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David Hominal

No Titre (Collection 2021)

La peinture est un élément physique et sculptural dans l’œuvre de David Hominal, qui retrace la généalogie de son œuvre multimédia, entre performance, vidéo, danse et objet.

Dans la nouvelle série No titre (collection 2021), le sujet est couleur. Sa manipulation sur de grandes toiles permet à Hominal d’aller au-delà des systèmes d’analyse traditionnels séparant la figuration et l’abstraction. Il peut incorporer le kitsch comme il peut incorporer la tragédie, en voyageant à travers toute l’histoire de la représentation, de la nature morte au portrait, en passant par le paysage.

L’application de la couleur fait l’objet de la peinture. C’est dans ce contexte que les motifs floraux, en boucle scrupuleuse, font leur grand retour dans son travail. S’ils ont une place dans l’histoire de l’art, ils jouent aussi un rôle dans sa vie personnelle : offrir, rendre hommage, se souvenir, donner de la joie, les fleurs sont porteuses de mémoire, totémiques, flamboyantes et puissantes.

Sur le sol, des morceaux de bois, rassemblés et transformés, ponctuent l’espace de talismans colorés et évoquent les pierres sacrées peintes en l’honneur des dieux anciens. Pourtant, ces totems abandonnés apparaissent ici presque comme des rejets qu’ Hominal a utilisé comme surfaces de travail. Affirmant leur finition flashy avec son évocation de certaines gammes disponibles en vernis à ongles, ils contiennent en un seul espace à la fois la contemporanéité et la tradition, les cultes ancestraux et les coutumes modernes, les niveaux flous de la culture et nos habitudes de consommation. Comme des débris lavés, ils nous rappellent quelque chose entre l’art terrestre et les phénomènes naturels, entre le geste et le non-geste, entre faire et laisser les choses se produire. Tout cela avec le moins de mise en scène possible.

En fin de compte, David Hominal vénère l’histoire de la peinture, mais ne la sanctifie pas. Son travail témoigne d’une révérence extraordinaire pour l’art dont il extrait quelques archétypes universels avec lesquels il joue indéfiniment.

du 23 mai au 23 juillet 2020

Galerie KAMEL MENNOUR

6 rue du Pont de Lodi 75006 Paris