, ,

MEHMET GÜLERIÜZ

MEHMET GÜLERIÜZ

De L’ Intérieur

 

 

Avec 300.000 visiteurs, la rétrospective consacrée au peintre et sculpteur turc Mehmet Güleryüz par le Musée d’art contemporain d’Istanbul (Istanbul Modern) a été, en 2015, l’une des expositions les plus fréquentées au monde. Depuis déjà près de trois décennies Mehmet Güleryüz est, en effet, considéré comme l’un des plus grands artistes de sa génération par ses concitoyens. Fortement impliqué dans la vie culturelle et intellectuelle d’une Turquie en pleine mutation sociale, économique et politique, cet éminent francophile a fait les Beaux-arts de Paris au début des années 70, mais n’a pas exposé en France depuis près de 30 ans.

 

 

« Je peux passer 14 ou 15 heures d’affilée sur un tableau. Je commence sans faire de croquis préalable, sans savoir ce qui va sortir de la toile et je ne reviens jamais en arrière », explique Mehmet Güleryüz, dont l’outil de prédilection est le couteau, parce qu’il trouve le pinceau “trop fragile et trop mou”. Chacun de ses traits porte la trace de l’énergie phénoménale qui anime cet artiste hors du commun qui fêtera ses 80 ans au mois de novembre.

Les toiles de Mehmet Güleryüz sont traversées d’un bouillonnement de vie qui est l’expression d’une force physique tout autant qu’intellectuelle. Peindre est en effet pour lui à la fois un moyen de penser le monde et de donner forme à ses pensées.

 

MEHMET GÜLERIÜZ

 

Dans la lignée de l’expressionnisme et de la figuration narrative, dont il se réclame, il projette directement sur la toile dans un élan d’improvisation ses rêveries et ses réflexions. C’est sur la toile que celles-ci s’ordonnent et prennent corps, révélant d’un même mouvement l’être intérieur de l’artiste et le regard qu’il porte sur le monde. Singulièrement celui qu’il porte sur la Turquie.

Depuis les années 60, Mehmet Güleryüz est ainsi l’observateur attentif d’une société turque dont il scrute les évolutions. Témoin du passage rapide d’une économie rurale a une économie industrielle comme des soubresauts politiques de son pays, il est l’un des premiers peintres turcs à avoir osé aborder des thèmes toujours aussi éminemment tabous que celui de la sexualité.

 

 

Les œuvres récentes qu’il présente à la Galerie Cyril Guernieri sont le reflet d’une société atomisée dans laquelle les individus, même lorsqu’ils arborent fièrement les attributs de la modernité, sont en proie à la solitude, à la peur, et sont placés sous le regard constant d’un Big Brother qui s’immisce jusque dans leur chambre à coucher.

 

 

du 15 novembre au 22 décembre 2018

 

Galerie CYRIL GUERNIERI

29 rue Mazarine 75006 Paris