvres sur papier. Depuis les Villas Hollywoodiennes de 1969 aux tous récents Flacons de parfum, l’exposition témoigne de la richesse de cette œuvre hyperréaliste, où l’on retrouve également les enseignes lumineuses qui l’ont rendu célèbre, les trains, les machines à écrire, les appareils photos ou encore les pièces mécaniques.

Apparus à peu d’années d’intervalle, le Pop Art puis le photoréalisme reçurent d’abord le même accueil glacial : était-ce la critique ou la célébration d’un royaume de la consommation, de la généralisation de la laideur, et d’un urbanisme sans urbaniste ? Les deux furent discrédités pour le manque de professionnalisme des artistes : après tout, ces peintres ne se limitaient-ils pas à « copier » des objets et/ou des photographies, qu’ils se contentaient les uns et les autres d’agrandir ? Ce qui ressemblait à du cynisme nous semble aujourd’hui d’une incroyable fraicheur ; ce qui se faisait passer pour des copies a été depuis célébré comme de la peinture, dont nous redécouvrons, aujourd’hui, la complexité et la virtuosité formelle.

Loin d’être simplement contemporains, les motifs de Robert Cottingham évoquent un monde d’avant-guerre, le monde de son enfance ainsi que de nombreux clins d’œil à l’art moderne et ses poncifs. Le rapport entre l’image et la photographie, entre le mot et la peinture, étant un des grands sujets de la modernité. Aller au-delà du motif, retrouver la peinture y compris abstraite, par le biais de la photographie, est une démarche complexe qu’il assume plus clairement que d’autres peintres du « mouvement ». Sa démarche, aussi conceptuelle que photographique, laisse place à un contenu, bien plus littéraire et humain qu’il n’y paraît. Si bien que dans sa peinture, on peut voir autant d’abstraction que de représentation. »

du 8 novembre au 21 décembre 2019

GALERIE G-P et NATHALIE VALLOIS

33 et 36 rue de Seine 75006 Paris