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Olga de Amaral

Première grande rétrospective en Europe d’Olga de Amaral, figure incontournable de la scène artistique colombienne et du Fiber Art. L’exposition rassemble près de 80 Å“uvres créées entre les années 1960 et aujourd’hui, dont beaucoup n’ont jamais été présentées hors de Colombie. Outre les créations vibrantes à la feuille d’or qui ont fait la notoriété de l’artiste, l’exposition révèle ses toutes premières recherches et expérimentations textiles ainsi que ses pièces monumentales. Depuis les années 1960, Olga de Amaral repousse les limites du médium textile en multipliant les expériences sur les matières (lin, coton, crin de cheval, gesso, feuille d’or ou palladium) et les techniques : elle tisse, noue, tresse, entrelace les fils pour créer d’immenses Å“uvres tridimensionnelles. Inclassable, son art emprunte tant aux principes modernistes, qu’elle découvre à l’académie des arts de Cranbrook aux États-Unis, qu’aux traditions vernaculaires de son pays et à l’art précolombien. Après avoir présenté six Å“uvres de la série Brumas dans le cadre de l’exposition Géométries Sud en 2018, la Fondation Cartier retrace l’ensemble de la carrière d’Olga de Amaral et célèbre celle qui a marqué une véritable révolution dans l’art textile.


Avec cette exposition, la Fondation Cartier fait découvrir les audaces de cet art textile, longtemps relégué au second plan car perçu avant tout comme un art décoratif pratiqué essentiellement par les femmes. Résolument en lien avec les dynamiques de l’art abstrait post Seconde Guerre mondiale, les réalisations ambitieuses d’Olga de Amaral s’éloignent du cadre conventionnel de la tapisserie traditionnelle. Cette rétrospective montre notamment son apport essentiel à l’avant-garde artistique des années 1960, 1970 et 1980. L’artiste développe, lors de son année à l’académie Cranbrook (1954-1955) aux États-Unis, un intérêt profond pour la couleur et mène des expérimentations radicales avec la matière, la composition et la géométrie. À son retour en Colombie en 1955, elle mêle cet apprentissage à ses connaissances des textiles anciens de son pays et déploie un style spontané et expansif inspiré de l’histoire et des paysages de sa terre natale : les hauts plateaux de la cordillère des Andes, les vallées et les vastes plaines tropicales inspirent ses Å“uvres par leurs formes et leurs tonalités. Deux grandes séries présentées dans l’exposition expriment tout particulièrement cet intérêt : les Estelas (Étoiles) et les Brumas (Brume).

C’est dans les années 1970 qu’Olga de Amaral découvre par le biais de son amie la céramiste Lucie Rie la technique japonaise du kintsugi, consistant à réparer un objet en mettant en valeur ses lignes de faille avec de la poudre d’or. Ce métal devient rapidement l’un de ses matériaux de prédilection, lui permettant de transformer le textile en une surface irisée qui diffracte et reflète la lumière. En 2013, Olga de Amaral initie une nouvelle série intitulée Brumas, des tissages aériens en trois dimensions, légèrement mouvants et qui laissent apparaître des motifs géométriques simples directement peints sur les fils de coton. Cette fois, c’est un nuage, une pluie fine de couleur pure que l’artiste nous invite à traverser.

du 12 octobre 2024 au 16 mars 2025

FONDATION CARTIER

261 boulevard Raspail 75014 Paris

Olga de Amaral

The first major retrospective in Europe of Olga de Amaral, a key figure in the Colombian art scene and Fiber Art. The exhibition brings together nearly 80 works created between the 1960s and today, many of which have never been presented outside of Colombia. In addition to the vibrant gold leaf creations that made the artist famous, the exhibition reveals her very first textile research and experiments as well as her monumental pieces. Since the 1960s, Olga de Amaral has pushed the boundaries of the textile medium by multiplying experiments on materials (linen, cotton, horsehair, gesso, gold leaf or palladium) and techniques: she weaves, knots, braids, intertwines threads to create immense three-dimensional works. Unclassifiable, her art borrows as much from modernist principles, which she discovered at the Cranbrook Academy of Arts in the United States, as from the vernacular traditions of her country and from pre-Columbian art. After presenting six works from the Brumas series as part of the Géométries Sud exhibition in 2018, the Fondation Cartier retraces Olga de Amaral’s entire career and celebrates the woman who marked a true revolution in textile art.

With this exhibition, the Fondation Cartier is revealing the audacity of this textile art, long relegated to the background because it was perceived above all as a decorative art practiced mainly by women. Firmly linked to the dynamics of post-World War II abstract art, Olga de Amaral’s ambitious creations move away from the conventional framework of traditional tapestry. This retrospective shows in particular her essential contribution to the artistic avant-garde of the 1960s, 1970s and 1980s. During her year at the Cranbrook Academy (1954-1955) in the United States, the artist developed a deep interest in colour and conducted radical experiments with material, composition and geometry. Upon her return to Colombia in 1955, she combined this learning with her knowledge of her country’s ancient textiles and developed a spontaneous and expansive style inspired by the history and landscapes of her native land: the high plateaus of the Andes, the valleys and the vast tropical plains inspired her works with their shapes and tones. Two large series presented in the exhibition particularly express this interest: Estelas (Stars) and Brumas (Mist).

It was in the 1970s that Olga de Amaral discovered, through her friend the ceramicist Lucie Rie, the Japanese technique of kintsugi, which consists of repairing an object by highlighting its fault lines with gold powder. This metal quickly became one of her favorite materials, allowing her to transform textiles into an iridescent surface that diffracts and reflects light. In 2013, Olga de Amaral initiated a new series entitled Brumas, three-dimensional, slightly moving aerial weavings that reveal simple geometric patterns painted directly on the cotton threads. This time, it is a cloud, a fine rain of pure color that the artist invites us to cross.

October 12, 2024 – March 16, 2025

FONDATION CARTIER

261 boulevard Raspail 75014 Paris