SATOSHI SAIKUSA

No-Zarashi




Installé à Paris depuis le début des années 1980,  Satoshi Saïkusa y débute rapidement une carrière internationale de photographe de mode et de portrait. Reconnu pour sa maîtrise de la lumière qui vient magnifier le sujet, il règle chaque prise de vue dans le moindre détail à la manière du metteur en scène cherchant l’instant parfait.


Satoshi Saikusa, Purple universe, 2017 Tirage pigmentaire digital archive, fil et feuille de platine — 40 × 50 × 5,7 cm

Courtesy de l’artiste & la Galerie Da-End, Paris


Depuis une dizaine d’années, Satoshi Saïkusa se tourne vers une approche plasticienne de la photographie où les thèmes de la mémoire et la fragilité de l’existence paraissent de manière récurrente, nous éclairant sur ses propres préoccupations. Décliné sous la forme de dessins, compositions photo-entomologiques, vidéo ou encore sculptures, le concept bouddhiste d’impermanence semble engager un dialogue incessant avec celui de memento-mori.

L’artiste n’échappe pas en effet à cette méditation philosophique sur le sens de la vie, comme en témoigne le corpus d’œuvres présenté ici, où l’on repère une iconographie riche de symboles tels que la fleur, le crâne ou le papillon. Au Japon, l’usage impose de ne pas expliquer entièrement les choses mais plutôt d’indiquer une direction sémantique et inviter l’autre à livrer sa propre interprétation. Partisan de cette maïeutique de l’esprit, Saïkusa préfère dans ses œuvres soulever des interrogations plutôt que de délivrer quelconque message. Puisant son inspiration dans la nouvelle “Dans le fourré” du célèbre auteur nippon Ryūnosuke Akutagawa (1892-1927), l’artiste détourne le medium photographique, supposément vériste, pour nous conter ses propres histoires.



Satoshi Saikusa, Gensô, 2017 Tirage pigmentaire digital archive, papillons, chêne — 100 × 80 × 10 cm

Courtesy de l’artiste & la Galerie Da-End, Paris


A la suite des attentats parisiens de 2015, il se rend notamment sur les différents lieux de commémoration, muni de son appareil photo, et immortalise les monceaux de fleurs et dessins déposés par la population. Ce sont ces témoignages-là que l’on retrouve au centre de la plupart des œuvres de l’exposition, baroques montages kaléidoscopiques ou pastilles circulaires aux couleurs aussi chatoyantes que leur portée est sombre.

Partagé entre sa culture japonaise de naissance et sa culture française d’adoption, Satoshi Saïkusa scrute le monde actuel et ses bouleversements avec un détachement mêlé de curiosité. Empreinte de ce syncrétisme, sa production artistique voit s’amalgamer le spectre des conflits idéologiques avec ceux d’Eros et Thanatos.



du 21 septembre au 11 novembre 2017


GALERIE DA-END

17 rue Guénégaud  75006 Paris





Satoshi Saïkusa présentera en parallèle ‘White Devils’ une exposition axée sur sa carrière de photographe de mode et de portrait à la Galerie Just Jaeckin-2Art Angels, 19 rue Guénégaud.

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