Shourouk Rhaiem

C’est Chouette la vie !

Styliste, créatrice de bijoux, la folie des grandeurs et de l’opulence de Shourouk lui ont ouvert les portes de grandes maisons de mode, Chloé, Galliano, Cavalli, Sergio Rossi et Jean Paul Gauthier. En 2007, elle crée, avec son associé Pierre Lasquier, sa marque d’accessoires. Ses créations faites de cristaux Swarovski font partie d’un univers « strassé » aussi original que luxueux. Chaque collection est inspirée de ses voyages, de l’exubérance des Maharajahs à la pop culture des années 80 ou par le glamour intemporel des films hollywoodiens. Ses bijoux sont portés par Jennifer Lopez, Lady Gaga, Sarah Jessica Parker, Jessica Chastain, Giovanna Battaglia, Michelle Obama ou Anna Dello Russo. Reconnue pour sa démesure artistique, Shourouk signe une ligne de maquillage pour Sephora, une collection pour le Lido de Paris et avec Philippe Starck la réinterprétation de la chaise « Joa Sekoya ». Mais c’est Swarovski qui lui confie de multiples collaborations avec des collections capsules de bijoux ou de montres.

Fortement inspirée par les années 80 où la Pub devient une véritable expression artistique, Shourouk réinterprète ces icônes domestiques et les rend à son tour inaccessibles, telles des pièces de joaillerie. C’est ainsi qu’« Ordinary life » naît. Cette installation en collaboration avec Swarovski dévoilée à Vienne soumet les produits du quotidien à une touche de luxe et de fantaisie. Les bidons de Woolit, d’Ajax, les paquets d’Ariel, les bouteilles de Pepsi, les Pez de notre enfance deviennent de véritables bijoux et les compositions strassées donne à ces petits frères des « Brillo Boxes » ou des « Campbell soup » un air de dinette de rêve enchanté et décalé que n’aurait pas renié un Warhol ou un Spoerri.

 » J’ai rencontré Shourouk Rhaiem en 2017 pendant l’exposition de Jean-Baptiste Marot. C’était la première fois qu’elle osait enfin rentrer dans la galerie. Elle avait des étoiles dans les yeux et un sourire radieux. Étudiante au Studio Berçot dix ans plus tôt, elle passait souvent devant. Elle était fascinée par les oeuvres de l’artiste Martin Mc Nulty que j’expose depuis de nombreuses années. Ce fut pour elle une révélation, cet éblouissement lui inspira un rêve secret, exposer un jour dans ma galerie. Quel plus beau cadeau pouvait-elle me faire ? Réaliser le rêve de quelqu’un, n’est-ce pas l’une des plus grandes récompenses de la vie ? Shourouk est une maîtresse femme extrêmement touchante et pleine de bienveillance. Elle s’est confiée avec tellement de sincérité que je ne pouvais résister à son désir.   L’exposition est la concrétisation de la représentation sublimée d’une époque vécue douloureusement mais adoucie par l’illusion d’une vie rêvée.

Le bleu du ciel devient aussi plus lumineux par le prisme de la réclame. « Si vous utilisez ce produit votre vie va se transformer d’un coup de baguette magique. »   « Mini Mir, Mini prix mais il fait le maximum », «Tahiti douche, il contient du paradis », « Lux, je me sens belle, c’est le savon de beauté des stars », « Avant j’étais moche, ma vie était un enfer. Je l’ai rencontré, il a tout changé… ça m’amuse… c’est chouette la vie!» Cette exposition pourrait être un hommage à Alice Sapritch qui incarne avec brio la publicité pour Jex Four.   Shourouk sublime chaque produit qui l’a accompagné dans son parcours parfois rempli de tristesse. Elle les fait tous briller de mille feux, les remercie et les met sur un piédestal. Parfois, nous vivons la réalité pire qu’elle n’est ; et parfois, nous l’embellissons. L’important est peut-être d’en faire une oeuvre d’art. Shourouk sublime l’image de l’ordinaire pour la rendre extraordinaire. Shourouk est « Jex-traordinaire » !      

Marie Victoire Poliakoff

du 24 mai au 13 juillet 2022



GALERIE PIXI – MARIE VICTOIRE POLIAKOFF
95 rue de Seine 75006 Paris