, ,

Amy Friend

Firelight

À l’occasion de la parution de Firelight, sa dernière monographie publiée avec Laura Serani aux Editions L’Artière, la galerie in camera présente une quinzaine de tirages inédits d’Amy Friend, extraits de sa série Dare Alla Luce.

« Le projet a commencé à travers des conversations intimes avec ma Nonna, tandis que nous regardions des photographies de famille. Elle me racontait des histoires de sa vie — des moments traversant générations et continents — mais parfois les souvenirs se brouillaient. Les noms, les lieux et les événements devenaient insaisissables, m’amenant à m’interroger sur la nature des photo- graphies en tant qu’objets et sur les significations qu’elles portent lorsque leurs récits s’estompent. Que se passe-t-il lorsque le contexte derrière une image se perd ? Comment les photographies personnelles façonnent-elles notre compréhension du monde, à la fois individuellement et collectivement ?

Plutôt que de me concentrer uniquement sur mes images familiales, j’ai élargi ma recherche en collectant des photographies vernaculaires provenant de diverses sources. Ces images anonymes, détachées de leur contexte d’origine, m’ont intriguée. Elles m’ont permis de réfléchir à la manière dont les photographies communiquent — ou dissimulent — lorsque leur provenance est perdue.

À travers l’expérimentation, j’ai développé un processus consistant à perforer les photographies à la main, laissant la lumière les traverser. Cette utilisation de la lumière est devenue centrale dans le projet, symbolisant la renaissance de ces images oubliées. Le titre, Dare Alla Luce, se traduit de l’italien par « mettre au monde » ou « porter à la lumière », une expression utilisée pour désigner l’accouchement, mais qui fait ici également référence à la présence renouvelée et aux nouvelles interprétations de ces photos « perdues ». Ce titre m’a semblé approprié, car il résume l’idée de renaissance — la manière dont les photographies renaissent continuellement chaque fois qu’elles sont regardées à nouveau.

La photographie, née de la lumière, est intrinsèquement malléable : chaque regard la transforme subtilement, façonnée par l’évolution de nos perceptions. (…) Dans cette vaste archive de photographie vernaculaire, j’ai été frappée par ce qui manquait — des pans entiers de la démographie, des moments historiques et des périodes significatives restaient non documentés, cachés ou perdus.

Dare Alla Luce présente une collection fragmentée de photographies vernaculaires, invitant à réfléchir au mystère, à la joie, à la tristesse, à la solitude et à la créativité qu’elles renferment. »

Amy Friend

du 26 mars au 23 mai 2026

IN CAMERA

21 rue Las Cases 75007 Paris