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Jean Painlevé

Les pieds dans l’eau

Cinéaste de réputation internationale pour ses expériences filmiques, Jean Painlevé (1902-1989) fut un spécialiste du documentaire scientifique et des techniques cinématographiques.

Associé à l’avant-garde, Painlevé utilise le cinéma comme un outil d’exploration pour révéler des aspects inconnus et mystérieux d’organismes vivants. Il accompagne le spectateur avec un récit descriptif et informatif sur les sujets étudiés, tandis que, dans la plupart de ses films, les images alternes continuellement entre observations à l’échelle réelle et analyses à l’échelle microscopique.

Durant l’entre-deux-guerres, son œuvre est diffusée hors du champ scientifique, dans des salles de cinéma d’avant-garde et dans les cinéclubs. Painlevé est rapidement reconnu et ses publications dans la presse illustrée des années 1930 contribuent à sa notoriété. Son attitude non conformiste et ses affinités avec l’esprit surréaliste sont sans aucun doute à l’origine du lien privilégié qu’il entretient avec le cinéma documentaire indépendant. L’aisance avec laquelle il traverse les frontières entre science et art prend source dans ses fréquentations artistiques : Jacques-André Boiffard, Alexander Calder, Ivan Goll, Fernand Léger, Éli Lotar, Pierre Naville, Pierre Prévert, Jean Vigo…

À partir des années 1950, Painlevé et Geneviève Hamon, sa compagne et collaboratrice, réalisent un nombre important de films de recherche alors que leur œuvre personnelle se poursuit, nourrie par les recherches des zoologistes et biologistes pour lesquels ils travaillent. Quatre aspects majeurs soulignent la spécificité de cette œuvre : le littoral comme terrain de prédilection ; l’approche scientifique et pédagogique ; les relations avec le mouvement surréaliste ; enfin, la dynamique du montage cinématographique et le rôle du mouvement, du rythme et de la danse comme caractéristiques et motifs.

Cette exposition situe le travail de Painlevé dans le contexte historique et scientifique de sa réalisation, mettant en lumière l’importance de la recherche dans son œuvre. Inspirant aujourd’hui encore maints artistes, il trouve sa résonance actuelle dans la manière dont les films immergent le spectateur dans un espace mental indéfini qui, entre expériences familières et dérive onirique, est à même de déstabiliser aujourd’hui encore notre sens de la réalité.

du 8 juin au 18 septembre 2022

JEU de PAUME

1 place de la Concorde 75001 Paris