VAGABONDAGES




Le vagabondage, c’est « le fait ou l’habitude d’errer, d’être vagabond » (dictionnaire Le Petit Robert). Jusqu’en 1994, l’état de vagabondage était un délit visant toute personne « qui n’a ni domicile ni moyens de subsistance et n’exerce habituellement aucun métier ». Par nature, les photographes sont des vagabonds, traînant un peu partout et se mêlant surtout de ce qui ne les regarde pas ; jetant leur dévolu sur tout et rien ou même sur n’importe quoi. D’ailleurs être photographe, est-ce vraiment un « métier » ? Plutôt un état d’esprit, un « état de l’imagination »…


Edouard Boubat, Jacques Henri Lartigue, Marc Riboud, Sabine Weiss


Quatre vagabonds, trois hommes et une femme, sont allés chercher le merveilleux aux quatre coins du monde ou plus près, juste au coin de la rue, sur les berges de la Seine ou dans une rue déserte un soir d’hiver. « L’ailleurs et le lointain » de ces artistes, c’est tout et rien à la fois, c’est la vie tout simplement : un regard, une émotion, un geste, une aventure poétique, un instant fugitif.




Edouard Boubat a posé la bonne question : « Comment trouver ce que n’on cherche pas ? ». Entre les hasards d’une rencontre au jardin du Luxembourg ou sur les berges de la Seine, dans les contrées de la lointaine Asie (comme le Japon ou le Népal), la quête est toujours la même : « le vrai sujet c’est un peu soi-même, c’est une sorte d’absolu ».




Jacques Henri Lartigue, en vagabond heureux et léger voire un peu frivole, a aimé capturer les petits bonheurs de la vie (un chien qui saute, une jeune femme songeuse dans une mer calme), les instants simples d’une vie raffinée (une jolie femme à la table d’un grand restaurant un jour d’été, un enfant qui lance des bulles). Dilettante dans un monde où il faisait « beau », « très beau » ou « très très beau » tous les jours, Lartigue nous offre les instantanés d’un monde enchanté.




Marc Riboud a « vu le monde » comme il aimait à le dire. « Promeneur » plutôt que voyageur, « sensible à la beauté du monde », il n’a cessé de chercher ce qui fait le bonheur de vivre : une scène de rue, un portrait pris à l’improviste et mille autres choses encore. Avec « un immense plaisir », il photographie la beauté du monde.




Sabine Weiss photographie « pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître ». Dans un mélange de tendresse et de gravité, ses portraits tissent une humanité qui encense la vie pour mieux la figer au moment même où elle va disparaître. « Le photographe est lié à l’instant, cet instant fugitif et merveilleux qu’il faut saisir ». La profondeur de ses images lui a valu de participer à la mythique exposition du Moma (Museum of Modern Art) à New York,  « The Family of Man », en 1955.


jusqu’au 10 février 2018


Galerie Le Voleur d’Images


9, rue de Saint-Simon  75007 Paris

du jeudi au samedi, de 14h30 à 18h30 & sur rendez-vous