RAOUL HAUSMANN au Jeu de Paume

 

L’œuvre photographique de Raoul Hausmann est restée longtemps méconnue et sous-estimée. De cet artiste-clé du XXe siècle, la postérité a d’abord retenu le rôle majeur au sein de Dada Berlin, les assemblages, les collages, les photomontages, les poèmes optophonétiques, quand les vicissitudes de l’Histoire ont effacé cette autre facette, à tous égards prééminente, de son rayonnement.

 

 

À partir de 1927, Hausmann devient pourtant un photographe prolifique. Cette pratique nouvelle pour lui, immédiatement absorbante, devient la clé de voûte d’une pensée globale foisonnante qui culmine jusqu’à son départ forcé d’Ibiza en 1936. Au cours de cette intense décennie, il aura beaucoup réfléchi à la photographie et développé une pratique profondément singulière du médium, à la fois documentaire et lyrique, indissociable d’une manière de vivre et de penser. Ses amis avaient pour nom August Sander, Raoul Ubac, Elfriede Stegemeyer, et Lázló Moholy-Nagy, lequel ne craignait pas de déclarer à Vera Broïdo, l’une des compagnes de Hausmann : « Tout ce que je sais, je l’ai appris de Raoul. »
Hausmann trouvera finalement refuge en France, dans le Limousin où il meurt en 1971, cinq ans après sa première rétrospective au Moderna Museet de Stockholm.

 

 

L’oubli qui a nimbé l’œuvre de Hausmann redouble sa traversée du siècle clandestine. Lui qui fut taxé d’artiste « dégénéré » par les nazis et quitta précipitamment l’Allemagne en 1933 dut abandonner bien des clichés sur la route de ses exils pressés. Son travail photographique est, dès lors, demeuré secret, largement invisible, présumé perdu, avant que ne soit presque miraculeusement découvert, entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980, un fonds jusque-là inconnu dans l’appartement de sa fille à Berlin (aujourd’hui à la Berlinische Galerie). Les fonds français, principalement conservés au Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart et au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, ainsi qu’au Musée national d’art moderne, se sont constitués dans le même temps, et enrichis jusqu’aux années 2010. Depuis lors, son aura de photographe n’a cessé de croître.

 

du 6 février au 20 mai 2018

JEU DE PAUME

1 place de la Concorde  75008 Paris

0 1 47 03 12 50

RAOUL HAUSMANN un regard en mouvement

 

To this day, Raoul Hausmann’s photography has not had a dedicated museum exhibition in France. As a photographer, Hausmann has long remained underrated and unheralded. However his key position in 20th century avant-garde photography has continually been re-evaluated and his importance is widely acknowledged these days.

 

 

We know Hausmann as the prominent artist of Dada Berlin, as the author of assemblages, collages, lautgedichte, etc, yet the vicissitudes of history caused the obliteration of his photography, an essential facet of his œuvre. From 1927 onwards Hausmann became an avid and restless photographer. His photographic practice quickly became a cornerstone of his multi-faceted reflections and activities, pushing him in a new direction which culminated in his forced departure from Ibiza in 1936.

 

 

Considering Hausmann’s clandestine crossing of the century, it is no surprise that his photographic œuvre was forgotten. Labelled a ‘degenerate‘ artist by the Nazis, he hastily left Germany in 1933. As an exile, Hausmann suffered the dispersion, and sometimes the destruction, of his work. His photography was seldom displayed and survived unnoticed until the late seventies. It was long supposed to be lost, until an archive (now at the Berlinische Galerie) was almost miraculously discovered at his daughter’s home after her death.

 

 

from 06 February 2018 until 20 May 2018

JEU DE PAUME

1 place de la Concorde  75008 Paris

0 1 47 03 12 50