ERIC PILLOT

Éric Pillot dessine ses photographies avec son objectif. Ses paysages ne donnent jamais dans le pittoresque, ils sont là, profondément mystérieux, très exposés, friables au toucher, et dessinés par le regard.



Tels des fusains, à mi-chemin entre photographie et dessin, sans retouche, la matière est sublimée par des tirages en noir et blanc, encres pigmentaires sur papier fine-art baryté. « Chaque photo de la série des Horizons semble être en puissance son propre négatif. Noir et blanc s’appellent l’un l’autre et pourraient permuter ».



Les grands espaces vides deviennent des miroirs aveuglants. Les nuages s’étirent comme sous le trait de son « pinceau ». Et une foule de détails : les herbes qui poussent dans la vase, des troncs d’arbres échoués, des traces de passage, du sable qui s’effondre. « Chaque forme est décisive, comme une preuve solide d’existence ».



« On ne voit jamais vraiment la mer. On la devine au loin. On se demande si les paysages d’Eric Pillot, portés à incandescence (…) ne sont pas plutôt des mirages ».
Eric Pillot arpente en noir et blanc l’immensité des espaces de bords de mer. Ainsi que l’écrit Amina Danton, au fil de ces photographies, il « s’en remet aux pouvoirs de la lumière, aux plis et aux replis du vent, de l’eau, du sable et des terres. (…) Le photographe explore avec patience, les possibilités de l’espace. Un espace où le noir et le blanc, le ciel et l’eau, le dedans et le dehors sont réversibles. Interchangeables. »



A travers son objectif, Eric Pillot célèbre la nature, sa toute puissance et sa toute présence. Tel un explorateur, il part à la conquête des éléments, des océans de terre et des déserts d’eau pour faire naître ses paysages lunaires qui se définissent à peine, capturant ainsi un moment qui devient un admirable lieu de méditation.

Les horizons se meuvent et reculent à l’approche du regard. Laissant place au chaos silencieux des repères spatiaux, ils se transforment en une courbe du temps que seul l’artiste maîtrise. L’infinité de l’horizon marin suscite la rêverie métaphysique.



Grâce à un travail sophistiqué de contraste en noir et blanc et de nuances de gris, l’artiste révèle dans la nature des dimensions oniriques et imaginaires. La rencontre entre les horizons et les océans entraîne la fusion des deux éléments. Le Temps est alors suspendu entre l’air et l’eau. A l’instar d’Hiroshi Sugimoto avec Seascapes, l’approche du paysage envisagée par Éric Pillot se veut temporelle – sa problématique touche au Temps et à la Lumière.

Il libère ainsi la mémoire d’une terre autant façonnée par le mouvement du vent et des marées autant que par celui de l’Histoire. « Photo après photo, (…) chaque horizon permet une sorte de retrouvaille avec le temps ».
Horizons est le spectacle d’un environnement naturel sur lequel l’homme n’a pas d’emprise, une parcelle de sublime figée par la photographie


jusqu’au 31 décembre 2017

Galerie DUMONTEIL

38 rue de l’Université 75007 Paris

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