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Le Chic !

Arts Décoratifs et Mobilier Français de 1930 à 1960

De 1930 à la fin des années 1950, la majeure partie des décorateurs qui feront l’histoire de ces trois décennies du XXe siècle sont appelés à collaborer avec le Mobilier national : André Arbus, Jules Leleu, Jean Pascaud, Etienne-Henri Martin, Marc du Plantier, Gilbert Poillerat ou Raphael Raffel. La figure du décorateur joue alors un rôle capital. Véritable ensemblier, il conçoit la décoration comme un tout harmonieux et orchestre les métiers d’arts au service d’un projet global.

L’art du raffinement s’appuie alors tant sur la préciosité des matériaux (parchemin, bronze doré, cristal, laque …) que sur la recherche de la ligne, jusqu’à l’épure du design. D’une qualité et d’une diversité remarquables, la collection du Mobilier national est la première en France pour cette époque. Témoin de l’Art déco et des recherches dans le domaine des arts décoratifs pendant les années 1940-1950, cet ensemble comprend aussi bien des meubles d’apparat, héritiers d’une longue tradition de luxe, que des pièces fonctionnalistes qui marquent la transition vers le design contemporain. Près de 200 oeuvres qui font revivre l’essence du « Chic » à la française, en révélant des collections inédites, icônes de la modernité.

Une exposition qui est également l’occasion de mettre en valeur les savoir-faire d’une cinquantaine d’artisans et maîtres d’art qui ont contribué à la restauration des pièces exposées, révélant ainsi ces ensembles sous un jour nouveau. L’art des gainiers, des liciers, des tapissiers, des passementiers, des menuisiers en siège ou encore des ébénistes seront ainsi illustrés à travers la restauration de meubles remarquables des collections.

A travers la scénographie pensée par Vincent Darré, l’exposition permet aux visiteurs de suivre le développement des arts décoratifs sur une période très foisonnante : l’entrée de l’art déco dans les palais de la République. Vers 1935, le Mobilier national va acquérir des meubles d’un nouveau chic avec des formes simplifiées, plus géométriques, des lignes plus strictes et des décors encore plus sobres mettant à l’honneur des essences de bois aussi bien locales que tropicales.

Les commandes de l’État sont également l’occasion pour les décorateurs de concevoir des meubles luxueux qui emploient des matériaux nobles comme la laque, le galuchat ou le parchemin. Les bronzes dorés servant d’ornements reprennent une place prépondérante dans la conception des décors.

Les lieux emblématiques vont bénéficier de grands projets décoratifs, mettant à l’honneur les savoir-faire français, propice au rayonnement de la modernité du pays. En 1937, la septième et dernière grande exposition parisienne réunissant quarante-quatre nations est l’opportunité́ pour la France de vanter l’excellence des beaux-arts français mais également de soutenir son industrie du luxe par la promotion, entre autres, de la haute-couture, de la joaillerie et de l’art des décorateurs qui occupent une place prédominante. Présents dans plusieurs pavillons, les décorateurs travaillent de concert afin d’illustrer tant leur propre style que les considérations esthétiques de leur temps.  

Au sortir de la guerre, plusieurs artistes décorateurs sont appelés à travailler sur des chantiers majeurs. Dans un premier temps, c’est l’hôtel Kinsky, rue Saint-Dominique, qui est aménagé pour recevoir la Direction générale des Arts et des Lettres, équivalent à notre époque du Ministère de la Culture.  Le château de Rambouillet va également faire le sujet d’un grand chantier de restauration. André Arbus va notamment orchestrer la décoration comme un tout cohérent où chaque objet se répond et se complète dans une parfaite harmonie.  

En 1947, l’arrivée de Vincent Auriol, amateur d’art et de décoration contemporaine, à la présidence de la république, signe une nouvelle page de l’histoire esthétique de l’Elysée. Après la domination des ensembliers décorateurs dans les années 40, les années 50 voient l’essor d’œuvres résolument autonomes et réutilisables quels que soient les lieux ou les circonstances. Pendant quelques années encore des réalisations plus traditionnelles et luxueuses vont côtoyer la montée en puissance d’achats de mobilier privilégiant une plus grande simplicité de ligne et de matériaux. Si les ensembles ne sont pas totalement abandonnés, ils s’adaptent aux changements des modes de vie.

du 12 octobre 2022 au 29 janvier 2023  

MOBILIER NATIONAL

1 rue Berbier du Mets 75013 Paris