Luca Arruda

No matter the landscape

This is the first monographic exhibition in a French museum devoted to this emblematic artist of the contemporary Brazilian scene. A true prodigy of the pictorial gesture, he develops his work around light and consistently depicts landscapes, following a rigorous approach that leads him from figuration to abstraction.

For over fifteen years, the artist has been producing a serial body of work consisting of small-format paintings, called Deserto-Modelo, a term borrowed from the Brazilian poet João Cabral de Melo Neto. These “desert models” – that is, imaginary landscapes, interior visions painted from memory in the studio – are never created on location or from photographs, but are always mnemonic reconstructions, close to abstraction. In the manner of the Impressionists, however, the question of light and the sensitive projection of a form of introspection are particularly perceptible.

As the artist describes it: “Light is at the center of my work, it is movement. It is light that guides my painting, that creates intensity and ends up creating spaces that are neither abstract nor figurative.” Although small, Lucas Arruda’s paintings are charged with great dramatic tension, so that each brushstroke is decisive, paradoxically monumental on the scale of the canvas.

The inspiration for this invitation to Lucas Arruda comes from this simple and spontaneous sensation, widely shared by observers of his paintings: they are familiar to us, in painting or in mind. These panoramic motifs – horizon lines, edged with dense jungles or cloudy skies – border on universality, so difficult is it to identify the places or periods represented. However, Lucas Arruda’s paintings do not entirely adhere to the pictorial tradition of landscape, otherwise richly represented in the collections of the Musée d’Orsay, within which our minds immediately connect them.

This long lineage, which includes the pictorial work of Jean-Baptiste Camille Corot and the Barbizon school, the stormy seascapes of Gustave Courbet, the ponds of Eugène Boudin, without forgetting of course the impressionists Claude Monet and Paul Cézanne, is made up of works created from observations of reality, whereas Lucas Arruda’s production is entirely imagined. In this perspective, the repetition of the motif in series, which the representation of light will fundamentally vary, becomes the cornerstone of a more intuitive rapprochement between Lucas Arruda and Claude Monet.

The exhibition itinerary follows the progression of this reflection, mobilizing around thirty impressionist paintings from the collections of the Musée d’Orsay, alongside around thirty paintings by Lucas Arruda, in the impressionist gallery (5th floor).

April 8 – July 20, 2025

MUSEE D’ORSAY

Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris

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Luca Arruda

Qu’importe le paysage

Première exposition monographique consacrée à cet artiste emblématique de la scène contemporaine brésilienne dans un musée français. Véritable prodige du geste pictural, il développe son œuvre autour de la lumière et représente de manière constante des paysages, selon une démarche rigoureuse qui le conduit de la figuration à l’abstraction.

Depuis plus de quinze ans, l’artiste produit un travail sériel constitué de tableaux de petit format, appelés Deserto-Modelo, un terme emprunté au poète brésilien João Cabral de Melo Neto. Ces « modèles de désert » – c’est-à-dire des paysages imaginaires, des visions intérieures peintes de mémoire en atelier – ne sont jamais réalisés sur le motif ou d’après des photographies, mais sont toujours des reconstructions mnémoniques, proches de l’abstraction. À la manière des impressionnistes, toutefois, la question de la lumière et la projection sensible d’une forme d’introspection y sont particulièrement perceptibles.

Comme le décrit l’artiste : « La lumière est au centre de mon travail, elle est le mouvement. C’est la lumière qui guide ma peinture, qui crée l’intensité et finit par créer des espaces ni abstraits ni figuratifs. » Bien que petites, les peintures de Lucas Arruda sont chargées d’une grande tension dramatique, de sorte que chaque coup de pinceau y est décisif, paradoxalement monumental à l’échelle de la toile.

L’inspiration de cette invitation à Lucas Arruda, provient de cette sensation simple et spontanée, largement partagée par les observateurs de ses toiles : ces dernières nous sont familières, en peinture ou à l’esprit. Ces motifs panoramiques – lignes d’horizons, orées de jungles denses ou cieux nuageux – confinent à l’universalité, tant il est difficile d’identifier les lieux ou périodes représentées. Pourtant, les peintures de Lucas Arruda n’adhèrent pas tout à fait à la tradition picturale de paysage, par ailleurs richement représentée dans les collections du musée d’Orsay, au sein de laquelle notre esprit les rattache d’emblée.

Cette longue filiation, qui comprendrait l’œuvre picturale de Jean-Baptiste Camille Corot et l’école de Barbizon, les paysages de mer tourmentée de Gustave Courbet, les bassins d’Eugène Boudin, sans oublier évidemment les impressionnistes Claude Monet et Paul Cézanne, est constituée d’œuvres réalisées d’après des observations de la réalité, là où la production de Lucas Arruda est entièrement imaginée. Dans cette perspective, la répétition du motif en séries, que la représentation de la lumière fera fondamentalement varier, devient la pierre angulaire d’un rapprochement plus intuitif entre Lucas Arruda et Claude Monet.

Le parcours de l’exposition suit d’ailleurs la progression de cette réflexion, mobilisant une trentaine de toiles impressionnistes issues des collections du musée d’Orsay, en regard d’une trentaine de toiles de Lucas Arruda, dans la galerie impressionniste (5e étage).

du 8 avril au 20 juillet 2025

MUSEE D’ORSAY

Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris