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ESTAMPES JAPONAISES MODERNES 1900-1960

 

Pour célébrer l’année du Japon en France, la Fondation Custodia accueille cet automne une importante rétrospective présentant les estampes japonaises de la première moitié du XXe siècle.

 

 

Vagues de renouveau. Estampes japonaises modernes 1900-1960 est une occasion exceptionnelle de découvrir, pour l’une des toutes premières fois en France, les créations des artistes témoins de la modernisation du Japon du XXe siècle. Elle explorera l’intérêt des courants artistiques shin hanga et sōsaku hanga à travers plus de 200 œuvres d’une cinquantaine d’artistes.

 

 

Les estampes exposées proviennent du musée Nihon no hanga à Amsterdam qui regroupe la collection qu’Elise Wessels a constituée au cours des 25 dernières années. Les estampes qui y sont conservées offrent un aperçu exhaustif de la création artistique japonaise au XXe siècle. L’intégralité de cette collection est une donation promise au Rijksmuseum d’Amsterdam dans quelques années.

 

 

 

Le renouveau de l’estampe japonaise au XXe siècle

Dès la fin du XIXe siècle, l’estampe traditionnelle japonaise (ukiyo-e) avait dû faire face à une crise sans précédent. Le contexte culturel de production était en train de changer. On ne publiait plus d’estampes se référant à Yoshiwara, le quartier des plaisirs du vieil Edo (l’actuelle Tōkyō), et le lien entre l’estampe et les représentations quotidiennes de théâtre disparaissait progressivement. Il n’y avait plus d’intérêt non plus à dépeindre les temps héroïques des samouraïs. La tendance était désormais à la modernité et les estampes existaient pour leur beauté propre. En parallèle, le marché occidental avait évolué, et les éditeurs entendaient vendre leurs œuvres à une clientèle américaine. Ils imprimaient donc des catalogues en anglais et organisaient des expositions aux Etats-Unis. Le succès fut immédiat au début du XXe siècle : les estampes de maîtres tels que Hokusai, Utamaro et Hiroshige furent surpassées en valeur par celles d’artistes contemporains, qui étaient vendues aux enchères, principalement à New York.

 

 

 

L’introduction de nouveaux procédés de reproduction, tels que la lithographie puis les presses rotatives, permettait dorénavant à un éditeur de réaliser des tirages importants dans des délais très courts. Par ailleurs, les estampes classiques avaient été acquises par les collectionneurs étrangers en quantités telles que les belles impressions des XVIIIe et XIXe siècles étaient devenues une rareté au Japon. Et les artistes japonais eux-mêmes, partis en nombre étudier en Europe et aux Etats-Unis, y avaient découvert une approche très différente que celle en vigueur dans leur pays concernant le rôle de l’artiste dans le processus de création de l’œuvre gravée.

 

 

du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019

 

FONDATION CUSTODIA

121 rue de Lille 75007 Paris