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Robert Couturier

Le dessin en liberté

 

Première exposition consacrée à l’œuvre graphique de Robert Couturier depuis 1959. Réunissant près d’une vingtaine d’œuvres réalisées entre les années 1930 et 1990 et accompagnée d’un catalogue, elle met en lumière la vitalité, l’inventivité et l’exigence d’un médium auquel l’artiste s’est consacré toute sa vie avec une ferveur inlassable. 

Considéré comme l’un des principaux sculpteurs de l’après-guerre aux côtés de Richier et Giacometti, Robert Couturier (1905–2008) fut aussi, et de manière consubstantielle, un important dessinateur. Loin d’être anecdotique, cette double pratique révèle l’unité de sa pensée créatrice : par le trait comme par le volume, il aura poursuivi sa vie durant une unique quête, celle « d’évoquer le plus d’humanité possible par les moyens les plus réduits ». 

Pensée comme une petite rétrospective de l’œuvre dessiné, cette exposition parcourt l’existence entière de l’artiste, depuis ses premiers dessins des années 1930 jusqu’aux œuvres ultimes d’un créateur centenaire. À travers la diversité de ces feuilles, se déploie la cohérence d’un geste que ni le temps ni l’âge n’ont su entamer. 

Dès l’adolescence, Couturier s’imposait une discipline quotidienne : ne jamais se coucher sans avoir dessiné. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’artiste se forme d’abord à la lithographie. Bien plus qu’un exercice académique, cette pratique relevait d’une nécessité intérieure, d’une impulsion qu’il résumait par un néologisme personnel : « déprendre ». Ce terme souligne son engagement pour une liberté totale, faisant du dessin un espace de jeu, un plaisir du regard et une tension vibrante entre le dire et le non-dit. 

Les œuvres présentées témoignent de la permanence de ses thèmes de prédilection : la figure humaine — la femme, l’homme, l’enfant, le couple — réinventée par une liberté anatomique singulière. À l’instar d’Ingres et de son goût pour la distorsion maîtrisée, Couturier étire, distend et ouvre la forme pour atteindre une autre réalité.  

L’économie de moyens est ici une certitude plastique, et non un manque. Par la seule tension d’un contour ou l’errance joyeuse d’une ligne dans l’espace de la feuille, Couturier parvient à insuffler la vie à l’inerte. 

« L’insolite et le jeu ne fonctionnent que par ses trouvailles plastiques, toujours inattendues. Couturier réveille notre regard, ranime ce qu’il y a de plus vivant dans chaque médium, dessin, sculpture. Quelle magie dans son ascèse linéaire ! La poésie en est la grande vainqueur. »
Lydia Harambourg,

du 19 mars au 30 mai 2025

GALERIE DINA VIERNY

36 Rue Jacob 75006 Paris