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OSSIP ZADKINE – L’instinct de la matière

Ossip Zadkine taillant le bois de « Rebecca » ou « La grande porteuse d’eau », dans son atelier de la rue d’Assas.
Photographie anonyme, vers 1927.

 

 

À l’occasion du 130e anniversaire de l’artiste, le musée Zadkine lui rend hommage en mettant en lumière le lien particulier de l’artiste à la matière. Après Être Pierre en 2017, l’exposition Ossip Zadkine, l’instinct de la matière permet d’appréhender le dialogue organique de Zadkine avec différents matériaux qui deviennent pour lui des « puissances formelles ». Le musée bénéficie à cette occasion de prêts exceptionnels comme Le Fauve du Musée de Grenoble ou une très belle série d’œuvres graphiques prêtées par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

 

 

Ossip Zadkine, « Femme à la mandoline ». Bois laqué noir. 1914. Paris, musée d’Art moderne.

 

 

Pour l’artiste russe (Vitebsk 1888 – Paris 1967), la matière est toujours « première ». Il sait, il sent qu’elle est porteuse d’une vocation formelle. L’exposition retrouve ce lien intime à la matière primordiale, aux formes en gestation : les veines et les nodosités du bois, la densité et les particules de la roche, la fluidité de l’encre ou de la gouache… « Inductives», les matières sont riches d’une dynamique, d’une poussée que le geste du tailleur ou la main du dessinateur doit capter en retour.

 

 

Odalisque ou Bayadère, 1932, hêtre rouge polychromé. Arles, Musée Réattu

 

 

Le visiteur redécouvre ainsi l’œuvre de Zadkine dans un parcours enrichi, avec une scénographie originale. L’introduction d’œuvres sur papier permet notamment de retrouver le mode de présentation adopté par l’artiste de son vivant et de dépasser l’image d’une œuvre souvent réduite à la seule sculpture.

 

 

Ossip Zadkine, « Do remember me ». Plume et encre brune, craie sépia et graphite sur papier vélin

 

 

Inédite, l’approche proposée souligne la richesse plastique et la force intérieure d’une œuvre attachée à préserver la nécessité vitale du lien de l’homme à la nature. Ce faisant, elle renouvelle notre regard sur l’artiste, sur la singularité de sa relation aux modernismes du XXe siècle.

 

 

du 28 septembre 2018 au 10 janvier 2019

 

MUSEE ZADKINE
100 bis rue d’Assas 75006 Paris