INGRES et ses eleves

La carrière et la pensée artistique de Jean-Dominique Ingres sont intimement liées aux Beaux-Arts de Paris. D’abord élève dans l’atelier de David, il est élu professeur de l’École en 1829 et forme plus de 150 élèves qui, pour beaucoup, le vénéraient comme un chef incontesté.
L’exposition des Beaux-Arts de Paris est une occasion exceptionnelle de découvrir ou de redécouvrir in situ plus de cinquante feuilles d’Ingres et des « ingristes » (dont seize du maître lui-même), toutes issues du précieux fonds des Beaux-Arts de Paris. Elle se propose de rendre compte des talents graphiques de l’artiste et de l’impact évident qu’il eut sur ses élèves : si certains le suivirent dévotement comme les frères Hippolyte et Paul Flandrin, d’autres, tel Théodore Chassériau, prirent des chemins divergents. Contre le postulat qui voit dans les disciples d’Ingres de simples suiveurs, voire des « timorés » selon l’expression de Baudelaire, l’exposition met en lumière les richesses et l’originalité dont témoignent les oeuvres d’élèves parfois peu connus comme Édouard Bertin et Sébastien Cornu.



Ingres, une carrière couronnée par l’École des Beaux-Arts Élève de Jacques-Louis David, Jean-Dominique Ingres se présente aux différents concours académiques, notamment le concours de la demi-figure peinte et le Prix de Rome qu’il remporte avec Achille recevant les ambassadeurs d’Agamemnon en 1801. Installé en Italie pendant dix-huit ans, à Rome puis à Florence, il ponctue son séjour d’envois (le Mercure d’après Raphaël) et exécute des commandes importantes dont Romulus vainqueur d’Acron portant les dépouilles opimes au temple de Jupiter Capitolin, qui a regagné depuis peu les Beaux-Arts de Paris après avoir été exposé au Louvre durant cinquante ans.

De retour à Paris en novembre 1824, Ingres est accueilli avec enthousiasme et reçoit de nombreuses distinctions : il est élu membre de l’Académie royale des Beaux-Arts en 1825, au fauteuil occupé par Dominique Vivant, professeur de peinture à l’École des Beaux-Arts en remplacement de Jean-Baptiste Regnault en décembre 1829, puis président de l’École des Beaux-Arts, en 1832.



Son activité d’enseignant, qu’il entreprend dès son retour d’Italie, est saluée par ses contemporains pour son exigence, son érudition et sa passion. Il ouvre un atelier rue des Marais – actuelle rue Visconti – où il forme des élèves suivant quelques principes auxquels il est très attaché. Chacun doit d’abord dessiner d’après des moulages antiques ou copier des estampes d’après des maîtres avant d’étudier le modèle vivant. Dans son atelier à l’École des Beaux-Arts, il poursuit cette démarche, s’investissant dans sa mission de transmission érudite et rigoureuse. Nombreux furent les artistes qui revendiquèrent leur passage dans son atelier, ce qui rend difficile l’établissement d’un compte précis d’élèves, que l’on situe néanmoins, autour de cent cinquante.

C’est par le biais du dessin que cette exposition se propose d’étudier la filiation entre le maître et ses élèves. Elle s’appuie sur le fonds de l’École des Beaux-Arts constitué au gré des legs et dons d’amateurs ou d’artistes, cédés à l’institution dans le but de montrer aux jeunes élèves la voie à suivre. La séléction présentée, nécessairement tributaire des choix et des goûts de ces donateurs, offre un aperçu d’un courant esthétique incarné par Ingres, qui s’impose dans la seconde moitié du XIXe siècle et influencera les peintres du début du XXe siècle. Outre des études et exécutions personnelles, les feuilles présentées témoignent de l’actualité des commandes et des modes qui ont cours durant cette période faste du second Empire.


jusqu’ au 29 avril 2017



Cabinet des dessins Jean Bonna

Beaux-Arts de Paris

14, rue Bonaparte  75006 Paris


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