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Isabelle Boccon-Gibod

Détachements

C’est la lumière qui caractérise le travail photographique d’Isabelle Boccon-Gibod. La série des fonds noirs, qui donne son titre à l’exposition, a été réalisée pendant les semaines qui ont précédé la mort de sa mère et dans les quelques mois qui l’ont suivie. Ces images traduisent le temps qui passe, et la force de la Vie. Le parcours ouvre sur un soleil noir illuminant une ville américaine sans âme, perdue et comme plombée, accablée par cet astre.

Nous quittons ensuite cette lumière crue et violente, pour nous tourner vers celle, plus neutre, plus intermédiaire, des « sauts » flottants sur leur fond aux nuances de gris – un sol en résine dont la teinte varie selon les jours. La lumière baisse encore d’un ton pour la dernière série. Elle devient tamisée, voire sourde. Il fait nuit ; une lampe torche éclaire des fleurs, des objets, un escalier, leur donnant un relief étrange, les extrayant de l’obscurité où la photographe s’est plongée avec eux.

Réalisé avec ce même procédé, un bouquet de tulipes clôt l’exposition, en couleur celui-ci et dans un juste équilibre entre la surexposition des polaroids et le clair-obscur des noir et blanc. Isabelle Boccon-Gibod travaille-t-elle sans discours – ou son discours ? Libre à chacun d’interpréter la vision qu’elle nous livre de ces lieux qu’elle a traversés, de ces objets qu’elle a observés, de ces moments qu’elle nous invite à partager.

Galerie SALON H

6/8 rue de Savoie 75006 Paris