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Henri Caruel

Stéréoscopie de cinéma (1942-1953)

Entre 1942 et 1953, le photographe Henri Caruel (1899-1978) fut engagé sur les tournages d’une trentaine de films, au nombre desquels figurent les plus prestigieuses productions de l’époque : Les Enfants du Paradis et Les Portes de la nuit de Marcel Carné, Falbalas de Jacques Becker, Premier de cordée de Louis Daquin et bien d’autres. Employé par Pathé sur plus de seize productions, Caruel n’était certes pas le seul photographe de plateau sur les films, mais le seul à réaliser des photographies en stéréoscopie. L’utilisation d’un appareil de stéréoscopie Monobloc à double objectifs, permet, grâce à une visionneuse dédiée, un spectaculaire rendu en relief, rendant ses clichés uniques.

Le procédé n’est pas nouveau (le premier stéréoscope fut mis au point en 1832), mais ses photographies en stéréo demeurent un exemple unique et encore inexpliqué dans le contexte tardif des années ’40 et ’50, de surcroît, pendant l’Occupation, quand réaliser une photographie était très coûteux. Le fait est qu’Henri Caruel, qui maitrisait parfaitement le procédé, a réalisé des photographies exceptionnelles au moyen d’un procédé qu’il semblait être alors le seul à
utiliser sur les tournages, en intérieur et en extérieur.

Grâce à une installation inédite mêlant des écrans 3D et des visionneuses stéréoscopiques, l’exposition de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose une expérience immersive dans le cinéma des années 40. Au travers d’un parcours immersif mêlant des écrans 3D et des visionneuses stéréoscopiques de haute définition, le public se prend à vouloir attraper le bouquet d’Arletty, à caresser le manteau de fourrure de Nathalie Nattier enlacée par Yves Montand, ou à frissonner devant les vues vertigineuses prises dans le massif du Mont-Blanc sur le tournage de Premier de Cordée durant l’été 1943.


En mettant en regard les photos inédites d’Henri Caruel avec d’autres types de documents iconographiques et de matériels promotionnels d’époque, tels que des bandes-annonces, des photographies de plateau, des affiches originales et des maquettes préparatoires de décor, l’exposition ressuscite en deux et trois dimensions les coulisses du cinéma sous l’Occupation et de l’après-guerre. Elle interroge aussi l’usage de la stéréoscopie pour le cinéma dans les années ‘40, pour lequel il n’est aujourd’hui possible que de formuler des hypothèses.

du 7 octobre 2021 au 1er janvier 2022

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
73 avenue des Gobelins 75013 Paris