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Robert Doisneau

Instants donnés

Chef de file de la photographie humaniste, Robert Doisneau est très probablement le photographe français le plus connu au monde : selon sa fille Francine, l’Atelier Robert Doisneau et son fonds de 450 000 négatifs ont contribué à 158 expositions depuis son décès en 1994. Un chiffre impressionnant qui témoigne d’une appréciation quasi universelle, mais qui sous-entendrait presque que tout a été vu et dit sur l’auteur de l’incontournable Baiser de l’Hôtel de Ville. Pourtant, cette nouvelle exposition, après deux ans de préparation et l’aide de ses deux filles, Francine Deroudille et Annette Doisneau, a pour ambition de faire passer quelque chose au-delà des images : “une manière de regarder les autres”.

Les commissaires d’exposition ont ainsi opté pour un parcours thématique qui montre les différents aspects de l’œuvre de Robert Doisneau tout en gardant un fil conducteur : le “réalisme poétique”, une notion que l’on comprend très rapidement en voyant les quelque 400 tirages de l’exposition. Le terme renvoie aussi à un courant cinématographique né dans les années 30 – tout comme la photographie humaniste –, ce qui n’est pas sans rappeler que ces photos, toujours impressionnantes de maîtrise dans leur composition, ont une certaine capacité à raconter des histoires. On (re)découvre d’ailleurs sa proximité avec les écrivains, dont son ami Jacques Prévert, avec qui il partage un goût du surréalisme (la Fontaine des Quatre-Saisons, le cabaret tenu par les frères Prévert dans les années 50, se trouvait d’ailleurs au rez-de-chaussée de l’actuel musée Maillol).

Une promenade à travers l’œuvre complexe d’un artiste si souvent simplifié qui reprend ici toute sa dimension poétique et profondément humaine. Son regard amusé sur l’enfance. Sa banlieue parisienne qui vire du noir et blanc à la couleur. La visite en toute complicité des ateliers d’artistes peintres et sculpteurs ; son exploration de la mode et du luxe d’après-guerre lors des années Vogue. Autant de thèmes qui dressent le constat social d’un monde sans indulgence dont il se sentit toujours solidaire.

du 17 avril au 12 octobre 2025

MUSEE MAILLOL

59-61 rue de Grenelle 75007 Paris

Robert Doisneau

Given moments

A leader in humanist photography, Robert Doisneau is probably the most famous French photographer in the world: according to his daughter Francine, the Atelier Robert Doisneau and its collection of 450,000 negatives have contributed to 158 exhibitions since his death in 1994. This impressive figure reflects almost universal appreciation, but almost implies that everything has been seen and said about the author of the essential Kiss at the Hôtel de Ville. However, this new exhibition, after two years of preparation and with the help of his two daughters, Francine Deroudille and Annette Doisneau, aims to convey something beyond images: “a way of looking at others.”

The exhibition curators have thus opted for a thematic route that shows the different aspects of Robert Doisneau’s work while maintaining a common thread: “poetic realism,” a notion that is quickly understood upon seeing the approximately 400 prints in the exhibition. The term also refers to a cinematographic movement born in the 1930s – just like humanist photography – which is not without recalling that these photos, always impressive in their mastery of composition, have a certain capacity to tell stories. We (re)discover his closeness to writers, including his friend Jacques Prévert, with whom he shared a taste for surrealism (the Fontaine des Quatre-Saisons, the cabaret run by the Prévert brothers in the 1950s, was also located on the ground floor of the current Maillol Museum).

A stroll through the complex work of an artist so often simplified, who here rediscovers his poetic and profoundly human dimension. His amused view of childhood. His Parisian suburbs that turn from black and white to color. A visit in complete complicity to the studios of painters and sculptors; his exploration of post-war fashion and luxury during the Vogue years. So many themes that draw a social observation of an unforgiving world with which he always felt solidarity.

April 17 to October 12, 2025

MUSEE MAILLOL

59-61 rue de Grenelle 75007 Paris